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L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie.
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Tchad: l’offensive des rebelles venus du Soudan bloquée et défaite par l'armée Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Olivier TALLES avec AFP   
11-05-2009
ImageStoppés par l’armée tchadienne lors de leur offensive vers la capitale, les rebelles tentaient dimanche 10 mai de regagner leurs bases arrière au Soudan voisin

Le retour au calme était attendu, dimanche 10 mai, au Tchad. Après les affrontements meurtriers de jeudi et vendredi, près d’Abéché, la grande ville à l’est du pays, l’offensive des rebelles venus du Soudan a été bloquée par l’armée à plus de 600 km de la capitale, N’Djamena. Ces dernières 48 heures, la guérilla de l’Union des forces de résistance (UFR) s’est efforcée de regagner ses bases arrière de l’autre côté de la frontière soudanaise. « Les combats sont dans une phase finale », affirmait hier une source militaire française. « C’est une victoire nette pour le président Idriss Deby. »

Partis lundi dernier du Soudan en colonnes de 4×4, les troupes de l’UFR avaient pour objectif de prendre N’Djamena et de renverser le régime en place. Elles ont pénétré d’une centaine de kilomètres à l’intérieur du territoire tchadien, avant d’être encerclées par l’armée puis attaquées à l’arme lourde près d’Am-Dam. Sur le champ de bataille, des dizaines de corps et de nombreuses carcasses véhicules calcinés, filmés par la télévision nationale, ont témoigné de la violence des combats.

« Selon le bilan provisoire, 225 rebelles ont été tués et 25 militaires », a précisé le porte-parole du gouvernement Mahamat Hissène. « Par ailleurs, 212 insurgés ont été capturés et 127 véhicules récupérés chez l’ennemi. » Ces chiffres ont été qualifiés de fantaisiste par l’UFR qui affirme avoir perdu cinq hommes et avoir fait 200 prisonniers. La guérilla se dit prête à poursuivre son offensive. « Nous nous regroupons, on s’occupe des blessés, on se prépare », a affirmé un commandant rebelle.
« L’armée tchadienne s’est montrée très organisée »

Il n’empêche : la grande offensive a buté sur des troupes supérieurement armées. « L’armée tchadienne s’est montrée très organisée », note une source militaire française. Elle a surtout été considérablement renforcée par l’acquisition d’avions de chasse et d’hélicoptères, depuis la dernière offensive des rebelles en février 2008. Cette fois-là, la guérilla était arrivée jusque dans les rues de N’Djamena, avant d’être défaite par les hélicoptères gouvernementaux, avec le soutien de la France.

Outre les 800 hommes déployés dans le cadre d’une mission de l’ONU, l’État français compte 1 300 soldats stationnés sur place au sein du dispositif Épervier, déployé pour une mission de formation et d’assistance logistique à l’armée tchadienne. Pendant l’avancée des rebelles, la France a « surveillé en permanence la situation », a déclaré le porte-parole du ministère de la défense, Laurent Teisseire. Elle a également apporté des renseignements « à l’ensemble des acteurs engagés dans le processus de réconciliation de Doha », à savoir les Nations unies, le Tchad et le Soudan.
Au Darfour se concentrent plusieurs groupes armés hostiles à Idriss Deby

Depuis des années, ces deux pays s’accusent mutuellement de déstabilisation par groupes armés interposés. Le territoire tchadien sert de base arrière à la guérilla hostile au gouvernement soudanais, le Mouvement pour la justice et la liberté, dont les troupes avaient fait une percée jusque dans les faubourgs de Khartoum en mai 2008. Samedi encore, des affrontements ont opposé ces rebelles aux forces progouvernementales, au nord du Darfour.

À l’inverse, c’est notamment au Darfour que se concentrent plusieurs groupes armés hostiles au président Idriss Deby, au pouvoir depuis 1990. Leur présence entretient l’instabilité à l’est du Tchad, un territoire qui abrite 450 000 réfugiés soudanais et centrafricains. Samedi soir, le gouvernement de N’Djamena a affirmé qu’il envisageait de rompre les relations diplomatiques avec Khartoum « le moment venu ».


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