L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Vincent Bolloré inculpé au Cameroun pour une sombre affaire de corruption
Ecrit par Jean Marc Soboth
16-10-2008
Vincent Bolloré
Hier, 14 octobre 2008, le juge Ibrahima Abba du tribunal de grande instance du Wouri (Douala) a finalement émis une convocation à l'intention de Vincent Bolloré dans le cadre d'une plainte contre X introduite par le président du groupe Progosa, Jacques Dupuydauby, pour corruption et favoritisme", d'après des sources judiciaires. Cette convocation intervient après une déposition, il y a quelque temps, de M. Dupuydauby dans l'information judiciaire ayant trait à la concussion présumée dans le processus de mise en concession du terminal à conteneurs du Port autonome de Douala (Pad), il y a environ cinq ans, sous la houlette d'experts" de la Banque Mondiale.
Cette convocation, adressée au patron du groupe Bolloré à son domicile de la 54ème avenue des Tilleuls à Montonency dans le 16ème arrondissement parisien, intervient après une autre, datant du 08 septembre 2008, à l'intention de la plupart des responsables du groupes en service au Cameroun à l'époque des faits. Il s'était agi, en l'occurrence, de Michel Albert Roussin, ancien ministre et vice-président du groupe, et autres responsables régionaux ou nationaux, dont Georges Cognon, directeur Afrique, Daniel Charrier, Eric Melet, Gilles Alix...
Les concernés, parmi lesquels on compte aujourd'hui des retraités, n'avaient guère déferré à la convocation du juge camerounais malgré une promesse faite dans cette optique par leurs conseils. Aujourd'hui, "les juges camerounais ne rêvent pas de voir déferrer Vincent Bolloré qui est connu comme un ami du chef de l'Etat Paul Biya, et surtout du chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy", a indiqué une source judiciaire. "Il n'en demeure pas moins que la justice va suivre son cours".
D'après une opinion proche du dossier, la question du processus de mise en concession du terminal à conteneurs du Port camerounais comporte,en effet,en sus de l'infraction de corruption et favoritisme présumés, "de nombreuses entorses procédurales pouvant entraîner sa nullité , notamment le fait de "n’avoir pas , dans le cadre des consultations, respecté les dispositions du code des marchés en vigueur, en particulier dans le rôle de l'Agence de régulation des marchés publics (Armp).
Le groupe Bolloré n'a pas émis de commentaires au sujet de cette nouvelle évolution judiciaire. Le groupe Progosa s'est, a contrario, dit "très satisfait que l'instruction ait été bien faite, non pas parce qu'on nous ait donné raison", mais parce "l'instruction a montré qu'elle a une meilleure connaissance du dossier qu'auparavant".