Pensée du Jour
L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie.
Honoré FOIMOUKOM
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Il y a 40, disparaissait tragiquement Martin Luther King Jr |
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Ecrit par radiocemac
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04-04-2008 |
 Martin Luther King Jr. Comme tout le monde, j'aimerais vivre longtemps. Mais ce n'est pas ce qui m'importe maintenant. Je veux simplement accomplir la volonté de Dieu. Et elle m'a permis d’aller au sommet de la montagne! J'ai regardé autour de moi, et j'ai vu la terre promise.
« Quand Martin Luther King junior a été assassiné, quelque chose est mort en chacun d'entre nous et quelque chose est mort en Amérique », estime John Lewis. Représentant de l’Etat de Géorgie, dans le sud des Etat-Unis, il est actuellement le seul membre du Congrès américain à avoir connu Martin Luther King. « Il a changé ma vie », estime, dans un entretien accordé à la correspondante RFI à Washington, Donaig Le Du, ce héros du mouvement des droits civiques. John Lewis compare les Etats-Unis du début des années 1960 à l’Afrique du Sud de l’apartheid : dans le sud du pays, Blancs et Noirs vont dans des écoles différentes, ils sont séparés dans les transports en commun. Des obstacles insurmontables empêchent les Noirs américains de s’inscrire sur les listes électorales.
Biographie de Martin Luther King.
Martin Luther King Jr est né le 15 janvier 1929 à Memphis dans le Tennessee. Il est fils et petit fils de pasteur (son grand-père et son père seront pasteurs de l’Ebenezer Baptist Church à Atlanta).
A l’âge de 15 ans, en 1944, il entre à l’université, plus précisément au Morehouse College d’Atlanta, une célèbre université noire aux Etats-Unis. Il choisit la sociologie comme dominante. A l’obtention de son diplôme en 1948, il entre au "Crozer Theological Seminary" pour suivre des études de théologie devant lui permettre de devenir pasteur. Diplômé du séminaire Crozer en 1951 avec la moyenne la plus élevée de sa classe, il obtient une bourse qui lui permet d’entrer à l’université de Boston afin d’y obtenir un doctorat. Il y rencontre sa future femme Coretta Scott qui est étudiante au Conservatoire. Martin Luther King reçoit son doctorat en théologie en 1955 (il a alors 26 ans) et devient pasteur de l’église baptiste de Dexter Avenue à Montgomery en Alabama.
King est à cette période déjà membre du comité exécutif de la NAACP (National Association for the Advancement of Coloured People) et un fervent partisan de la lutte des Noirs pour les droits civiques.
A la même époque, une jeune femme noire du nom de Rosa Parks est arrêtée à Montgomery pour avoir refusé de céder sa place à un blanc, allant à l’encontre des lois ségrégationnistes existant en Alabama. Martin Luther King rejoint le cortège des personnes qui la soutiennent.En effet, en décembre 1955, il accepte de diriger ce qui constitue la première grande manifestation non violente de l’histoire contemporaine effectuée par des Noirs aux Etats-Unis. Les manifestations prennent la forme d’un boycott qui dure 382 jours. Le 21 décembre 1956, après que la cour suprême ait déclaré anticonstitutionnelle la ségrégation dans les bus, Noirs et Blancs peuvent prendre les bus en tant qu’égaux. Martin Luther King acquiert une notoriété nationale pour son rôle dans la campagne.
En 1957, Martin Luther King est élu président de la Southern Christian Leadership Conference, une organisation créée dans le but de donner de nouveaux leaders au Mouvement des droits civiques alors bouillonnant aux Etats-Unis. Influencé par la philsophie de Ghandi (qu’il a découverte au séminaire Crozer), King fonde fonde son action sur la non-violence et visite l’Inde en 1959. Il améliorera plus tard sa compréhension de la stratégie non violente de Ghandi.
En 11 ans, entre 1957 et 1968, Martin Luther King parcourt plus de 9 millions de kilomètres et s’exprime publiquement plus de 2500 fois, pour combattre l’injustice, organiser des actions de protestation et montrer le pouvoir de la non-violence. Au cours de la même période, il écrit également 5 livres et de nombreux articles. Il dirige les protestations massives de Birmingham en Alabama (mars 1963) qui attirent l’attention du Monde entier : les confrontations entre des manifestants noirs non armés et les policiers armés de lances à incendie et lâchant les chiens sur les manifestants font la une des journaux du monde entier. Il organise la marche de Washington le 28 août 1963. Elle rassemble plus de 250 000 personnes devant lesquelles il démontre ses talents d’orateur et de visionnaire en prononçant l’un des discours les plus célèbres de l’histoire, "I have a dream" : Je rêve du jour où mes 4 enfants ne seront plus jugés par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur personnalité. Il s’entretient avec Kennedy et fait campagne pour Lyndon Johnson
En 1963, King est élu homme de l’année par le Time Magazine. Il n’est plus seulement un leader noir, mais une figure mondiale à l’image de Ghandi qui l’a inspiré. En 1965, à l’âge de 35 ans, Martin Luther King devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix.
Cependant, le leadership de King sur le mouvement des droits civiques est contesté : le message d’un Malcolm X, plus agressif, prônant l’auto-défense et le nationalisme noir est plus attractif auprès d’une partie de la population noire que l’appel à la non-violence. Martin Luther King subit également les critiques d’un des dirigeants du Black Panther Party, Stokely Carmichael qui le juge trop peu radical.
King ne subit pas seulement des critiques de la part de "radicaux" noirs. J Edgar Hoover, le puissant directeur du FBI qui le déteste utilise tous les moyens fédéraux à sa disposition pour lui nuire (espionnage par des agents du FBI, tentatives de chantage, manipulations...). Les prises de position de Martin Luther King contre la guerre du Vietnam conduisent également à des relations tendues entre lui et l’administration Johnson.
A la fin de l’année 1967, King initie la "Poor People Campaign" qui doit mettre l’accent sur les problèmes économiques qui n’ont pas été abordés lors de la première phase de la lutte pour les droits civiques. Le 4 avril 1968, alors qu’il s’est rendu à Memphis afin de soutenir des grévistes, il est assassiné sur le balcon d’un Motel. Il est âgé de seulement 39 ans. Il avait la veille évoqué sa mort dans un de ses discours. Sa veuve sera accompagnée par tous les leaders des Etats-Unis (excepté Hoover, le patron du FBI qui fit la même chose qu’au lendemain de la mort de Kennedy : il alla jouer aux courses) lors des funérailles suivies par plus de 150 000 personnes.
Différentes hypothèses ont été émises au sujet de la mort de Martin Luther King.
Toutefois, selon le journaliste Anthony Summers dans un livre au titre évocateur, ("Hoover, le plus grand salaud d’Amérique"), si aucune certitude ne permet d’impliquer directement le FBI, il est probable qu’il ait appris que King risquait d’être tué, mais n’ait rien fait pour empêcher l’assassinat.
En à peine 39 ans, Martin Luther King est devenu une des personnalités les plus marquantes du 20è siècle.
Discours prononcé par Martin Luther King le 28 Août 1963 lors de la marche de Washington
Je suis heureux de me joindre à vous aujourd’hui pour participer à ce que l’histoire appellera la plus grande démonstration pour la liberté dans les annales de notre nation.
Il y a un siècle de cela, un grand Américain qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre Proclamation d’Emancipation. Ce décret capital se dresse, comme un grand phare illuminant d’espérance les millions d’esclaves marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce décret est venu comme une aube joyeuse terminer la longue nuit de leur captivité.
Mais, cent ans plus tard, le Noir n’est toujours pas libre. Cent ans plus tard, la vie du Noir est encore terriblement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans plus tard, le Noir vit à l’écart sur son îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Cent ans plus tard, le Noir languit encore dans les coins de la société américaine et se trouve exilé dans son propre pays.
C’est pourquoi nous sommes venus ici aujourd’hui dénoncer une condition humaine honteuse. En un certain sens, nous sommes venus dans notre capitale nationale pour encaisser un chèque. Quand les architectes de notre République ont magnifiquement rédigé notre Constitution de la Déclaration d’Indépendance, ils signaient un chèque dont tout Américain devait hériter. Ce chèque était une promesse qu’à tous les hommes, oui, aux Noirs comme aux Blancs, seraient garantis les droits inaliénables de la vie, de la liberté et de la quête du bonheur.
Il est évident aujourd’hui que l’Amérique a manqué à ses promesses à l’égard de ses citoyens de couleur. Au lieu d’honorer son obligation sacrée, l’Amérique a délivré au peuple Noir un chèque en bois, qui est revenu avec l’inscription “ provisions insuffisantes ”. Mais nous refusons de croire qu’il n’y a pas de quoi honorer ce chèque dans les vastes coffres de la chance, en notre pays. Aussi, sommes-nous venus encaisser ce chèque, un chèque qui nous donnera sur simple présentation les richesses de la liberté et la sécurité de la justice.
Nous sommes également venus en ce lieu sacrifié pour rappeler à l’Amérique les exigeantes urgences de l’heure présente. Ce n’est pas le moment de s’offrir le luxe de laisser tiédir notre ardeur ou de prendre les tranquillisants des demi-mesures. C’est l’heure de tenir les promesses de la démocratie. C’est l’heure d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale. C’est l’heure d’arracher notre nation des sables mouvant de l’injustice raciale et de l’établir sur le roc de la fraternité. C’est l’heure de faire de la justice une réalité pour tous les enfants de Dieu. Il serait fatal pour la nation de fermer les yeux sur l’urgence du moment. Cet étouffant été du légitime mécontentement des Noirs ne se terminera pas sans qu’advienne un automne vivifiant de liberté et d’égalité.
1963 n’est pas une fin, c’est un commencement. Ceux qui espèrent que le Noir avait seulement besoin de se défouler et qu’il se montrera désormais satisfait, auront un rude réveil, si la nation retourne à son train-train habituel.
Il n’y aura ni repos ni tranquillité en Amérique jusqu’à ce qu’on ait accordé au peuple Noir ses droits de citoyen. Les tourbillons de la révolte ne cesseront d’ébranler les fondations de notre nation jusqu’à ce que le jour éclatant de la justice apparaisse.
Mais il y a quelque chose que je dois dire à mon peuple, debout sur le seuil accueillant qui donne accès au palais de la justice : en procédant à la conquête de notre place légitime, nous ne devons pas nous rendre coupables d’agissements répréhensibles.
Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant à la coupe de l’amertume et de la haine. Nous devons toujours mener notre lutte sur les hauts plateaux de la dignité et de la discipline. Nous ne devons pas laisser nos revendications créatrices dégénérer en violence physique. Sans cesse, nous devons nous élever jusqu’aux hauteurs majestueuses où la force de l’âme s’unit à la force physique.
Le merveilleux esprit militant qui a saisi la communauté noire ne doit pas nous entraîner vers la méfiance de tous les Blancs, car beaucoup de nos frères blancs, leur présence ici aujourd’hui en est la preuve, ont compris que leur destinée est liée à la nôtre. L’assaut que nous avons monté ensemble pour emporter les remparts de l’injustice doit être mené par une armée bi-raciale. Nous ne pouvons marcher tout seul au combat. Et au cours de notre progression il faut nous engager à continuer d’aller de l’avant ensemble. Nous ne pouvons pas revenir en arrière.
Il y a des gens qui demandent aux militants des Droits Civiques : “ Quand serez-vous enfin satisfaits ? ” Nous ne serons jamais satisfaits aussi longtemps que le Noir sera la victime d’indicibles horreurs de la brutalité policière. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos corps, lourds de la fatigue des voyages, ne trouveront pas un abri dans les motels des grandes routes ou les hôtels des villes.
Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que la liberté de mouvement du Noir ne lui permettra guère que d’aller d’un petit ghetto à un ghetto plus grand. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps que nos enfants, même devenus grands, ne seront pas traités en adultes et verront leur dignité bafouée par les panneaux “ Réservé aux Blancs ”. Nous ne pourrons être satisfaits aussi longtemps qu’un Noir du Mississippi ne pourra pas voter et qu’un Noir de New-York croira qu’il n’a aucune raison de voter. Non, nous ne sommes pas satisfaits et ne le serons jamais, tant que le droit ne jaillira pas comme l’eau, et la justice comme un torrent intarissable.
Je n’ignore pas que certains d’entre vous ont été conduis ici par un excès d’épreuves et de tribulations. D’aucuns sortent à peine d’étroites cellules de prison. D’autres viennent de régions où leur quête de liberté leur a valu d’être battus par les orages de la persécution et secoués par les bourrasques de la brutalité policière. Vous avez été les héros de la souffrance créatrice. Continuez à travailler avec la certitude que la souffrance imméritée vous sera rédemptrice.
Retournez dans le Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Caroline du Sud, retournez en Georgie, retournez en Louisiane, retournez dans les taudis et les ghettos des villes du Nord, sachant que de quelque manière que ce soit cette situation peut et va changer. Ne croupissons pas dans la vallée du désespoir.
Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”.
Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Georgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve qu’un jour, même l’Etat du Mississippi, un Etat où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.
Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve qu’un jour, même en Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fédérales, que là même en Alabama, un jour les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair.
Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud.
Avec cette foi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance. Avec cette foi, nous serons capables de transformer les discordes criardes de notre nation en une superbe symphonie de fraternité.
Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de défendre la cause de la liberté ensemble, en sachant qu’un jour, nous serons libres. Ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter ces paroles qui auront alors un nouveau sens : “ Mon pays, c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où sont morts mes pères, terre dont les pèlerins étaient fiers, que du flanc de chacune de tes montagnes, sonne la cloche de la liberté ! ” Et, si l’Amérique doit être une grande nation, que cela devienne vrai.
Que la cloche de la liberté sonne du haut des merveilleuses collines du New Hampshire !
Que la cloche de la liberté sonne du haut des montagnes grandioses de l’Etat de New-York !
Que la cloche de la liberté sonne du haut des sommets des Alleghanys de Pennsylvanie !
Que la cloche de la liberté sonne du haut des cimes neigeuses des montagnes rocheuses du Colorado !
Que la cloche de la liberté sonne depuis les pentes harmonieuses de la Californie !
Mais cela ne suffit pas.
Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Stone de Georgie !
Que la cloche de la liberté sonne du haut du mont Lookout du Tennessee !
Que la cloche de la liberté sonne du haut de chaque colline et de chaque butte du Mississippi ! Du flanc de chaque montagne, que sonne le cloche de la liberté !
Quand nous permettrons à la cloche de la liberté de sonner dans chaque village, dans chaque hameau, dans chaque ville et dans chaque Etat, nous pourrons fêter le jour où tous les enfants de Dieu, les Noirs et les Blancs, les Juifs et les non-Juifs, les Protestants et les Catholiques, pourront se donner la main et chanter les paroles du vieux Negro Spiritual : “ Enfin libres, enfin libres, grâce en soit rendue au Dieu tout puissant, nous sommes enfin libres ! ”.  250.000 personnes se sont déplacées à Washington
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Dernière mise à jour : ( 04-04-2008 )
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