L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Le dictateur s'en est allé après plus de 41 ans de pouvoir sans partage
El Hadj Omar Bongo Ondimba, décédé à Barcelone dimanche, était le doyen des chefs d’Etat africains puisqu’ayant ayant exercé plus de quarante ans de pouvoir
-depuis 1967- sans partage.
Né sous le nom d'Albert-Bernard Bongo dans la province du Haut-Ogooué, il effectue ses études primaires et secondaires au Congo, puis, après son service militaire, il rejoignit d'abord les services secrets français, puis l'entourage de Léon Mba futur président du Gabon, et travailla comme commis des postes.
Au lendemain de l'indépendance de son pays, en 1960, il fut nommé vice-président de Léon Mba, à qui il succéda à la mort de ce dernier sept ans plus tard, en 1967.
Fondateur du Parti démocratique gabonais (PDG) en 1968, Omar Bongo Ondimba se convertit en 1973 à l'Islam en prenant le nom d’El Hadj Omar Bongo auquel il ajouta, en 2004, le nom de son père, Ondimba.
En 1990, comme dans le plupart des pays d’Afrique, feu Bongo fut obligé d’organiser une conférence nationale à l'issue de laquelle fut instauré le multipartisme.
Il fut réélu le 27 novembre 2005 avec 79,18 % des suffrages selon les résultats officiels, malgré les protestations de l’opposition qui dénonçait des « fraudes massives ».
Le 14 mars 2009, Edith Lucie Sassou Bongo Ondimba, première dame du Gabon, épouse d'Omar Bongo Ondimba et fille aînée du président congolais Denis Sassou Nguesso, décède à Rabat au Maroc, à l'âge de 44 ans des suites d'une longue maladie.
Mère de deux enfants, Omar Denis Junior Bongo Ondimba et Yacine Bongo Ondimba et docteur-pédiatre de formation, elle était fortement impliquée dans la lutte contre le SIDA avec la création en 2003 de l'Organisation des Premières Dames d'Afrique contre le SIDA (OPDAS).
Omar Bongo Ondimba, 73 ans, à la tête du Gabon depuis 1967, souffrait, selon certaines sources d’un cancer des intestins qui le rongeait depuis un certain temps.
Le 6 mai, à la suite des funérailles nationales de sa femme, Edith Lucie Bongo, décédée le 14 mars 2009, la présidence gabonaise avait annoncé que le président Bongo « suspendait momentanément ses activités » pour faire le deuil de celle-ci.
Le défunt avait l’habitude de soutenir, s’agissant des relations France-Afrique, que «l'Afrique sans la France, c'est la voiture sans le chauffeur et la France sans l'Afrique, c'est une voiture sans carburant ».