L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
France: "Le Monde selon K." ou l'hypocrisie du célèbre French Doctor, Bernard K. dans la tourmente
Ecrit par Junior Binyam
09-02-2009
Bernard Kourchner veut sauver sa réputation
La carrière politique de Bernard Kouchner actuel ministre francais des affaires étrangères en péril après des révélations accablantes du Journaliste Pierre Péan sur les pratiques du "French Doctor" avec des dictateurs africains
Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, l'une des personnalités les plus appréciées de ses compatriotes, est dans la tourmente. Ce, suite aux révélations contenues dans le livre de Pierre Pean, "Le monde selon K.", et qui amènent à questionner la moralité du "french doctor", dont l'image aurait pu passer à la postérité comme "un chevalier de l'humanitaire". Une de ces rares personnes qui font le don de soi pour assister les désespérés aux quatre coins de la planète en essayant autant que faire se peut de porter la misère du monde sur leurs épaules. Une image du cofondateur de Médecins sans frontières à l'origine de sa notoriété qui a, depuis des lustres, franchi les limites territoriales de la France. Seulement, "le bon Dr Kouchner a mis la réputation que lui ont value ses engagements de jeunesse au service d'une quête effrénée de valeurs plus financières", relève Eric Conan, journaliste à Marianne, dans l'édition du 31 janvier au 6 février de cet hebdomadaire français.
En attendant que le docteur Kouchner défende son honneur, comme il le crie à hue et à dia depuis quelques jours, tout en s'accrochant à son poste de ministre, selon Pierre Péan, le principal terrain de chasse de Bernard Kouchner a été l'Afrique en général, la sous-région Afrique centrale en particulier. Il s'y est fait payer à des sommes astronomiques pour des menues consultations pour le compte de Imeda et Africa Steps, deux entreprises appartenant à ses proches, "en toute transparence et en toute légalité", comme l'a laissé entendre le patron de la diplomatie française devant le parlement français mercredi 4 février dernier. Selon Pierre Pean, "au Gabon, le montant des contrats passés par Imeda et Africa Steps est de 1 735 916 870F Cfa". Le travail à faire : des propositions pour la création d'une sécurité sociale et l'audit du système de santé gabonais.
Au Congo voisin, c'est à peine si on a revu les termes de référence. Les prestataires pour une étude sur le système de santé congolais, un projet d'assurance maladie et un autre sur la réhabilitation du Chu de Brazzaville sont également Imeda et Africa Steps. Le montant global du contrat signé dans le bureau de l'ambassadeur de France à Brazzaville est de 1,8 million d'euros (près de 1,2 milliard), avec 600 millions de francs Cfa d'acompte versés avant que la moindre prestation ne soit fournie. Voilà donc près de quatre milliards dépensés rien que pour çà par deux pays gâtés par la nature, avec un sous-sol riche en pétrole, mais donc la majorité de la population vit toujours en dessous du seuil de pauvreté et n'a même pas accès aux services de base (eau, électricité, santé, éducation…).
La misère du peuple, les leaders africains, particulièrement ceux d'Afrique centrale, n'en ont cure. Une seule chose à de l'importance à leurs yeux, avoir bonne presse dans les capitales occidentales, Paris en premier. Une quête où s'entremêle concussion, corruption, népotisme, affairisme dont les ramifications vont chercher jusqu'au sommet des Etats avec ce "mélange de genre" dont se défend l'icône Kouchner.
Pour rester sur la ligne des valeurs qu'il a toujours défendues publiquement, on se serait attendu à ce que ce dernier, mu par toutes les bonnes intentions qu'il professe, ramène "en toute transparence et en toute légalité" ses partenaires d'affaires (Omar Bongo Ondimba et Denis Sassou Nguesso), mêlés à tous les scandales de la Françafrique, à de meilleurs sentiments en leur rappelant tout le bien que l'argent payé à ces deux entreprises françaises, pour un ramassis de lapalissades, aurait pu faire à leurs pauvres compatriotes décimés par des maladies hydriques, parce que ne pouvant pas, même en zone urbaine, accéder à une eau acceptable pour la consommation.
Pour quoi avoir payé à prix d'or depuis les indépendances des sommes faramineuses pour la formation d'une élite intellectuelle locale si pour une étude à deux sous il faille recourir aux services de deux pelés et trois tondus dont l'agenda secret est d'adoubé toutes les forfaitures de ces présidents de république bananière qu'on brocarde mais dans la main desquels on mange ?
Bernard Kouchner, Robin des bois des temps modernes qui passait pour celui qui faisait la manche à la table des riches en essayant d'éveiller leur conscience sur la misère que vivent leurs semblables, afin de voler au secours des pauvres populations d'Afrique aurait donc mis en place l'organisation qui lui permet de condamner à la pauvreté extrême ces populations qui, avec ce type de pratique seront assistées ad-vitam-aeternam.
Il n'est pas différent de cette faune politique française, tous bords confondus, qui, depuis les années 60, se fend de déclarations enflammées sur la gouvernance et la démocratie et dont le caquet est rabattu depuis des décennies par des despotes qui ont cerné leur goût du lucre et leur égoïsme. C'est à se demander qui le maître et qui est l'esclave dans ce scenario. Bien qu'en définitive ce soient les pauvres populations africaines qui trinquent. Alors que c'est le sous-sol et le labeur de ce pauvre qui garnit la table du riche politique français qui, quand il est repu, consent à retourner ses restes de table au pauvre, abandonné à lui-même par ceux-là qui sont supposés défendre ses intérêts.