Pensée du Jour
L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie.
Honoré FOIMOUKOM
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Entrevue avec Calvin Ayemle, président de la Communauté camerounaise de Munich |
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Ecrit par Habib Oumarou
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12-07-2008 |
 Monsieur Calvin Ayemle, président de la communauté camerounaise de Munich Des semaines entières se sont écoulées depuis la clôture du Challenge Camerounais 2008, sans pour autant altérer dans la mémoire de ceux qui ont eu l’occasion d’y participer, le souvenir d’une manifestation réussie. Ce week-end nous avons pris le chemin du sud de l’Allemagne pour aller à la rencontre de Monsieur Calvin Ayemle, jeune ingénieur en systèmes automatiques et président de cette association d’hommes et de femmes qui a offert à la diaspora camerounaise et à ses sympathisants un évènement unique : la Communauté camerounaise de Munich.
Quel sentiment gardez-vous de l’évènement du Challenge Camerounais 2008 ?
Le Challenge Camerounais Munich 2008 – Forward Thinking – fut une réussite et une fierté pour toute notre communauté. L’essentiel a été atteint, c'est-à-dire offrir à nos invités des moments de détente inoubliables et ouvrir une porte aux questions de fond évoquées notamment lors des différents forums, joignant ainsi l’utile à l’agréable.
À quelles difficultés majeures vous êtes vous heurtés tout au long de l’organisation ?
Le véritable enjeu pour la réussite du Challenge Camerounais Munich 2008 – Forward Thinking - fut le travail organisationnel. La répartition des rôles, la disponibilité, l’engagement et l’abnégation dont ont dû faire preuve les camerounais de Munich dans des tâches bénévoles ont été les points clefs de ces préparatifs. Lorsque nous prenions l’engagement de réaliser ce travail, notre motivation première était d’exécuter cette tâche au mieux. Les difficultés sont inhérentes à toute organisation et ne devraient être perçues comme des obstacles. Au contraire elles font partie du processus qui mène à l’aboutissement d’une tâche, celle du "challenge" dans le cas d’espèce.
On a beaucoup parlé du bon standing des infrastructures retenues pour accueillir diverses manifestations; peut-on avoir une idée du budget mobilisé pour la circonstance ?
Le budget du Challenge Camerounais Munich 2008- Forward Thinking - reste pour l’instant interne. Il me semble par ailleurs que la publication de ce type d’information relève de la compétence du comité d’organisation
Nous avons remarqué que des pièces de bâtiments présentaient des noms assez originaux des différentes régions ou personnalités camerounaises à l’exemple du « stade Roger Milla ». D’où vous est venue cette idée et quel message vouliez-vous délivrer ?
Il nous a semblé tout à fait évident que nous devions mettre le Cameroun à l’honneur lors de cette édition du challenge. Le Challenge Camerounais est historiquement un évènement célébrant le Cameroun et les camerounais. En ces moments où les épopées concernant notre pays sont tout sauf glorieuses, il nous semblait important de marquer ce rassemblement par un message d’espoir car, ce n’est pas parce que notre pays va mal qu’il faille le rejeter. Ces personnalités sont des icônes qui ont fait, font et ferons notre fierté en tant que camerounais. Il est plus que jamais important de garder cette fierté originelle, car ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays ne définit pas forcement ce qu'il est, si riche en potentiels naturels et humains Ce sont ces icônes qui par ces temps difficiles réussissent à nous rassembler dans la nostalgie et l’espoir d’un avenir meilleur. Il est vital de garder cet espoir, de le faire porter par notre jeunesse expatriée et surtout de remercier ces personnalités en rendant hommage à leurs œuvres . Voila en substance le message que nous avons voulu transmettre. Telles étaient nos motivations.
La présence du Maire de la ville a été remarquée lors de la finale de foot. Peut-on déduire de cela que vous entretenez avec les autorités des rapports privilégiés ? Si oui quelle en est la nature ?
Il n’est aucunement question d’un quelconque privilège. De part l’importance de l’évènement et le retentissement culturel majeur, le mayorat a tenu à marquer son soutien et ne s’est pas retenu d’exprimer ses félicitations à la communauté camerounaise.
Munich est souvent taxée comme l’une des villes les plus chères d’Allemagne ; comment y gère-t-on son quotidien en tant qu'étudiant pour s’assurer des fins du mois peu rudes ?
De mon expérience d’étudiant, Munich est effectivement une ville chère. Comme tous les étudiants, il faut jouer à l’équilibriste, cumulant petits boulots et surtout faisant des achats raisonnés. L’étudiant doit énormément fouiner, comparer les prix, renoncer à bien de choses pour équilibrer son budget. Il est bien souvent obligé de faire ses courses dans des super marchés réputés moins chers, « guettant » les offres, les soldes, les bonnes affaires sans se détourner de son objectif académique.
Disposez-vous d'un système d'accueil pour favoriser l'insertion et l'épanouissement des nouveaux arrivants ?
La Communauté camerounaise de Munich – CCM - dispose depuis longtemps d’un programme favorisant l’intégration et l’insertion rapide des nouveaux arrivants. A titre d’exemple, la CCM organise chaque année des manifestations en leur honneur ; histoire de leur souhaiter la bienvenue et profiter ainsi de l’occasion pour leur faire part de l’existence d’une association camerounaise. Nous avons mis sur pied un programme de parrainage et une bourse du livre, ceci dans le but de leur apporter le soutien nécessaire pour un bon démarrage sur le circuit universitaire.
À quel niveau se situe selon vous la difficulté des africains en général à s’intégrer dans la société Allemande ?
Pour répondre à votre question, je m’appuierais sur des expériences personnelles. Il en ressort que l’intégration dans un pays comme l’Allemagne passe d’abord par la maitrise de la langue. Il me semble impossible de prétendre vouloir ou pouvoir s’intégrer dans un état sans être en mesure d’interagir avec le monde autour de soi. Pour beaucoup venant d’autres univers linguistiques, la question de la langue relève du premier défi…
La seconde démarche qui pourrait poser des difficultés dans une dynamique d’intégration est l’observation et la connaissance de la culture du pays hôte. Il est important de s’imprégner des valeurs culturelles de sa terre d’accueil pour y mener une existence harmonieuse. Comprendre l’Allemand, comprendre les allemands, l’histoire, la sociologie bref… les fondements de la société, concourent à mieux appréhender le sens des exigences et des valeurs véhiculées sans se laisser surprendre par les différences idéologiques et devenir une victime du système. Là sont à mon avis, deux points clés de la marche vers l’intégration.
Existe-il un risque réel d’aliénation culturelle comme certains le pensent à vouloir s’intégrer ou vivre suivant un modèle que le pays hôte propose ?
La question précédente constitue un préalable à celle-ci et il importe de revenir au sens premier des mots pour bien saisir la problématique du sujet.
Un proverbe canadien bien connu dit « la famille nous donne des racines et des ailes ». Nous sommes le produit de notre éducation et surtout de notre environnement socio culturel, anthropologique et historique. Nos racines sont des valeurs que nous intériorisons de manière consciente ou non dès notre enfance et qui déterminent une fois adultes nos choix. Ainsi que nous soyons instinctivement choqués par certains faits, plus réceptifs à certains qu’à d'autres , ce sont là les résultats d'un jeu de forces inconscientes qui nous échappent bien souvent. Dès lors, l’on comprend que, tant le réflexe identitaire marqué par une posture conservatrice des uns que le rejet par les autres de leurs propres attributs culturels sont des attitudes de positionnement par rapport à leurs racines.
S’adapter à une nouvelle culture tout en restant soi-même est une démarche royale qui éloigne de toute forme d’aliénation ou de conservatisme. Cette faculté requiert des bases identitaires solides et une extrême lucidité quant à ses cultures d'origine et d'adoption, sans lesquelles l’on se perd ou se ferme au monde.
Il en ressort que la question de l’aliénation est selon moi est un débat tronqué. Le véritable challenge se situe ailleurs. Il concerne plutôt l’héritage culturel que nous laisserons aux générations futures. A nos enfants, que transmettrons-nous ?
Avez-vous un message à faire passer à la communauté camerounaise de Munich en particulier et d’Allemagne en général ?
J’aimerais dire à nos compatriotes que bien au delà de l'aspect festif et associatif, nous avons voulu à travers ce Challenge lancer un message d’espoir. Ensemble nous sommes capables de grandes choses. Gardons confiance en nos capacités de jeunes générations appelées à rénover. Notre plus grande force en Allemagne est notre cohésion. N'hésitons pas à nous y appuyer pour mieux déployer nos ailes dans cette société réputée difficile. Cela passe tant par les chemins balisés par les anciens que par l'échange et le bien vivre ensemble. C’est aussi ainsi que loin de notre pays, nous pouvons espérer laisser un peu de ce Cameroun à nos enfants
Nous vous remercions !
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Dernière mise à jour : ( 12-07-2008 )
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