L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Cameroun: entre patriotisme économique et mondialisation
Ecrit par Léger Ntiga
15-04-2009
Le concept a été révélé au grand jour, à la faveur de l'invasion des marchés occidentaux par des produits chinois. C'était à la fin de 2005. Alors que les pays émergents parmi lesquels la Chine, criaient au scandale. Pour ce groupe pays en effet, la rhétorique économique dont faisaient alors preuve les pays industrialisés d'Europe et d'Amérique, n'était, dans la pratique, autre chose que, du protectionnisme. Sur la même lancée, pendant de nombreuses décennies, des dissidences et dissonances, ont caractérisées les relations entre les pays d'Europe de l'Ouest et les Etats-Unis notamment au sujet des subventions accordées aux exploitations agricoles.
Ce qui est vrai dans ce monde riche et industrialisé, ne l'est pas en Afrique et de manière singulière, au Cameroun. Surtout pas pour la Société camerounaise des tabacs (Sct), qui, à la suite de sa faillite constatée au milieu des années 80, a été abandonnée par les pouvoirs publics. Face à la dégradation de son patrimoine notamment physique, des populations locales dans la région de l'Est et du Centre, se sont organisées en fédération pour redonner vie à la production du tabac. Ainsi est née la Fédération des producteurs des tabacs et autres cultures vivrières du Cameroun (Fptacvc). A leur grand désagrément cependant, elles vivront les tourments de la concurrence déloyale de certains groupes américains bénéficiant pourtant de subventions.
Comme si les lois du commerce mondial ne s'appliquent que dans les limites des territoires occidentaux et non en post colonie. Plus grave, Dans cette sorte de jungle qu'est le secteur camerounais du tabac, bien que subventionnées à coups de millions de dollars, les opérateurs nord américains n'hésitent pas à prétendre aux fonds Ppte pourtant en principe, prioritairement accordés aux projets d'envergure nationale. Sur les deux milliards alloués au secteur du tabac dans ce cadre, les 3500 adhérents de la Fédération des producteurs des tabacs et autres cultures vivrières du Cameroun vivent ainsi la peur dans le ventre.
Ils redoutent qu'il ne leur soit accordé que l'infime partie de l'enveloppe consacrée aux projets agricoles relevant du secteur du tabac au titre du financement Ppte. Le désarroi de ces créateurs de richesse qui ont par le passé goûté aux délices du chômage, du pillage et de l'abandon, est de faire face de manière impuissante à une rude concurrence déloyale sans la protection des autorités camerounaises. Ailleurs, l'on voit bien comment le président français, Nicolas Sarkozy se met au "front", pour décrocher des contrats aux différents groupes de son pays à l'étranger. L'on ne demande aux pouvoirs publics ici, que de leur brandir en retour, le "patriotisme économique".