L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Selon des informations mises en ligne par nos confrère de Camer.be dans la journée du 16 décembre 2008, Jean Marc Ela est mort à l’âge de 72 ans le 15 décembre dernier des suites de maladie dans son exil canadien, pays où il résidait depuis son départ du Cameroun en 1995.Le décès de cet éminent sociologue et prêtre diocésain constitue une grande perte pour son pays d'origine le Cameroun et son pays d'accueil. D’après nos sources, le Père Ela était déjà très fatigué depuis quelque mois et était devenu rare dans le campus de l’université de Laval où il donnait les cours de Sociologie.
Jean-Marc ELA est né en 1936 à Ebolowa au Cameroun. Il était à la fois sociologue et théologien. Ayant fait ses études de théologie à Paris et de sociologie à Strasbourg, le père Ela a enseigné à l’Université de Yaoundé. Idem pour l'Université catholique de Louvain-La-Neuve (Belgique)en tant que professeur invité. En 1997, il a été le directeur de l'Institut du CODESRIA sur la Gouvernance démocratique, consacrée à l'économie politique des conflits en Afrique. Ses livres sont très connus en Afrique et apportent en Europe la parole d’un homme de foi et d’un homme de vérité.
Fervent critique de l'Eglise et du pouvoir politique du Cameroun, c'est au lendemain de l'assassinat de Engelbert Mveng en 1995 que Jean Marc Ela s'est finalement installé à Montréal au Canada où il donnait des cours de sociologie à l'Université Laval. Selon le Révérand Père Kuissi du diocèse de Bafoussam au Cameroun, il était obligé de prendre le chemin de l’exil comme malheureusement trop d’hommes de sa trempe.
Sociologue, auteur de nombreux ouvrages, dont Restituer l’histoire aux sociétés africaines, L’Harmattan, Paris, 2000, et Le Cri de l’homme africain, L’Harmattan, 2001, Bibliographie Innovations sociales et renaissance de l'Afrique noire, Les défis du "monde d'en-bas",Cri de l'homme africain, Afrique, l'irruption des pauvres, Société contre ingérence, pouvoir et argent, Cheikh Anta Diop ou l'honneur de penser, Promouvoir les sciences sociales en Afrique noire,Guide pédagogique de formation à la recherche pour le développement en Afrique, Fécondité et migrations africaines : les nouveaux enjeux, l'Afrique à l'ère du savoir, Science, société et pouvoir, La recherche africaine face au défi de l'excellence scientifique livre III, Les cultures africaines dans le champ de la rationalité scientifique Livre II, Recherche scientifique et crise de la rationalité Livre I…Jean Marc Ela laisse derrière lui tout un chef d'oeuvre inachevé.
Certaines critiques ont même dit du regretté Jean Marc Ela qu'il était en avance sur son époque. Pour le moment, nous ne savons pas encore où il sera inhumé. En attendant, toute la rédaction de Camer.be adresse ses sincères condoléances auprès de sa famille et lui souhaite un repos éternel.