
La distribution de ce don d'une élite a provoqué
un différend entre dirigeantes du parti au pouvoir.A quelques jours de
la célébration de la 24ème édition de la journée internationale de la
femme, Mme Emama Clémentine, présidente de la section Ofrdpc du
Lom-et-Djerem Sud à l'Est ne trouvait plus le sommeil. Cette dernière
était envahie par des militantes qui réclamaient nuit et jour le pagne
du 8 mars pour lequel elle avait collecté de l'argent : 3.000 f cfa par
pagne, quelques semaines plus tôt.
Pour échapper au lynchage promis par ses
militantes au cas où elle ne leur apporterait pas le fameux pagne, Mme
Emama Clémentine, selon ses propres dires, a dû user de ses relations à
Yaoundé pour remédier à la situation qui s'annonçait catastrophique
pour la section qu'elle dirige.
En effet, depuis deux ans, une élite de la place
avait pris sur elle de subventionner l'acquisition du pagne du 8 mars
par les femmes démunies et celles de l'Ofrdpc qui ne pouvaient pas
l'acquérir au prix homologué. De sources proches de cette élite, " non
seulement Mme Emama Clémentine ne vendait pas les pagnes à 3.000 f cfa
comme on le lui demandait mais aussi elle n'a jamais reversé les
recettes issues de cette vente." Et de continuer que " c'est pour cela
que la mission ne lui a plus été confiée cette année. " Pour s'assurer
de la transparence dans la gestion de ce don en faveur des femmes, la
mission a été finalement confiée à Mme Bityé Marie-Thérèse, 2ème
adjoint au maire de la commune d'arrondissement de Bertoua 2ème mais
surtout en sa qualité de présidente d'un réseau d'associations
féminines ayant un effectif de plus de 300 femmes.
Selon Mme Bityé Marie-Thérèse, c'est par des
appels téléphoniques qu'elle a été informée de la mission qui jusqu'ici
était confiée à Mme Emama Clémentine. Elle précise par ailleurs que "
les pagnes devaient être distribués à deux catégories de femmes : les
démunies et les militantes incapables de l'acheter à 5.500 f cfa. "
Pour conclure, Mme Bityé affirme avoir reçu et vendu à 3.000 f cfa 250
pagnes. Approchée, Mme Emama Clémentine regrette l'attitude de l'élite
dont elle a rencontrée à plusieurs reprises l'épouse à Yaoundé où elle
s'était établie pour la cause depuis fin janvier. Elle affirme
d'ailleurs " n'être revenue à Bertoua que pour l'installation du
délégué du gouvernement. "
Et c'est le jour de cette installation justement
qu'elle apprend que les pagnes ont été remis à Mme Bityé. Pour la
présidente de section, " c'est un geste de trahison envers des
militantes dont ce pagne constitue la seule récompense pour tout le
temps qu'elles passent au soleil pour soutenir et animer les activités
et les grands évènements du parti. " Un argument qu'elle brandit auprès
de ces femmes pour tenter de les rallier à sa cause. Or, cette
gesticulation lui porte préjudice parce qu'elle
permet,
d'après des sources proches de l'élite, à ces femmes de comprendre que
depuis deux ans, Mme Emama Clémentine les roulait dans la farine. Cette
dernière reconnaît plutôt n'avoir jamais renvoyé les recettes de la
vente arguant que " je me disais que c'était l'argent du parti et que
l'élite n'en avait plus besoin. " compte tenu de la tension qui montait
à quelques jours du 8 mars 2009. Le préfet du Lom-et-Djerem et le
commissaire de police spécial de Bertoua auraient été saisis pour
calmer la situation.