|
Europe - Immigration : La forteresse Europe dresse une nouvelle barricade. |
|
|
|
|
Ecrit par Camer.be : Hugues SEUMO
|
|
29-09-2008 |
Les ministres de la Justice et de l’intérieur européens ont validé le 25 septembre dernier à Bruxelles après des négociations diverses entre les différentes parties le pacte européen de l’immigration. Ce pacte, fruit de dures négociations entre les 27 est qualifié par plusieurs organisations de défense des droits des immigrés de « directive de la honte » durcit un peu plus les conditions d’accès, de séjour et d'éloignement des étrangers en Europe.
Les chefs d’Etat doivent l’entériner officiellement lors du sommet de l’UE du 15 et 16 octobre prochains. Ce pacte reprend pour partie le concept « d’immigration choisie » du président français Nicolas Sarkozy et comprend cinq grandes règles
Une « carte bleue » inspirée de la « Green card » américaine pour attirer les « cerveaux »
Ce pacte privilégie une mesure chère au chef de l’Etat français, l’immigration de travail. Il encourage l’arrivée de main d’œuvre dite qualifiée. Les ministres présents à Bruxelles ont donné leur accord préalable au système de "carte bleue" européenne, inspirée de la "green card" américaine. Elle sera délivrée aux "cerveaux"pour leur permettre d’accéder aux emplois hautement qualifiés. Comment définir ces métiers? La directive « carte bleue», qui devrait être finalisée cette année et venir compléter le dispositif prévu par le pacte, prévoit de retenir le critère du salaire. Ainsi, un ingénieur ou un médecin à la recherche d’un emploi en Europe devrait gagner au moins 1,5 fois le salaire moyen de leur pays d’accueil pour être considéré comme des immigrants qualifiés. Des dérogations sont prévues pour les secteurs souffrant de pénurie de main d’œuvre.
Toujours selon ce pacte,la régularisation des sans-papiers ne sera plus massive, même si elle a été le cas dans plusieurs pays à l'instar de la Belgique en l'an 2000. Désormais, la régularisation des personnes présentes sur le territoire européen et se trouvant en situation administrative irrégulière se fera au cas par cas. Le visa biométrique sera obligatoire d’ici 2012 pour renforcer la lutte contre les clandestins et le contrôle aux frontières et une véritable police européenne aux frontières sera mise sur pied et chargée de coordonner la surveillance des frontières extérieures de l’UE.
Durcissement des conditions du regroupement familial
Les ministres de la Justice et de l’intérieur européens ont également statué sur les cas de regroupement familial. Selon ce pacte, le regroupement familial constitue l’une des principales sources d’immigration. L'union européenne souhaite de ce fait le réguler en prenant en compte par exemple la connaissance de la langue du pays d’accueil.
En matière d'immigration
Le pacte prévoit également une harmonisation du traitement des demandes d’asile au niveau européen. L’interprétation des conventions de Genève de 1951 sur l’asile s’effectue plus ou moins strictement selon les Etats membres de l’UE. A la différence de la France, du Royaume-Uni ou de la Suède, un pays comme la Grèce n’accorde presque aucune demande d’asile. En fonction du pays européen, le statut de réfugié obéit donc à des règles très différentes. Un candidat réfugié est soumis actuellement aux règles en vigueur dans son pays d’accueil. Avec le pacte européen, l'on assistera désormais à une harmonisation du traitement des demandes d’asile au niveau européen. Le ministre français de l’Immigration, Brice Hortefeux a annoncé la mise en place d’un régime commun de l’asile pour 2010.Un bureau européen d’appui sur l’asile pour faciliter l’information va être mis en place au premier trimestre 2009
Vers un partenariat avec les pays d'immigration
Le pacte prévoit également de créer un partenariat plus global avec les pays d’immigration afin de favoriser leur développement et de décourager les candidats au départ. Selon Bernard Andries, administrateur de l’Ong Terre d’accueil, les Européens doivent également être conscients qu’ils sont eux-mêmes à l’origine du flux migratoire exponentiel dans leur continent. Il ne sert à rien d’apporter du soutien à des dictateurs du Sud par exemple ajoute t-il.
Ce d’autant plus vrai que dans la plus part des cas, certains dirigeants du Sud, soutenus par certains pays Européens, règnent en véritable maître, appauvrissent leur peuple et les démunis sont obligés de quitter leur pays soit parce qu’ils ont faim ou encore pourchassés pour leurs idées et leur conviction politique.
Bon nombre d’Euro-députés n’ont pas caché leurs doutes et leur inquiétude, sur la façon d'appliquer ces lois. Plusieurs d'entre eux souhaitent inciter les Etats membres à utiliser des moyens incitatifs, plutôt que d'adopter une politique de menaces et de sanctions. Avec l’adoption du nouveau pacte européen du 25 septembre dernier à Bruxelles, la forteresse Europe dresse une nouvelle barricade.
|
|
Dernière mise à jour : ( 29-09-2008 )
|