L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Cameroun/Assainissement urbain : le désarroi des populations de yaoundé
Ecrit par Frank William BATCHOU
17-12-2008
Les commerçants du lieu dit Montée Ane rouge à Yaoundé ont reçu la visite inopinée des agents de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy).
La scène s’est passée hier mardi 16 décembre aux environs de 11h. Dans une ambiance inhabituelle et un vacarme bruyant, l’ « engin destructeur de Tsimi » a fait le ménage. Il n’y a pas un endroit où sa pelle n’est passée et repassée. Des bureaux, chambres, magasins, restaurants et night-clubs détruits se confondent dans un nuage de poussière. Des parpaings par ci, des planches par là, des tôles un peu plus loin,… jonchent le sol pendant que d’autres commerçants essayent de sauver ce qui peut encore l’être. La plupart accusent d’énormes pertes. « J’avais plus d’une quinzaine d’ordinateurs dans mon magasin. Ils se trouvent maintenant en pièces détachées dans ces débris. Je vous ai demandé d’enlever ces marchandises depuis hier. Ce qui n’a pas été le cas. Regardez dans quelle situation je me trouve maintenant ? », vocifère un responsable de magasin ruiné à l’endroit d’un employé, les yeux larmoyants.
« Nous avons pris de l’argent à la banque pour nous approvisionner en marchandises pendant cette période de fêtes. Voilà qu’elles s’envolent en fumé. Comment allons-nous faire pour rembourser ? Voilà des familles qui sont mises au chômage. Le délégué devait nous laisser au moins un mois encore. Le temps de vendre et trouver un magasin ailleurs », se plaint un commerçant. Un responsable de la Cuy de rétorquer : « Cela fait plus de six mois que j’ai apposé la croix de saint André synonyme de préavis sur ces bâtiments. Le délégué est venu ici mardi [9 décembre 2008, Ndlr] vous dire de partir parce qu’on ne sait ni l’heure ni le jour du déguerpissement. Vous avez voulu résister. Voilà les conséquences ».
Dans les couloirs reliant la route principale au site détruit, des bagarres ne sont pas rares entre les déguerpis au sujet de la propriété qui d’un disque dur d’ordinateur. « On vous demande de libérer ces couloirs. Vous y êtes toujours. Nos chaises et ordinateurs ont été volés ici. Si on vous accuse de vol, ne niez pas », lance une dame aux curieux souhaitant voir de près le travail de l’excavatrice. Des opportunistes prennent d’assaut le site. Armés de marteaux, arraches clous… ils cassent des poteaux pour récupérer des fers à bétons. D’autres finissent par éventrer, on ne sait par quel moyen, un coffre fort et emportent son contenu. Un autre coffre retrouvé intact a été emporté par les agents de la Cuy. Ceux-ci disent vouloir le remettre aux propriétaires après des preuves. Comme nous l’annonçions dans Le Messager N°2759 du vendredi 12 décembre 2008, le site va servir à l’agrandissement du centre artisanal, notamment pour la construction des parkings et jardins publics et une route. La suite des travaux est annoncée pour jeudi et vendredi prochains.