L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Quatar: la Ligue arabe rejette catégoriquement le mandat d'arrêt lancé contre Omar Béchir
Ecrit par Andrew Hammond
31-03-2009
Les chefs d'Etat de la Ligue arabe réunis au Qatar ont apporté lundi leur soutien à leur homologue soudanais Omar Hassan al Bachir en rejetant le mandat d'arrêt lancé à son encontre
Ministres arabes
par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.
"Nous réaffirmons notre solidarité avec le Soudan ainsi que notre rejet de la mesure prise (...) par la CPI à l'encontre du président Bachir", déclarent-ils dans le communiqué final rendu public à Doha.
Le président syrien Bachar al Assad avait auparavant invité les dirigeants de la Ligue arabe à faire preuve de solidarité avec leur homologue soudanais, dont la présence au Qatar est un défi à la CPI.
"Nous vous exhortons aujourd'hui à rejeter catégoriquement ce mandat d'arrêt et à exprimer votre absolu soutien au Soudan à ce stade. Ce qui se passe au Soudan est un nouveau chapitre des menées visant à affaiblir les Arabes, une nouvelle étape des efforts pour démanteler le Soudan."
Doha, port d'attache de la Ve flotte américaine du Golfe, a dit la semaine dernière avoir fait l'objet de pressions pour refuser la venue de Bachir, mais son Premier ministre s'est rendu à Khartoum pour lui confirmer l'invitation.
De source proche de la conférence de Doha, on déclare que l'Arabie saoudite, dont l'influence est insigne au sein de la Ligue arabe, a invité les 21 partenaires du Soudan à faire montre d'une ferme solidarité envers ce pays et son président.
Après les avoir remerciés de leur soutien plus ou moins appuyé, Bachir a expressément demandé à ses pairs de le soutenir franchement en réclamant fermement et clairement dans leur résolution finale l'annulation de l'inculpation dont il fait l'objet.
Moustafa Osman Ismaïl, conseiller de Bachir, a déclaré à la presse, présente en nombre à Doha, s'attendre "à ce que ce soulèvement populaire en faveur du Soudan, pas seulement dans le monde arabe, se traduise par un texte fort qui réponde aux espoirs de la rue arabe".
Le président soudanais a ostensiblement bravé le mandat d'arrêt émis le 4 mars par la CPI en se rendant ces derniers jours en Erythrée, en Egypte, en Libye et en Ethiopie, avant de rallier Doha.
"ISRAËL A TUÉ L'INITIATIVE ARABE"
Hostiles à la mise en cause de leurs dirigeants en exercice par des juridictions extérieures, les Etats membres de la Ligue arabe et de l'Union africaine avaient mis en garde la CPI contre l'inculpation du président soudanais alors que le conflit du Darfour se poursuit.
Bachir a profité de son intervention pour dénoncer une implication d'Israël dans ce conflit qui ravage la région occidentale depuis 2003.
Le président Assad a, pour sa part, déclaré que la paix entre Israël et les pays arabes ne se ferait pas sans la bonne volonté de l'Etat juif et a estimé que son offensive contre le Hamas à Gaza en janvier avait remis en cause le plan de paix adopté en 2002 par la Ligue arabe.
Lors d'une réunion organisée en janvier par le Qatar à laquelle ont assisté les dirigeants du Hamas en exil à Damas ainsi que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, Assad avait jugé caduc ce plan qui propose à Israël une paix en bonne et due forme en échange de son retrait de tous les territoires arabes occupés en 1967.
"C'est Israël qui a tué l'initiative arabe, pas ce sommet de Doha", a dit le chef de l'Etat syrien, dont la remise en cause du plan arabe avait été contestée par l'Arabie saoudite, son inspiratrice, qui a toutefois souligné qu'il ne serait pas éternellement sur la table.
Le sommet de janvier à Doha avait mis en lumière le clivage croissant entre les Etats arabes modérés comme l'Egypte, l'Arabie saoudite et la Jordanie, qui redoutent l'influence croissante de l'Iran, et un axe constitué du Qatar, de la Syrie, du Hezbollah et du Hamas, soutenu par Téhéran.
Le roi Abdallah d'Arabie et le président Hosni Moubarak avaient boudé la réunion. Le chef de l'Etat égyptien boycotte aussi celle de lundi, reprochant au Qatar ses efforts pour rallier des soutiens au Hamas durant la crise de janvier.
Soucieux de voir le monde arabe offrir une image de cohésion, le roi Abdallah a pour sa part fait le déplacement après avoir récemment reçu à Ryad le président Assad pour tenter d'assurer le succès du sommet de Doha.