L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
“ C’est grave ! Ne mange plus la sauce de tomate qui veut. Pour faire ma sauce maintenant, je mets juste quelques tomates. J’y ajoute abondamment du poireau et des oignons. Si je ne fais pas ainsi, j’achèterai la tomate de 1 000 Fcfa au moins pour un repas chez moi. ” Témoignage d’une ménagère, rencontrée au marché du Mfoundi à Yaoundé. Dans ce marché comme dans d’autres marchés de la capitale politique du Cameroun, le prix de la tomate connaît une augmentation exponentielle selon les commerçantes.
Le seau de 3.5 litres de tomate fraîche coûte aujourd’hui 2 500 Fcfa, au lieu de 1 500Fcfa, comme en début d’année. Celui de 5 litres est passé de 2 000 Fcfa à 3 000 F cfa. Les tomates abîmées quant à elles sont vendues à 2 000 Fcfa le seau de 5 litres et 1 500 Fcfa celui de 3, 5 litres. Les revendeuses disent acheter le panier de tomate à l’heure actuelle à 15 000 Fcfa, au lieu de 8 000 Fcfa. Dans les quartiers, cette hausse du prix est insoutenable. Les détaillantes vendent le tas de quatre tomates à 300 Fcfa.
Selon les commerçants, cette augmentation du prix est due à plusieurs facteurs. Premièrement, la tomate coûte cher chez les fournisseurs. Deuxièmement, les paniers sont bourrés de rebuts. “ J’ai perdu plus de 10 000 Fcfa hier. J’ai acheté la tomate de 36 000 Fcfa et je n’ai pas pu la revendre à 25 000 Fcfa. Le dessus du panier était décoré de beaux fruits frais. Au fond, il n’y avait que des tomates abîmées. Or avec ça, nous ne gagnons presque rien. On essaye juste de s’en débarrasser, ce qui n’est pas facile ”, explique une revendeuse.
L’autre facteur à l’origine de cette hausse serait les changements climatiques et l’augmentation du prix des engrais. “ On a de moins en moins de pluies. Celles-ci tombent à contre-programme, ce qui fait que la culture de la tomate dévient difficile car c’est une culture qui aime de l’eau. Si les pluies étaient normalement tombées, à partir de ce moment jusqu’au mois de juin, les tomates devaient coûter moins cher. Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui et la situation risque d’empirer dans le futur. A ce moment, nous ne saurons plus où aller ”, craint un revendeur. Tout en espérant que les choses s’amélioreront dans un bref délai.
Le haricot vert aussi
En dehors de la tomate, les vivres frais en général ont connu une augmentation drastique depuis le début du mois de février. Certains sont même pratiquement invisibles sur les étals. C’est le cas du haricot vert. “ Il y en a chez nos fournisseurs, bien sûr pas en grandes quantités et puis c’est trop cher. Le sac de haricot vert vendu auparavant à 5 000 Fcfa maximum coûte actuellement 15 000, voire 17 000 Fcfa, c’est-à-dire, une augmentation de plus de 10 000 Fcfa ”.
Les revendeurs préfèrent donc ne pas en acheter, afin d’éviter le risque de perdre leur marchandise. “ Quand nous allons augmenter le prix du tas, le client peut ne pas prendre. N’achèteront que ceux qui en ont vraiment besoin. Et puisqu’il s’agit de vivre frais, ils vont vite se détériorer et nous allons perdre la marchandise ”, justifie un revendeur.