L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Zone CFA: l'hypothèse de la dévaluation du franc CFA écartée pour l'instant
Ecrit par AFP
19-11-2008
Croissance révisée à la baisse, diminution des recettes, baisse prévue de l'aide publique au développement: les 15 pays africains de la Zone Franc sont touchés par la crise économique mondiale mais une dévaluation du franc CFA, leur monnaie commune, est écartée pour l'instant.
"Les entrées de ressources ont baissé, c'est certain: côté recettes d'exportation, côté APD (aide publique au développement) et ce malgré les dénégations des uns et des autres", a indiqué le gouverneur de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest (BCEAO) Philippe-Henri Dacoury-Tabley.
"Il est évident que l'aide publique au développement va baisser", a-t-il insisté lors d'une conférence de presse mardi à Dakar au siège de la BCEAO, la Banque centrale de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa, 8 pays).
Ces derniers jours, la France a répété qu'elle maintiendrait son aide publique à l'Afrique en dépit de la crise économique mondiale, assurant même qu'elle serait "en augmentation de 2,5% en 2009".
Mais plusieurs ONG, notamment Oxfam France, ont en revanche récemment affirmé, sur la base de documents internes, que la France s'apprêtait à renoncer à certains financements portant sur des projets en Afrique subsaharienne.
En plus d'une diminution attendue de l'aide publique au développement, "les rapatriement des migrants vont baisser", a poursuivi le gouverneur de la BCEAO. "Il nous faut faire des évaluations précises pour savoir quel sera le niveau de baisse. Ce qui est certain, c'est que cela va se faire", a-t-il précisé.
Les transferts financiers des migrants sont particulièrement importants au Sénégal et au Mali, deux pays ayant une ancienne et forte tradition d'émigration et où ces transferts, qui font vivre des familles entières, sont supérieurs à l'APD reçue.
Par contre, "étant donné notre faible implication dans le secteur financier international, nous ne sommes pas touchés" par la crise financière, a rappelé le gouverneur.
En conséquence, "nous ne sommes pas encore dans la perspective d'une dévaluation", a-t-il lancé. "Notre monnaie se porte bien et nous n'envisageons pas du tout, mais alors pas du tout, l'éventualité d'une dévaluation" du Franc CFA, lié à l'euro par un système de parité fixe, a-t-il assuré.
En 1994, la dévaluation de 50% du franc CFA, alors qu'il était rattaché au franc français, avaient relancé un temps les économies des pays exportateurs mais traumatisé les populations en raison du renchérissement des produits importés.
Mais si l'Afrique de l'ouest souffre, le choc de la crise arrive en Afrique centrale amorti par l'épais matelas des pétrodollars.
La crise, notamment la chute du prix du baril, "aura un impact sur les recettes budgétaires de nos Etats mais c'est un impact qui ne mettra pas les soldes budgétaires en déficit. Il y a une marge", a relevé le gouverneur de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) Philibert Andzembé.
"L'année dernière, tous les budgets prévus étaient sur la base d'un baril à 71 dollars. C'est donc un bon surplus qui a été, dans le cadre des fonds souverains, placés au niveau de la Banque centrale" de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cémac, 6 pays), selon lui.
Les perspectives de croissance ont toutefois été revues à la baisse: "Nous étions pour 2008 à 5,8% jusqu'au premier semestre. Mais compte tenu de la crise financière, nous avons révisé nos perspectives de croissance à 5,3% pour 2008 et 4% pour l'année 2009", a indiqué le gouverneur de la BEAC.
Pour l'Uémoa, l'estimation de croissance est de 4,4% pour 2009 et 3,9% pour 2008. Fin septembre, l'Uémoa avait baissé de 0,5 point son estimation par rapport à juin (4,4%). La Zone Franc regroupe l'Uémoa, la Cémac et les Comores.