L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
France: Pierre N'Gahane, nouveau préfet kémite en France
Ecrit par NOUVELOBS/ Lucien Pambou
13-11-2008
Pierre N'Gahane
D'origine camerounaise, Pierre N'Gahane a été nommé ce mercredi, une semaine après l'élection de Barack Obama qui avait relancé le débat sur la diversité. Annoncé au départ comme le premier préfet kémite, il a en fait été précédé à ce poste par des préfets antillais.
Pierre N'Gahane, d'origine camerounaise, a été nommé préfet, mercredi 12 novembre, en conseil des ministres, devenant ainsi le premier préfet noir de France, a indiqué la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, interrogée par la presse à l'Elysée.
Annoncé au départ comme le premier préfet noir de France, le ministère de l'Intérieur a apporté une rectification précisant que des préfets antillais l'avaient précédé à un tel poste.
"Ce n'est naturellement pas le premier préfet noir que nous avons, mais c'est sans doute le premier préfet d'origine étrangère, les autres étant d'origine antillaise et donc français depuis Louis XIV", a dit le numéro un de l'UMP Patrick Devedjian, interrogé sur cette nomination, lors de l'émission Questions d'info (LCP-France Info-AFP).
Pierre N'Gahane était jusqu’alors préfet délégué à l’égalité des chances de la région Provence Alpes Côte d’Azur.
Né au Cameroun et fils d’un inspecteur des impôts, il est titulaire d’un doctorat en sciences de gestion. Tandis qu'il est vice-président de l’Université catholique de Lille, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, vient le chercher en 2007 pour l’installer au poste de préfet délégué à l’égalité des chances de la région PACA, un poste spécialement créé après l’embrasement des banlieues en 2005.
"Peut-être qu'Obama s'est inspiré du gouvernement français"
Comme on lui demandait si cette nomination était suscitée par l'effet Obama, Michèle Alliot-Marie a répondu: "c'est simplement la reconnaissance des qualités d'un homme qui exerçait déjà les fonctions de préfet".
"Je ne pense pas que Nicolas Sarkozy ait entendu un quelconque effet en quoi que ce soit et de quiconque pour pouvoir faire ces actions volontaristes pour que l'élite, pour que la France d'en haut ressemble à la France d'en bas", a, pour sa part, déclaré Rachida Dati, interrogée sur cette nomination.
"C'est une politique volontariste d'intégrer une population qui au départ de la vie a plus de difficultés, c'est d'aider beaucoup plus ceux qui ont beaucoup moins au départ. Regardez son gouvernement, je crois qu'on semble l'oublier. Peut-être qu'Obama s'est inspiré du gouvernement français", a encore assuré la garde des Sceaux.
L’effet Obama : la diversité française en folie
L'effet Obama entraîne t-il des comportements désordonnés de la part des associations impliquées sur le thème de la diversité ?
Tout a été dit : l’élection de Barack Obama à la tête de la première puissance mondiale constitue un fait historique monumental qui permet de réconcilier psychanalytiquement les Noirs américains avec leur propre identité après l’esclavage, la marche pour les Droits civiques, la ségrégation, la constitution d’une middle classe afro-américaine qui donne aujourd’hui Obama.
L’élection d’Obama entraîne des comportements désordonnés auprès des associations en charge de la diversité dans la société française. Au-delà de la sur médiatisation du Président du Cran et de cette association dont la base sociologique est inexistante, d’autres associations de la diversité antillaise, maghrébines et a minima asiatique, sollicitent des rendez-vous auprès de Nicolas Sarkozy.
Quoiqu’ils disent, ils ne sont reçus que par le Chef de Cabinet du Président de la République alors que leurs déclarations radiophoniques ou télévisuelles mettent en avant leur réception par le Président de la République. Il était temps de rétablir la vérité pour éviter le mensonge permanent, mensonge de folie que véhiculent ces dirigeants d’associations. La nomination de Pierre N’Gahane au poste de préfet des Alpes de Haute Provence accélère l’émotion et l’avidité des associations de la diversité qui réclament leur part de gâteau "obamien".
Patrick Lozes du Cran a rencontré le chef de cabinet de Nicolas Sarkozy au lendemain de la victoire de Barack Obama
Rappelons que Pierre N’Gahane est nommé sur ses compétences intellectuelles et professionnelles et non sur des prétendues qualifications professionnelles dont se prévalent certains dirigeants d’associations dites des minorités visibles et qui n’existent pas après enquête. Comment interpréter ce désordre et cet empressement de la part des dirigeants de la diversité auprès de la Présidence de la République ? Il est particulièrement instructif de voir que la théorie des minorités sans structure identitaire, sans stratégie et sans projet triomphe en valorisant l’émotion sur la raison.
Non seulement ces dirigeants d’association sont naïfs de penser que la victoire d’Obama va faire bouger les lignes d’intégration et d’insertion des minorités en France de façon immédiate, mais force est de constater que les minorités regroupées sous forme d’associations en France qui parlent toutes au nom de la République, procèdent plutôt par stratégie communautariste à base ethnique et religieuse pour interpeller la République dont le projet est la citoyenneté républicaine.
Le malentendu lié à la folie de la diversité dans la société française après la victoire d’Obama vient de ce que la diversité est éclatée, ethnique, religieuse et progressivement spatiale. Les dirigeants d’associations qui clament la diversité sont marqués par une culture qu’ils ne maitrisent pas, celle des Lumières et des Libéraux français qui tout en valorisant l’humanisme s’accommodaient largement de l’esclavage.
Cette contradiction entre l’humanisme et l’esclavage n’a jamais fait l’objet de théorisation, ni de prise de position politique par les dirigeants d’associations qui se contentent de figer leur action dans la pratique et souvent pour eux-mêmes. Pourquoi ces dirigeants se pressent-ils à l’Elysée ? Pourquoi veulent-ils récupérer l’effet Obama si ce n’est pour satisfaire leurs ambitions personnelles et participer au partage du gâteau "obamien" ? Cet aveuglement et cette couardise de la part de ces dirigeants d’associations montrent à quel point les minorités n’ont rien compris, ou trop bien compris (pour leurs propres intérêts), ce qui structure ontologiquement la société française.
La folie de la diversité après la victoire d’Obama et l’empressement des dirigeants d’associations pour la mise en œuvre de leur reconnaissance identitaire auprès des autorités de la République me rappellent cette division de la période esclavagiste qui distinguait le Noir des champs et le Noir des villes, le Noir des villes étant proche des Blancs car servant dans la maison du maître, le Noir des champs travaillant dans les champs et dormant dans des cabanons. Les dirigeants d’associations des minorités dites visibles me rappellent donc le Noir des villes.
Nous sommes dans une tradition dans laquelle l’effet médiatique est plus important que la réalité sur le terrain. Ces responsables d’associations se fabriquent une histoire dont ils pensent être les concepteurs alors que la réalité est autre. Ces comportements sont regrettables mais montrent bien la cupidité et l’absence stratégique (si ce n’est que pour eux-mêmes) de la part de ces dirigeants.
J’espère que la République française et ses dirigeants resteront "cools" dans la folie qui saisit les dirigeants d’associations des minorités dites visibles et sauront distinguer les dirigeants réels en phase avec les populations de la diversité sur le terrain à l’image d’un Obama à Chicago quand il travaillait en tant que « social organizer » et ceux qui prétendent représenter les minorités visibles seulement à la télévision.
Lucien Pambou
Conseiller municipal UMP Alfortville