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Pensée du Jour

L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie.
Honoré FOIMOUKOM





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L'Afrique, le berceau du concept des "jeux Olympiques" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Jean-Philippe Omotunde   
30-09-2008
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Le jeune sprinter Usain Bolt a littéralement foudroyé les JO de Pékin en établissant le record des 100 m du 21ème siècle.
Les historiens occidentaux ont résolument choisi de conter l’histoire de l’humanité sur la base d’une approche historiographique eurocentriste que je qualifie de « Théorie des vases clos ». En effet, pour ces derniers, la Grèce s’est développée sans aller puiser chez ses voisins, les éléments de la civilisation. Pourtant, c’est bien du contraire, dont témoignent les intellectuels grecs de l’antiquité (Hérodote, Diodore de Sicile, Strabon…).

Ce choix ne peut s’expliquer que par un complexe d’infériorité que l’on cherche à masquer ou une « volonté de puissance » (théorie de Nietzche) que l’on veut affirmer via l’histoire humaine, quitte à falsifier les faits et à sombrer dans la mégalomanie et la mythomanie.

a) Importance de l’oracle de Delphes

Dans l’apparition des jeux d’Olympie en –776, l’oracle de Delphes joua un rôle majeur car c’est lui qui a eu cette idée. Or, le concept de recours aux oracles (qui étaient des femmes noires) est une pratique que les Grecs ont empruntée à l’Afrique noire.

Le plus ancien oracle de Grèce est, atteste l’historien grec Hérodote, l’oracle de Dodone utilisé par les Pélasges et qui fut à l’origine, le seul oracle existant en Grèce. Hérodote témoigne du lien de parenté de cet oracle avec l’Afrique noire de la sorte : « L’oracle de Thèbes en Égypte et celui de Dodone, ont entre eux beaucoup de ressemblances ».

Et il poursuit : « L’art de prédire l’avenir, tel qu’il se pratique dans les temples, nous vient aussi d’Égypte ; du moins est-il certain que les Égyptiens sont les premiers de tous les hommes qui aient établi des fêtes ou assemblées publiques, des processions, et la manière d’approcher de la Divinité et de s’entretenir avec elle : aussi les Grecs ont-ils emprunté ces coutumes des Égyptiens. Une preuve de ce que j’avance, c’est qu’elles sont en usage depuis longtemps en Égypte, et qu’elles n’ont été établies que depuis peu chez les Grecs ». [1]

Enfin, Hérodote rappelle encore que ce sont les Phéniciens qui ont enlevé deux oracles en Afrique (les fameuses colombes noires) dont une fut conduite en Grèce, où elle devint l’oracle fondatrice du temple de Dodone : « Et lorsqu’ils ajoutent que cette colombe était noire, ils nous donnent à entendre que cette femme était égyptienne », précise Hérodote qui par cette déclaration témoigne une nouvelle fois de l’origine africaine des Egyptiens anciens (la thèse historique des pharaons noirs de Nubie opposés à des pharaons blancs d’Egypte est, à la lumière de cet aveu d’un témoin oculaire, une formidable ineptie).

Cette femme africaine, qui devint oracle en Europe, participa à la diffusion de la culture philosophico-spirituelle africaine antique en Grèce. Ainsi, de nombreux rois d’Egypte prirent l’habitude de faire des offrandes aux oracles installés en Grèce et même d’y construire des monuments (autels, temples et autres) ou d’y faire des réparations, vu les liens culturels étroits entre les deux pratiques religieuses.

Il ne faut donc pas s’étonner si l’oracle de Delphes propose à Iphitos d’organiser une compétition sportive pour pacifier la Grèce en recourant aux puissantes valeurs sportives. C’était pour l’oracle une occasion à saisir pour enfin faire cesser les guerres entre les cités grecques pour un long mois.

Car l’Afrique qui avait depuis 3200 avant l’ère chrétienne, unifiée ses cités dans un vaste projet étatique sous l’impulsion d’un roi soudanais nommé Narmer, représentait l’unique modèle d’unité politique durant l’antiquité.

b) L’Afrique berceau des jeux sportifs

La vie courante en Afrique, depuis la naissance de l’homme moderne vers 200 000 avant l’ère chrétienne, reposait sur la pratique de nombreux sports de survie (chasse, pêche).

A cela, il convient de ne pas oublier que le mot « athlète », vient du grec « athlos » qui signifie « combattant ». Le grec athlon signifie « prix d’un combat, récompense », sous-entendant que l’athlète combat pour une récompense. [2]

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Noblesse kamite


Il n’est donc pas étonnant de retrouver les pratiques sportives en Afrique ancienne, dans les corps armées et dans la fonction royale. Le roi devant donner l’exemple (parfaite santé, parfaite condition physique, maîtrise de nombreux sports physiques), c’est donc dès le IVème millénaire avant l’ère chrétienne (Nagada II), que l’on voit apparaître en Afrique la notion d’athlète sportif.

La fête de Sed (ou fête du jubilé royal) organisée dès la trentième année de règne est un parfait exemple. C’est un rite typiquement africain durant lequel le roi doit prouver à ses sujets qu’il jouit d’une parfaite condition physique et est donc apte à diriger son royaume. Ainsi, pour la société africaine antique, condition physique et royauté allaient de pair. A cette occasion, des jeux sportifs étaient organisés (certains athlètes pouvaient aussi remplacer le roi) et même des défilés militaires du type « 14 juillet » actuel (c’est l’origine des défilés militaires. Rappelons que le service militaire, l’armée et les grades militaires actuels ont été inventés en Afrique ancienne. ) [3]



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Course rituelle de la reine Hatshepsout



La documentation historique africaine antique nous a légué diverses fresques murales dévoilant de nombreux rois représentés en pleine course rituelle (Djoser à Saqqarah (IIIème dynastie), Pépi 1er (VIème dynastie), Niouserrê (Vème dynastie) à Abou Ghorab, Osorkon II (XXIIème dynastie) dans le temple de Bastet à Bubastis). On peut voir encore ce rite dans la tombe de Khérouef, majordome de la reine Tiyi (sous Amenhotep III, XVIIIème dynastie). Une stèle d’Amenemhat II dévoile enfin les nombreux sports qu’il a pratiqué à son jubilé (tir à l’arc, équitation, chasse, pêche, course…).



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Scènes de compétition de lutte à Béni Hassan



La tombe de Beni Hassan qui date de – 2000 révèle encore les sports pratiqués en Afrique ancienne. On l’appelle d’ailleurs, la tombe des « Jeux olympiques égyptiens ». Ce n’est donc pas pour rien. Elle dévoile les activités sportives de la XIIe dynastie, dont les pratiques sont issues de la philosophie du pharaon Mentouhotep.

Parmi les sports ainsi pratiqués en Afrique ancienne, nous pouvons citer :

L’Athlétisme : la course était pratiquée depuis la période fondatrice. Une course de deux fois 50 km entre Memphis et l’oasis du Fayoum existait sous la XXVe dynastie (VIIe siècle av. J.-C.). En 8 h00, les participants bouclaient le trajet.

La Boxe : Dans la tombe de Khérouef, 6 boxeurs sont représentés en pagne et en position de combat.

La Lutte, sport africain par excellence. Représentée sur les murs de Benni-Hassan mais aussi sur la chaussée de la pyramide de Sahouré vers - 2500 et à Saqqarah dans la tombe de Ptahhotep vers - 2350.

La natation, présence du Nil oblige.

Les Courses de chars étaient aussi très appréciées des rois

L’Escrime : Cf. article dédié à Laura Flessel…

Le Tir à l’arc, sport africain par excellence (archers nubiens et égyptiens).

La gymnastique rythmique (avec lancé de balles), etc…


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Scène de Boxe (Afrique ancienne)




c) Témoigner de la vérité


L’apparition des « Palestres » en Grèce (ancêtre des gymnases où l’on pratiquait de nombreux sports, tels la lutte, le saut, la course…) est encore un emprunt direct de l’Europe à l’Afrique ancienne. L’historien grec Diodore de Sicile qui confirme que c’est l’africain Djehuty (appelé Thot par les Grecs) qui fut l’inventeur de la palestre, reconnait implicitement cet emprunt. Par conséquent, les Grecs ont donc vu les premières installations sportives de l’histoire en Afrique noire (palestres, pistes de courses, gradins, pistes de courses de chars...) (.

Mais le fait le plus probant est le suivant. En - 1190, le pharaon Ramsès III demanda à ses artistes de graver sur les parois du temple de Djémé (à savoir Médinet Habou [4], Haute Egypte), [5]une immense fresque dévoilant une vaste compétition sportive internationale (les JO de Djémé, - 1190) comportant déjà plusieurs disciplines, organisée par l’état pharaonique pour célébrer la victoire militaire sur les Libyens et instaurer la paix.



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Ramsès III organisateur des JO de Djémé en - 1190



Les athlètes de tous les pays alliés ou vassaux de l’Egypte furent invités en Afrique (à Thèbes) pour participer à ces jeux sportifs qui comportaient déjà règlements, arbitres, juges, gradins et spectateurs. [6]


1- L’historiographie occidentale sur les Jeux olympiques


Les « Jeux Olympiques » (ou JO) est le nom donné à une vaste compétition sportive internationale organisée tous les 4 ans et qui regroupe diverses disciplines et de nombreux athlètes venus des quatre coins du monde.

Scindée en « Jeux olympiques d’été » depuis 1896 et en « Jeux olympiques d’hiver » depuis 1924, cette compétition valorisée par le Baron Pierre de Coubertin à la fin du XIXème siècle et qui avait jusqu’à présent pour devise « citius, altius, fortius.. » , Plus vite, plus haut, plus fort.., [1] a pour l’occasion des JO de Pékin 2008, la devise : One world, One dream ! (un seul monde, un seul rêve).

Ainsi, pour les historiens occidentaux, l’humanité à du patienter jusqu’en –776, pour voir apparaître dans la Grèce antique, la première compétition sportive de tous les temps organisée à Olympie. Les sources d’inspiration des grecs, qui regroupent récits mythologiques et faits historiques, affectent aux personnages suivants l’initiative des jeux :

- Zeus, qui aurait vaincu Cronos à la lutte tandis qu’Apollon l’aurait emporté à la fois sur Arès au pugilat et sur Hermès dans une course (origine mythologique)

- Héraclès, qui aurait organisé la première course sur piste et couronné l’athlète vainqueur d’un rameau d’olivier sauvage, plante qu’il avait lui-même semée à Olympie (autre origine mythologique rapportée par Pausanias)

- Le roi Pélops qui aurait institué des Jeux pour expier les fautes de son épouse Hippodamie (En Grèce la région appelée « Péloponnèse » vient dit-on du nom de Pélops. C’est un autre récit mythologique rapporté entre autre par Pindar)

- Iphitos, roi d’Elide qui aurait remit à l’ordre du jour cette compétition en - 776.

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Athlète grec couronné




Les historiens s’accordent néanmoins pour situer dans la Grèce antique et plus exactement à Olympie (soit à 320 km à l’ouest d’Athènes), l’apparition des premiers jeux olympiques de l’histoire humaine, qui ne concernaient à cette époque reculée que les cités grecques.

Olympie était durant l’antiquité un vaste centre religieux implanté à l’ouest du Péloponnèse, dans la plaine de l’Elide , (sur la rive droite du fleuve Alphée, à moins d’une vingtaine de la ville de Pyrgos et non lion du Mont Cronion).

Là se trouvait une forêt sacrée appelée Altis (pour « Bois sacré ») au milieu de laquelle se trouvait un grand temple, à savoir l’Autel de Zeus, où se déroulait le culte de cette divinité primordiale de la Grèce ancienne. A cet endroit, d’autres temples (le Pélopion, le Métrôon, l’Héraion…) côtoyaient des installations sportives variées (stade, palestre, gymnase…) implantées au sein de la forêt d’oliviers sauvages.



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Site d’Olympie



Dans une Grèce en proie aux guerres constantes entre cités, le caractère sacré de l’Elide, permettait aux athlètes et au public de jouir d’une trêve d’un mois, le temps des jeux. Les Eléens ont cependant retenu officiellement la date de 776 avant l’ère chrétienne comme repère historique du calendrier olympique grecque, pour l’organisation des premiers jeux d’Olympie qu’ils attribuent finalement à Iphitos.

Cet Iphitos, roi d’Elide, eu l’idée des jeux après avoir consulté l’oracle de Delphes qui lui avait donné ce conseil pour faire cesser les querelles guerrières entre Grecs : « Protégez votre patrie, gardez-vous de la guerre, cultivez l’amitié commune entre les Grecs, aussi longtemps que dureront vos Jeux annuels ».

A ce propos, Pausanias [2]nous a légué le récit suivant : « Iphitos, descendant d’Oxylos, et contemporain de Lycurgue, qui donna des lois à Lacédémone, fit célébrer des jeux à Olympie, renouvela les fêtes olympiques et la trêve dont l’usage avait cessé » [3].

L’unique épreuve de ces premiers jeux, à savoir une course à pied dont les athlètes étaient totalement nus, fut remportée par un certain Coroebos, un jeune sportif qui était aussi cuisinier. On lui posa alors une couronne d’oliviers sauvages sur la tête.

Le calendrier olympique grec permit aussi aux Eléens de fixer dans le temps, la date des grands événements politiques ainsi que la tenue des registres des épreuves et des vainqueurs celles-ci dans lesquels Pausanias puisa de nombreuses informations. Les jeux d’Olympie prirent fin en 277 de l’ère chrétienne, soit 1053 ans après leur institution.

En conclusion….


On le voit bien, sur la base de toutes ces données historiques et pour bien d’autres encore que je dévoilerai dans mon futur ouvrage, on ne peut objectivement pas encenser la Grèce antique pour l’invention des compétitions sportives, dites « Jeux Olympiques ». Car les grecs ont bénéficié d’une source d’information africaine qu’il convient de révéler, par souci d’honnêteté. Cependant, ils ont été la courroie de transmission historique qui nous permet encore aujourd’hui, de célébrer ensemble, ces jeux sportifs.

La construction de nouvelles relations humaines entre les hommes ne pourra se faire sans l’abandon des vieux réflexes universitaires découlant de l’époque coloniale (dépréciation systématique de l’histoire de l’Afrique noire, glorification de l’histoire de l’Europe, falsifications historiques et mesquineries...).

Enfin, il est de la responsabilité des dirigeants africains, d’instaurer sur le continent un enseignement scolaire reposant sur les "Humanités Classiques Africaines" et une langue africaine commune si l’on veut que la notion d’indépendance africaine ait un sens. Toute autre décision relève de l’embrigadement colonialiste !

[1] Cf. Hérodote, Livre II.

[2] Le terme grec Athleta dérive des termes « combat, lutte »- Dico Littré.

[3] Cf. Cours de Wong Kem sur l’origine africaine des Arts Martiaux à l’Institut Africamaat.

[4] Le temple de Djémé témoigne de l’architecture de la fin du Nouvel Empire, initiée par Ramsès II

[5] Source : Scènes ornant le soubassement de la fenêtre d’apparition de la première cour. Cf. The University of Chicago Oriental Institute Publication. Medinet Habu I-VIII. 1930-1969.

[6] N’oublions pas que les Eléens ont d’ailleurs consulté les Egyptiens pour finaliser le règlement des jeux d’Olympie.

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