
Réuni en sa session du 28 février 2009 à Buea, le
Conseil exécutif de l’Ujc a, entre autres sujets, examiné diverses
questions relatives à l’environnement des médias au Cameroun, notamment
les menaces sur la presse, la publication d’informations douteuses dans
les journaux et la situation du Conseil camerounais des médias (Ccm).
Au sujet des menaces qui pèsent sur la presse
L’Ujc a observé que les médias camerounais ont été l’objet de critiques
de la part de certains acteurs et de certains hauts responsables de
l’Etat, à l’instar de :
- Monsieur le Vice-Premier ministre, ministre de la Justice, Garde des
Sceaux, lors de la cérémonie de présentation des vœux au sein de son
département ministériel, qui reprochait à la presse son “manque de
professionnalisme” dans le traitement de l’affaire du détournement des
tracteurs indiens révélée par une Ong camerounaise ;
- Monsieur le ministre de la Communication, qui a enjoint la presse
camerounaise à observer une “trêve” dans la gestion des informations
concernant l’Eglise catholique camerounaise dans la perspective de la
prochaine visite du Pape Benoît XVI au Cameroun, laissant croire lors
de sa rencontre avec les directeurs des publications que les médias
camerounais étaient en guerre contre cette église ;
- et de Monsieur le Procureur général près la Cour suprême qui, dans
ses réquisitions prononcées à l’occasion de la rentrée de cette
institution, a cru devoir désigner la presse comme le responsable de la
violation des procédures judiciaires en cours d’instruction par les
journalistes (secret de l’enquête préliminaire et secret de
l’information) à travers une “médiatisation pressante et excessive” ;
Le Conseil exécutif de l’Ujc exprime à nouveau, comme dans sa
déclaration du 28 septembre 2008, sa vive préoccupation pour ces prises
de position et considère que les médias camerounais ne font que leur
travail d’information du public. Les journalistes ne participant pas
aux enquêtes préliminaires et autres instructions ne peuvent avoir eu
accès à ces documents et autres procès verbaux que parce que les
acteurs clés desdites enquêtes ont pensé leur en faire copie. L’Ujc
réaffirme donc la primauté du principe universel du droit du public à
l’information et engage l’ensemble des médias à plus de vigilance et de
professionnalisme dans le traitement des questions judiciaires, sans
toutefois céder aux manœuvres d’intimidation et/ou de manipulation d’où
qu’elles viennent.
A toutes fins utiles, le Conseil exécutif rappelle que le premier
devoir du journaliste camerounais, dans le Code de déontologie dont
s’est librement doté la profession, est “ de respecter la vérité,
quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, en raison
du droit que le public a à connaître la vérité. A cet effet, sa mission
de communicateur et sa responsabilité sociale doivent le conduire à
livrer au public une information vraie, honnête, équilibrée, bref aussi
complète que possible ; à éviter toute déformation et manipulation
intentionnelle des faits ; à ne publier que des informations dont
l’origine est connue et vérifiable ou les accompagner, si nécessaire,
des réserves qui s’imposent ”.
Au sujet de la publication des informations douteuses dans la presse
Le Conseil exécutif de l’Ujc constate que des informations douteuses
ont été publiées par certains journaux. Elles sont relatives :
- à la “faillite” de la Commercial Bank of Cameroon (Cbc) dans Aurore Plus ;
- au “décès” de Mme Edith Bongo, l’épouse du chef de l’Etat du Gabon dans Aurore Plus et Le Jour ;
- à “l’interview” de l’ancien Ambassadeur des Pays-Bas au Cameroun dans Bebela ;
- et à la “perte de connaissance” de M. Grégoire Owona lors d’une
cérémonie sur le Rocher de Vimli (près de Mbalmayo) dans Le Devoir.
Le Conseil exécutif de l’Ujc se félicite de la démarche de M. Grégoire Owona, qui a bien voulu le saisir pour information.
L’Ujc s’inquiète pour ces manquements professionnels qui portent
gravement atteinte à la crédibilité de la presse camerounaise. L’Union
rappelle par ailleurs que la démarche professionnelle oblige tout
journaliste à recouper toute information à plusieurs sources, notamment
auprès des personnes concernées, avant publication.
Au sujet du Conseil Camerounais des Médias (Ccm)
Le Conseil exécutif de l’Ujc se félicite de la reprise des travaux du
Groupe de travail mis en place le 27 septembre 2008 en vue de la
révision des textes réglementaires du Tribunal d’honneur des
journalistes. Cependant, l’Ujc continue de s’inquiéter du retard pris
dans l’exécution de sa mission, ce qui prolonge la paralysie de cet
organe d’autorégulation de la profession dont l’importance n’échappe à
aucun acteur du secteur.
Le Conseil exécutif de l’Ujc invite encore les membres du groupe de
travail à achever leur mission, pour la relance urgente du Conseil
camerounais des médias au regard des nombreuses sollicitations dont cet
organe fait l’objet.
Fait à Buea, le 28 février 2008