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L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie.
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Meurtre de Mapouro: Bamkoui demande pardon Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Mathieu Nathanael Njog   
12-03-2009
ImageBamkoui demande pardon... La deuxième audience du procès a eu lieu hier mercredi 11 mars 2009 au tribunal militaire de Yaoundé. Elle s’est achevée par la mise en délibéré de l’avant dire droit (Add) de requalification de l’infraction soulevée par la partie civile.

« Dans la nuit du 13 au 14 novembre 2008, nous avons vécu un drame que nous déplorons tous, même si j’en suis le responsable sur le plan pénal. Je demande des excuses à la famille de feu Mapouro. Dans cette affaire, nos deux familles sont aujourd’hui en peine », dira l’accusé d’emblée dans la déclaration qui lui sera accordée à la suite des débats des avocats des deux parties sur la demande de requalification soulevée par les avocats de la partie civile. Le commandant Bamkoui en a profité pour donner sa version des faits, «pour lever toute équivoque sur les scénarios qui ont été avancés par les médias et l’opinion publique, qui sont allés chacun de son imagination fertile», précisera Emile Bamkoui.
A la fin de son récit, il va donner son intime conviction. «Je n’avais pas l’intention de donner la mort à ce monsieur. Je connais les points vitaux où je l’aurai atteint par balles ou par des frappes d’arts martiaux. Je n’ai pas tiré dès je l’ai trouvé dans cette situation. Les tirs effectués étaient des tirs de neutralisation. C’est moi qui ai permis que mon épouse le conduise avec notre véhicule. Et mon épouse est venue prendre mon argent pour lui administrer les premiers soins. Je n’ai pas espionné mon épouse, même si j’avais la capacité de piéger son téléphone pour être au courant de toutes ses conversations. Ce qui est arrivé est un incident hasardeux. J’ai entendu ça et là que la victime a reçu 9, 17 balles, pourtant je n’ai tiré que quatre balles…», conclut Bamkoui.

L’accusé plaide coupable
A sa suite, le président de la collégialité suspend l’audience pour se prononcer sur cet avant dire droit (Add). Dès la reprise, il met l’affaire en délibéré pour le 24 mars 2009. Seul le contraire aurait surpris au regard de l’âprêté des débats qui a opposé les avocats des deux parties. Dès la lecture du prononcé de l’accusation de «meurtre» telle que retenue contre Joël Emile Bamkoui par le juge d’instruction, l’accusé plaide «coupable». Malgré cela, les avocats de la partie civile ont d’emblée dans leurs différentes interventions plaidé la requalification de l’infraction en «assassinat». Ils y voient la volonté des confrères d’en face d’éviter que la quinzaine des témoins permettent à la vérité d’éclater. Me Bernard Tcheugueu, sur la base des éléments du dossier auxquels ils ont finalement eu accès, construit un nouveau scénario de ce qui s’est passé cette fatidique nuit, dira-t-il, sur la base des déclarations contradictoires des personnes interrogées. Les avocats soutiennent que Njifon Mapouro Hervé Michel a fait l’objet d’un appât dans lequel le gendarme Ngou Mathurin a été au début et à la fin du «plan machiavélique». Puisqu’en se séparant dans la matinée, il aurait invité son cousin Mapouro avec lequel il vivait chez leur tante à Maképé Bonamoussadi à venir à la Légion de gendarmerie de Bonanjo récupérer la somme d’un million de francs Cfa en mi-journée pour l’achat des whiskys au Free shop de l’aéroport. «Cette invitation qu’il a honorée et ces whiskys étaient les éléments constitutifs de cet appât», soutient Me Jeanne Mare. Par ailleurs, les avocats de la partie civile trouvent dans l’acharnement de Bamkoui à cribler de balles sa victime, des éléments supplémentaires pour conclure «à la préméditation» de son acte. Ce que ne partagent pas les avocats de Bamkoui qui n’ont pas été convergents dans leur défense. Me Memog a soutenu qu’ayant plaidé coupable, la requalification n’était plus possible. Me Etemé n’était pas de cet avis, puisqu’il a décidé de suivre la demande de requalification, mais en «homicide volontaire». Me Mangwa a démontré que Bamkoui n’avait aucune intention de donner la mort à sa victime. Et Me Jackson Ngnie Kamga dira que son client n’a plaidé coupable que dans le cadre du formalisme procédural. Car, il faut encore savoir de quoi il est coupable ? Avant de conclure qu’il faut rejeter la demande de qualification telle que formulée par ses confrères d’en face, et de retenir soit la qualification du «meurtre», soit de requalifier en «coups et blessures». Le ministère public qui devait être du côté de l’accusation a dit être neutre et a réitéréra sa position pour la qualification de «meurtre».


La fille de Mapouro a trois jours
On apprendra au cours des débats que la fiancée du défunt inspecteur de police Njifon Mapouro Hervé Michel a accouché dimanche 8 mars 2009 d’une fille dans un hôpital de Douala. La grande désolation, c’est qu’elle n’aura pas à connaître le bonheur d’un père et d’une éducation certainement convenable. C’est pourquoi anticipant dans les plaidoiries, la défense de la partie civile a évoqué la possibilité de demander au chef d’escadron Joël Emile Bamkoui de s’occuper de son éducation. Lors de sa déclaration, ce dernier a dit sa bonne foi de bien vouloir accéder à cette demande. Mais pour l’instant, on apprendra que l’enfant n’a toujours pas encore de nom. Et pour cause, le père s’en est allé avec le nom qu’il voulait donner à sa fille. Car il ressort de la déposition de l’infirmier qui l’a reçu aux urgences de l’hôpital Laquintinie cette fatidique nuit, qu’il a demandé en vain qu’on fasse venir son épouse pour qu’il donne le nom qu’il souhaiterait voir porter sa fille. Ce qui justifie tout l’embarras de ses frères et sœurs pour lui choisir un nom. On apprend que les ayants droit feront une descente à Douala cette semaine pour finaliser avec les formalités de l’état civil de cet enfant.
 
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