L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Cameroun - Pauline Etet : Meilleure scénariste d’Afrique centrale
Ecrit par Ngo Ngouem (Stagiaire)
12-06-2008
La grande gagnante aux Ecrans noirs parle de son adaptation de L’enfant de la révolte muette.
Votre scénario a été primé meilleur scénario d’Afrique centrale aux derniers Ecrans noirs. Que représente cette récompense à vos yeux ?
Je peux dire que ce prix est la reconnaissance de tout ce que j’ai pu engranger comme expérience, comme formation par rapport au cinéma et au scénario dont je fais l’une de mes spécialités.
A quoi faites-vous allusion quand vous parlez de formation ?
J’ai passé plusieurs années à être formée. J’ai été d’abord formée à travers les classes de cinéma dans le cadre du festival Ecrans noirs. Ensuite, j’ai suivi plusieurs stages à travers le monde. En réalité, les ateliers servent de catalyseurs. C’est une initiation et une prise de contact avec un métier. Ils sont importants dans la mesure où on les utilise après. J’ai suivi des ateliers de formations, fais des stages, c’est vrai. Mais j’ai continué en lisant des bouquins, en cherchant sur Internet quelles sont les théories qui existent sur le scénario et la production. C’est la combinaison de tout ceci qui, à mon avis, m’a hissée au niveau où je suis.
Votre scénario, Révolte muette, est une adaptation du roman L’enfant de la révolte muette du Général Camille Nkoa Atenga. Pourquoi avoir choisi cette œuvre?
C’est un livre qui a été au programme des enseignements secondaires pendant longtemps. Pendant les années lycée, on découvre beaucoup de choses et on est plus ou moins impressionné. C’est une histoire qui m’avait particulièrement touchée parce qu’elle décrivait une réalité que j’étais très loin d’imaginer. Quand je dis réalité, c’est par rapport à mon imagination, à mon expérience de jeune fille et à la vie que je voyais mener autour de moi. La rencontre avec cette histoire a donc été un choc pour moi. Cela m’a touchée au point où, le jour où j’ai justement vu le concours d’Etonnant scénario, un concours qui concerne l’adaptation de romans pour le cinéma, ma proposition a été tout de suite L’enfant de la révolte muette.
Est-ce votre premier scénario ?
En réalité, j’ai déjà écrit une mini série de treize épisodes sur laquelle je suis en train de faire la production exécutive. Révolte muette sera mon premier long métrage. Je ne peux rien dire pour le moment concernant ce long métrage. Mais sans rien dévoiler, je peux dire que les fans du livre seront servis.
Que prévoyez-vous pour la suite de votre carrière ?
La carrière d’un cinéaste, c’est de faire des films. Depuis 2006, Le réalisateur du film, Théophile Ngwé II et moi avons commencé l’adaptation du roman. Nous avons passé trois semaines à Bamako dans le cadre d’Etonnant scénario. Trois semaines pendant lesquelles nous avons travaillé sur cette adaptation. Il y a une résidence d’écriture qui va nous permettre, le réalisateur et moi, de parfaire le scénario. Révolte muette a été primé aux Ecrans noirs comme meilleur scénario d’Afrique centrale. Maintenant, je vais le mettre en production et Théophile Ngwé II va le réaliser. Nous espérons que nous y arriverons. La suite, c’est de faire d’autres films. www.quotidienmutations.info