L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Cameroun-Yaounde: des éléments de la garde présidentielle attaquent les locaux de la police
Ecrit par Jean Baptiste Ketchateng
03-04-2009
Une dizaine d'éléments de la garde présidentielle ont tenté de forcer l'entrée du siège de la police afin de libérer leur camarade.
Les portails entrebâillés de la Délégation générale à la sûreté nationale indiquaient que la tension n'avait pas complètement disparu après la brusque montée de fièvre causée par une altercation entre un policier et un militaire de la garde présidentielle. Hier en mi-journée, tout est parti, selon un témoin, du refus d'obtempérer du militaire qui serait l'adjudant Marie Christophe Bamou Nana, en service au centre d'instruction de la garde présidentielle à Minkama non loin d'Obala. "Il a créé une troisième file dans la circulation alors qu'il n'y en avait que deux. Le policier s'est interposé ce qui a poussé le militaire à sortir de sa voiture. Il s'est mis à le rouer de coups. L'officier de police qui supervisait le contrôle de la circulation a subi le même sort parce qu'il est intervenu. Ce sont les policiers en faction qui ont finalement maîtrisé le militaire", explique une source.
L'embouteillage passager qui s'est alors produit au carrefour qui sépare les services du gouverneur du Centre, la Délégation générale à la sûreté nationale et la sous-préfecture de Yaoundé I, a attiré une foule de badauds qui commentaient encore les faits tout au long de l'après-midi. Un vendeur à la sauvette explique que peu après l'interpellation du militaire, une dizaine de camarades d'armes venus de la garde présidentielle se sont présentés au siège de la police nationale. " Ils ont voulu forcer le passage, les policiers s'y sont opposés. On a cru que les armes allaient crépiter parce qu'ils portaient des Fal [fusils d'assaut légers]. Rien de tout cela n'est arrivé, puisque les policiers nombreux les ont maîtrisés avant de les arrêter ", explique un autre témoin de la scène. De sources dignes de foi, c'est un lieutenant qui dirigeait la mission réparatrice des militaires qui voulaient délivrer leur camarade arrêté pour son inconduite supposée.
Mais une fois neutralisés, les militaires sont repartis cependant à leur base après qu'un officier a été envoyé de la garde présidentielle pour récupérer ses troupes. " Ils sont rentrés chez eux sans crier gare ", révèle un autre témoin. Le calme revenu, les autorités se sont refusées à parler de cet événement. A la radio nationale, au journal parlé de 17h, une brève a annoncé une " l'altercation entre un militaire et un policier " et l'embouteillage qui s'en est suivi et que les passants ont dû remarquer.
Officiellement à la Délégation générale à la sûreté nationale : il n'y a rien à dire sur le sujet. Bien que des sources dignes de foi indiquent que le patron de la police a dû faire intervenir le secrétaire général de la délégation pour organiser le retour des militaires à leur base. Au ministère de la Défense, le cabinet du ministre renvoie à la division de la Communication que Mutations n'a cependant pas pu faire parler.