L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Cameroun-Nigeria : une route pour dépasser Bakassi
Ecrit par Mamadou Lamine Diatta, Dakar
17-06-2009
Le Cameroun et le Nigeria ont tourné la page de leur différend sur Bakassi pour établir une liaison routière, explique le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Louis Paul Motaze.
Louis Paul Motaze : « Maintenant le Cameroun va être plus proche du Nigeria à la faveur de cette infrastructure. »
Le Cameroun et le Nigeria ont signé sous l’égide de la BAD un accord portant sur une route internationale qui va relier les deux pays. Quelles sont les grandes lignes de l’accord ?
Il s’agit de construire une route entre le Cameroun et le Nigeria. L’importance d’un tel évènement est multiforme, parce que vous savez que, sur le plan politique, les deux pays ont vécu des moments difficiles avec le conflit de la presqu’île de Bakassi. Les deux chefs d’Etat ont, dans leur sagesse, réussi à aplanir les différends et fait en sorte que la paix revienne. Cette liaison routière vient en fait confirmer les mesures prises dans le sens de la pacification des relations. Sur le plan purement économique, vous savez qu’on parle de plus en plus de la nécessité de l’intégration comme une des réponses à la crise financière internationale. Maintenant, le Cameroun va être plus proche du Nigeria à la faveur de cette infrastructure. La partie camerounaise a donc reçu de la BAD 95 millions d’euros pour faire cette route, mais il reste entendu que le projet est beaucoup plus important. Nous avons dernièrement reçu à ce sujet une dotation du Japon.
« Sur le plan purement économique, vous savez qu’on parle de plus en plus de la nécessité de l’intégration comme une des réponses à la crise financière internationale. »
Quel est actuellement l’état de l’économie camerounaise ?
Le Cameroun fait face à la crise internationale, comme tout le monde, parce que, figurez-vous, nous avons un certain nombre de produits qui ne se vendent plus à cause de la faiblesse de la demande. C’est le cas du bois, du caoutchouc ou de l’aluminium. Cela a forcément une implication négative sur la tenue de l’économie nationale. Il y a aussi le cas du pétrole, dont les prix ont drastiquement chuté. Nous avons réalisé lors du dernier exercice un taux de croissance de 4,6%, et nous craignons de descendre en dessous de 3,5%.
Quelles sont les réponses urgentes de votre gouvernement pour juguler la crise internationale ?
Nous avons initié une dynamique de diversification de notre économie. Nous voulons travailler de sorte que le Cameroun ne se contente plus d’exporter des matières premières, mais bien de les transformer sur place pour apporter une plus-value. L’Etat du Cameroun a récemment pris un certain nombre de mesures fortes liées notamment à la baisse de la fiscalité. Nous sommes conscients qu’il s’agit d’entreprises qui souffrent parce qu’elle ne peuvent plus vendre. Forcément, elles se retrouvent avec des stocks de leurs matières qu’elles ne peuvent plus écouler. Elles ont surtout des salaires à payer, c’est pourquoi le gouvernement a pris des mesures fiscales pour alléger leurs charges et faire face efficacement à cette situation conjoncturelle. Pour mieux maîtriser cette crise, nous croyons fortement à la nécessité urgente de créer, autour de nos frêles Etats, des synergies en matière d’intégration. Pas plus tard que la semaine dernière, notre pays a abrité la réunion de la conférence des ministres africains en charge de l’Intégration. Le Cameroun a redit son attachement viscéral à la coopération régionale et sous-régionale comme solution à cette crise économique mondiale.