L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Les chefs d’Etats des six pays membres de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) ont pris part le 30 janvier à Libreville au sommet extraordinaire de la communauté. La sécurité, la santé, l’éducation et l’agriculture étaient à l’ordre du jour de ces assises, qui devaient également faire le point sur la mise en œuvre des recommandations du dernier sommet en juin dernier à Yaoundé.
Les cortèges se sont succédés dans la matinée du 30 janvier dernier pour l’arrivée à Libreville des chefs d’Etats de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) qui se sont réunis dans la même journée pour le sommet de la communauté sous régionale, qui s’est déroulé à huis clos au Palais présidentiel du bord de mer.
Les présidents congolais, Denis Sassou Nguesso, équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, de République démocratique du Congo, Joseph Kabila, ainsi que le président camerounais Paul Biya, dont la venue avait été remise en doute, ont rejoints à Libreville leurs homologues gabonais, Bongo Ondimba, et centrafricain François Bozizé, qui était arrivé la veille pour accueillir ses pairs en sa qualité de président en exercice de la CEMAC.
La tenue de ce sommet extraordinaire a été initialement suggérée par le président de RDC Joseph Kabila pour aborder les questions relatives à l’instabilité sociopolitique qui persiste dans son pays.
Très vite, les projets prioritaires pour les pays de la sous région se sont ajoutés à l’ordre du jour, comme celui de la création de la compagnie aérienne sous régionale Air CEMAC pour le renforcement de l’intégration sous-régionale tant attendue pour le développement socio économique en Afrique centrale.
La situation financière de la sous région devait également occupé une place importante dans les discussions, notamment suite aux déboires de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) consécutifs à des placements douteux initiés par le gouverneur de la banque, Philibert Andzembé, qui joue sa place à ses assises.
Un conseil de ministres a été organisé le 29 janvier dernier pour préparer les assises. Ces travaux préparatoires ont permis d’ajouter quatre points à l’ordre du jour du sommet, notamment la préparation de la 28e réunion ministérielle du comité consultatif permanent des Nations Unies sur la question de sécurité en Afrique centrale qui aura lieu rencontre du 23 au 27 mars prochain à Libreville ; la réunion des gestionnaires nationaux de programmes élargis de vaccinations en Afrique Centrale prévue aux mêmes échéances ; la réunion préparatoire à la conférence internationale sur l'éducation des adultes qui se déroulera à Lyon, en France, du 8 au 14 février prochains, ainsi que la situation du secteur de l’hévéa dans la sous région, qui a gravement pâtie des retombées de la crise financière sur le secteur de la construction automobile.
Cette rencontre devait également permettre aux chefs d’Etats de faire le point sur le mise en œuvre des recommandations du dernier sommet ordinaire de la CEMAC qui s’était déroulé en juin dernier à Yaoundé, au Cameroun.
Ces précédentes assises avaient permis d’aborder les questions de réforme monétaire, de création effective d’Air CEMAC, de la libre circulation des personnes et des biens, et de l’entrée en vigueur en janvier 2010 du nouveau passeport CEMAC.
Les chefs d’Etats avaient notamment appelé au renforcement des capacités de sécurité dans les pays membres ; de la mise en place d’un comité ad hoc pour la mise en service de la compagnie aérienne sous régionale Air CEMAC avec mandat de prendre attache avec toutes les compagnies d'envergures pour sceller des partenariats ; l’utilisation des 438 milliards de francs CFA de la Banque africaine de développement pour la réalisation d'infrastructures routières, l'amélioration de la santé des populations, la recherche agricole, les infrastructures énergétique et la promotion de la bonne gouvernance.
Cette rencontre extraordinaire de Libreville devait donc permettre de faire le point sur l’exercice à mi parcours du président centrafricain à la tête de l’institution sous régionale.