L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
A cette instant, la porte frappa de plus belle, et Pat se dit intérieurement : j’ai rien pris à ces policiers Nazis et il est temps que les noirs ne se laissent plus faire dans ce pays, puis ouvrit brusquement la porte.
- Hallo!
- Qui est-là?
Demanda Pat en fronçant les sourcils pour mieux accommoder
les contours de l’image que ces yeux percevaient à peine dans
l’obscurité du couloir. Pour ne pas paraître ridicule, disons
mieux pour afficher l’air du gentilhomme, il força soudain un
sourire afin de semer un climat de confiance.
-Excusez moi, je me suis endormi sur mes cahiers et …
- Non non, Ce n’est pas grave. Je t’ai imaginé endormi et me
suis dis que ça ne serait pas un crime de parlementer un
instant avec toi avant de me coucher.
-C’est une surprise mais tu peux entrer.
Anika se glissa dans la cellule de Pat et s’installa sur l’unique
fauteuil installé dans la pièce. Comme tout appart estudiantin,
la chambre mesurait 13 mètre carré. Un tapi de couleur rouge
sombre couvrait le plancher. Un lit minime pour une personne
se dressait au pied de la penderie qui se trouvait quelque peu
suspendu pour céder un peu plus de place dans la pièce. La
table qui servait de petite cuisine était couverte d’un tissu
brodé bleu et blanc et froncé des motifs lunaires ;
certainement de la région des Grass Fields camerounais.
-Veux tu boire quelque chose ? demanda pat après avoir
refermé la porte.
-Un Thé, thé á la menthe, avec du sucre.
- Désolé je viens d’achever le tout dernier cube. J’aurais dû le
conserver pour toi.
-Non, pour moi c’est égal, ça marche sans sucre.
La jeune étudiante regardait admirablement les mouvements
de Pat alors qu’il se contrait à l’Instant au rite de la voie du
Thé. Troie tasses d’eau dans la bouilloire, immobilisation de la
machine sur sa station fixe puis branchement du système.
Pendant 3 minutes, l’eau bouillie doit s’évaporer pour
remouler la mixture indienne qui reposait dans l’entre pièce
de la machine.
Juste avant le service, une mesure de miel se fit mélanger
dans mixture. Une odeur de ruche de printemps se dispersa
dans la pièce. La demoiselle respira un instant de douceur
orientale qui pacifia ses conduites pulmonaires. Suite à un
mélange de miel de saison, le vert du thé s’estompa á
l’écarlate et croisa un visuel très agréable. Ce succès partagé
avec l’assistante muette n’est en réalité qu’une fête du
dimanche. Elle croisa les pieds et remercia d’une voix peu
sonore le maître du thé qui venait de lui tendre une bonne
quantité dans un bol blanc. Elle paraissait un peut plus
dégagée et se mit á apprécier quelques détails de la chambre.
La décoration africaine, la machine de thé de la marque
BEEM…
-Tu est vraiment mieux intégré que les autres africains !
demanda t-elle d’un air satisfait. Cette observation n’est pas
généralement bien accueillie dans la communauté noire
d’Allemagne. Mais pour ne pas vexer son Invité, le maître du
thé donna quelques explications tordues sur le choix de telle
machine et la couleur de telle autre verre et fini par demander
á sa voisine comment elle se porte et l’objet de sa visite.
Elle avala soudain une gorgée de thé fort et un sourire de
gentillesses se fit voir. Sans répondre directement á la
question, elle ira chercher dans la manière d’être des africains
qui, pour certain est apprentissage et pour d’autre pas. Puis
de sa vie à elle-même qui vient d’être tourmentée par un ami.
Non, pas un ami, elle ne trouve pas de mot exacte pour
l’exprimer et finit par le qualifier de Cochon. Pat résuma
l’histoire et supposa que sa chère voisine sortait d’une
séparation. Du moins c’est le moindre que l’on puisse dire
selon lui.
- Depuis quand es tu en Allemagne ?
.......