L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Cameroun - Gilberta Odile Ngaska : L’envoyée de Dieu auprès des artistes
Ecrit par Dorine Ekwè
10-06-2008
Chanteuse de musique religieuse, la présidente du Conseil d’administration de la Socam est également animatrice radio.
En mars 2007 elle affirmait, plus sérieuse que jamais chez nos confrères du magazine Situations, qu’elle était l’envoyée de Dieu. Evoquant le domaine de la gestion du droit d’auteur au Cameroun Gilberta Odile Ngaska estimait que cela fait “partie de ces attitudes où la vertu a disparu. Comment voulez-vous qu’une seule personne soit égoïste au point de tout vouloir et de refuser de partager avec les artistes pour leur donner leur part. […] Et une des causes fondamentales de cela est que la crainte de Dieu a disparu des cœurs”.
Emportée dans un tourbillon de réunions et de consultations depuis son élection dimanche dernier au poste de présidente du Conseil d’administration de la Société civile camerounaise de l’art musical (Socam), Gilberta Odile Ngaska elle n’a pu nous confier l’impulsion qu’elle souhaite désormais donner au droit d’auteur chez les musiciens. Chez ses partisans toutefois, il ne fait pas de doute que cette femme qui a “la crainte de Dieu”, pourra bel et bien ramener de l’ordre dans la corporation des musiciens. Goguenards, ses détracteurs la mettent au défi de parvenir à quoi que ce soit.
Nièce de feu Jean Zoa, l’archevêque de Yaoundé décédé le 20 mars 1998, Odile Ngaska est présentée, à 56 ans, comme la pionnière de la musique religieuse d’ambiance au Cameroun. Un genre musical dans lequel elle n’a pas toujours évolue. Dalida et Sylvie Vartan, sont entre autres des chanteuses dont elle a régulièrement interprété des chansons avant de se lancer dans la musique religieuse en 1996. Date à laquelle elle sort son tout premier album avec pour titre phare : “Dieu tout-puissant”. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la mutation ne s’est pas faite spontanément: “J’ai passé mon enfance avec une grand-mère qui aimait beaucoup la prière. J’avais alors comme une quête intérieure et j’étais tout le temps malade. J’ai fait le tour des plus grands cabinets médicaux du pays. C’est comme cela que je me suis retrouvée à la recherche de ce Dieu là qui serait capable de résoudre mon problème” confiait-elle alors dans Situation du 02 mars 2007.
Appelée à chanter dans plusieurs chorales au Cameroun et aux Etats-Unis où ce professeur certifié a migré pendant quelques années, elle revient au Cameroun avec son album et signe une nouvelle ère dans la musique chrétienne qui devient un peu plus rythmée. Comme elle l’a souvent dit à propos de son élection à la tête de la Socam, elle confie: “Je me suis sentie comme une envoyée de Dieu pour donner cet autre son de cloche. Pour éveiller les consciences par rapport à toutes les pressions que nous subissons dans la vie de tous les jours”.
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Epouse de Jean Stéphane Mbiatcha, le secrétaire exécutif de Synergies africaines contre le sida et les souffrances avec qui elle est mariée depuis 27 ans, Odile Ngaska que l’on présente souvent comme pasteur est également animatrice d’une émission radio : “Parfum d’adoration”. Elle précise: “On m’a ordonné psalmiste qui est celui qui chante les louanges à Dieu. On m’appelle également pasteur dans le sens de berger.
J’ai une grande chorale qui regroupe une vingtaine de personnes, venant de diverses dénominations chrétiennes. C’est cela mon objectif, mon rêve. C’est peut-être à ce titre-là qu’on m’appelle pasteur”. Enthousiaste, la “bergère” pourra-t-elle ramené le calme et la cohésion au sein des artistes musiciens? Optimiste, elle confiait encore samedi, au cours de l’assemblée générale qui l’a portée à la tête de la Socam: “Je peux dire sans risque de me tromper que sous ma houlette, la musique camerounaise en général et le musicien camerounais en particulier a déjà retrouvé ses lettres de noblesse”. Son enthousiasme n’est pas partagé par tous. Les artistes de l’art musical attendent avec impatience la direction que prendra la nouvelle équipe après les tumultes vécus jusque-là www.quotidienmutations.info