L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
La Guinée Equatoriale récidive et expulse brutalement des camerounais de son sol
Ecrit par Jean Francis Belibi
02-06-2009
Le dictateur équato-guinéen Obiang Nguema
Une quarantaine de Camerounais spoliés de leurs biens sont repassés par Kyé-Ossi ce jour alors qu'une réaction ferme de Yaoundé est attendue
Difficile de savoir de savoir ce qui a constitué le menu de la réunion à laquelle le ministre des Relations extérieures a pris part hier soir à la présidence de la République. Même si l’on imagine bien que Henri Eyebe Ayissi qui a regagné le Cameroun durant le week end après l’y avoir quitté jeudi dernier pour un déplacement qui l’aura notamment conduit en Guinée Equatoriale, où se déroule en ce moment une nouvelle vague d’expulsion d’étrangers jugés en situation irrégulière au pays d’Obiang Nguema Mbasogo est sans doute allé faire le point d’un type de déplacements devenus récurrents entre les deux Etats voisins de l’Afrique centrale. “The minister is to busy. Le ministre est très occupé ndlr”, nous a-t-on répondu au cabinet du Minrex pour indiquer que l’émissaire de Paul Biya était très occupé après la séance de Travail qu’il aura eu quelques temps auparavant.
Si la situation à Bata demeurait calme jusqu'à la tombée de la nuit d'hier comme nous l'a confirmé Justin Joël Abessolo, le consul du Cameroun dans cette ville où encore du côté de Kyé-Ossi, selon Vincent Mbita Obam le sous préfet de cette ville camerounaise, nous apprenions néanmoins qu'une seconde vague de Camerounais devrait regagner le pays ce jour en passant par la ville de Kye-Ossi soit environ une quarantaine selon le sous préfet de Kyé-Ossi. Ceux-ci, comme de nombreux autres, ont trouvé refuge dans les locaux du consulat après l'expiration de l'ultimatum du ministère équato guinéen des Affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie du 11 mai dernier qui recommandait à tous les étrangers en situation irrégulière de quitter le pays avant le 26 mai dernier faute de quoi, comme à leur habitude, les autorités de Malabo useraient de la violence pour expulser ces indésirables.
Expulsions
Même si, selon des informations puisées à bonne source, une autre note de ce même département ministériel, adressée cette fois aux autorités administratives locales de la partie frontalière avec le Cameroun, indiquait que les techniciens camerounais, même en situation irrégulière, devaient être épargnés de la mesure d'expulsion. Sur les Camerounais présents dans les locaux du consulat à Bata, Justin Joël Abessolo indiquait notamment que 150 parmi eux avaient déjà déposés des dossiers de renouvellement des pièces de résidence, tandis que certains avaient rejoints leurs lieux de résidence. Reste néanmoins pendante la situation de ceux en possession des reçus de paiement des 500 000 francs Cfa exigibles pour l'obtention d'une carte de séjour et qui se retrouvent eux aussi sur le départ, le paiement de la caution n'étant pas une garantie pour l'obtention d'un titre de séjour dans ce pays.
Une série d'expulsions qui, si elle ne vise pas uniquement les Camerounais, intervient moins d'un mois après la tenue à Yaoundé de la quatrième session de la Conférence des ministres africains de l'intégration (Comai IV), session au cours de laquelle l'Afrique centrale était une fois de plus montrée du doigt pour son manque de volonté de faire avancer le mouvement, au moment où les autres ensembles sous régionaux enregistrent des progrès remarquables.