Après plusieurs
tractations, les différentes parties trouvent difficilement un
compromis. Alors que le ministre de l’Energie et de l’eau tente
l’apaisement.
Sauf changement de dernière minute
hier soir, jusqu’au moment où nous allions sous presses hier soir, une
bonne frange des employés de la Camerounaise des eaux (Cde) devraient
observer un arrêt de travail dès ce matin. C’est en tout cas ce que
laissent croire des tracts qui ont circulé dans la ville de Douala
depuis le week-end dernier. Adressés à l’attention de l’ensemble du
personnel de la Camerounaise des eaux, ces tracts mentionnent qu’« un
arrêt de travail sera observé sur toute l’étendue du territoire. Le
mardi 10 mars de 7h30 à 11h et le mercredi 11 mars de 7h30 à 16h,
jusqu’au règlement total de la dette sociale ». En réalité, le tract
pourrait ne pas provenir d’une source autorisée à le produire
(employés, syndicats, etc.) Mais, il n’empêche que l’entreprise semble
être rattrapée par ses vieux démons.
Depuis deux semaines environ, la grogne a grandi petit à petit au sein
des employés. Le 24 février dernier, ils avaient adressé un mémorandum
au ministre du Travail et de la sécurité sociale, Robert Nkili, au
motif que dans le fond, le rapport final renvoyait les parties au
dialogue interne alors qu’il était acquis, comme l’indique l’objet du
comité ad hoc chargé le 17 octobre 2008 d’examiner les doléances des
ex-employés de la Société nationale des eaux du Cameroun (Snec), que la
finalité était de proposer un plan d’apurement de la dette sociale.
Entre tractations et frustrations
Le mémorandum des employés exigeait principalement le règlement de la
dette sociale au plus tard le 30 avril 2009. Il proposait d’ailleurs
l’échéancier ci-après : paiement des congés, des intérêts sur prêt
accordé à la Snec par les agents, de toutes les dettes ayant trait aux
frais médicaux, des déplacements des agents au plus tard en février
2009 ; paiement, en mars 2009, de la Car 2005 et des échelons gelés ;
et paiement du complément des primes de médailles et de la prime de fin
d’année (13e mois) en avril 2009. Apparemment, les deux premières
exigences n’ont pas été respectées par l’administration. Entre temps,
et selon certains employés qui ont préféré garder l’anonymat, la
direction générale aurait exacerbé leur « fureur » en posant certains
actes. L’on cite par exemple la mutation de Gaston Charles Pepouna, un
syndicaliste virulent, nommé attaché auprès du directeur régional du
Grand nord avec résidence à Maroua. Décision tombée le 25 février, 24
heures seulement après la rédaction du mémorandum adressé au ministre
Robert Nkili.
Représailles ou décision stratégique de gestion de l’entreprise ? La
réponse de la direction générale de la Cde à cette question reste
inconnue. Toutes les démarches entreprises par le reporter pour avoir
des réponses ayant été vaines. Hier encore, à plusieurs reprises, Serge
Essouma, chef de la cellule de communication de Cde, ne ne répondait
pas au téléphone. Quoi qu’il en soit, et selon le ministre de l’Eau et
de l’énergie (Minee), tout est rentré dans l’ordre. Le communiqué de
Jean Bernard Sindeu, paru en page 2 de La Nouvelle Expression du lundi
9 mars 2009 et datant du 6 mars 2009, explique globalement que « le
Minee, la Camwater et la Cde ont pris bonne note des préoccupations
exprimées par les organisations syndicales en ce qui concerne
l’indication de l’échéancier de paiement des indemnités de congés et
des échelons gelés ». En concertation avec le ministère du Travail et
de la sécurité, la Camwater et la Cde, un échéancier sera proposé aux
organisations syndicales dans les meilleurs délais. Camwater et Cde
vont poursuivre le traitement et le paiement des droits courants. Par
ailleurs, les syndicats s’étaient engagés à appeler l’ensemble du
personnel de la Camwater et de la Cde au calme et à la poursuite
normale de leurs activités. Les organisations syndicales ont-elles
finalement été entendues ? Cette journée nous le dira…