 L'artiste engagée Brigitte Rabarijaona Peintre d'origine malgache, Brigitte Rabarijaona fait parti des ces femmes engagées qui ne reculent devant rien pour denoncer les injustices de ce monde. De voyage en Martique pour rendre un dernier hommage à Aimé Césaire, elle a souhaité faire partager ses émotions sur la base de ce qu'elle a vécu.
« La Martinique a perdu le meilleur de ses fils » a dit M. Pierre Aliker, le compagnon de toujours de M. Aimé Césaire, en ouvrant son oraison pour l’homme poétique, politique et humain tout simplement.
Artsite peintre à mes heures perdues, je suis allée à la rencontre de l’homme politique en 2006, j’ai connu un père. Ma dernière exposition, le 10mars dernier, je l’ai dédiée à M. Aimé Césaire ainsi qu’à Son Excellence M. Nelson Mandela, Ancien Président de la République d’Afrique du Sud.
Je suis allée accompagner M. Aimé Césaire pour son dernier voyage, j’ai connu les martiniquais.
J’ai été frappée par la ferveur, l’amour et le respect qu’ils ont témoigné au dernier chantre de la Négritude.
Du vendredi soir au dimanche, ils étaient là, une foule, sous la pluie, sous le soleil, respectueuse et passionnée. Merci aux Martiniquais pour ce témoignage.
Ce témoignage ne peut être que la preuve irréfutable, tout au long des 56 années de direction de la Mairie de Fort-de-France, de la fidélité du « père », ainsi que celle de ses collaborateurs, à leur éthique rappelée par
M. Aliker : « Ne jamais permettre que l’intérêt général soit noyé dans les eaux glacées des intérêts privés ».
M. Serge Letchimy, Député-Maire de Fort-de-France, a souligné dans sa sincère et brillante oraison pour « Césaire aimé » : « C’est l’hommage d’un peuple, le peuple martiniquais, à un homme bon, généreux, intègre, incorruptible .
…Oui tu nous as incités … à trouver le moyen d’avancer sans renoncer à rien, et sans rien perdre de la nécessité de se mettre tous ensemble au travail jusqu’à l’autonomie la plus large, jusqu’à notre pleine autorité.
… Et en cette triste époque où des peuples entiers, affamés par le libéralisme, sont acculés aux émeutes désespérées pour obtenir du riz, du mil, du soja ou du blé, où l’Afrique et tous les nègres du monde souffrent et gémissent encore, nous avons plus que jamais besoin de toi, plus que jamais besoin de ce que la Négritude comporte d’indépassable et même d’indispensable. Aimé Césaire
Le monde a plus que jamais besoin de toi, et plus que jamais ton verbe et ta pensée seront nos armes miraculeuses !
Aimé Césaire, comme tu le disais toi-même à propos de Delgrès, à mon tour « je te clame, et à mon tout vent futur, toi buccinateur d’une lointaine vendange. Merci Aimé Césaire »…
Une dame anonyme, Louis-Thérèse MARTHE : « Aimé, tu as porté ton prénom, cela n’était pas par hasard. Parce que tu t’es fait aimé par le bas peuple, quelle que soit leur nationalité. Ton peuple martiniquais s’est manifesté à chaque élection, tu lui as donné de l’amour, tu lui a témoigné de l’affection par tes mots tendres et ta simplicité. Beaucoup n’ont pas compris ta rage d’écrire pour dire ce qui ne va pas dans la société. Ce n’était pas avec de grands discours mais culturellement : en offrant aux jeunes des salles de sport, de danse, de tambour …Tu as aussi payé des études à ceux qui n’en avaient pas les moyens ».
Belya pour Césaire ! (" Bravo Césaire !" en langue créole).
Mandria am-pahalemana, M. Césaire. ("Reposez en paix, M. Césaire" , en malagasy)
Comme l’a dit M. Pierre Aliker : « Les spécialistes des questions martiniquaises, ce sont les Martiniquais! »
J’ai aperçu un certain tricolore rouge vert et noir. Je salue la nation martiniquaise, mes vœux de réussite.
Brigitte Rabarijaona.
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