
La loi d'orientation vise à vulgariser l'enseignement des langues typiquement camerounaises dans les établissements secondaires.
Célébrée
tous les 21 février de chaque année, la langue maternelle s'est faite
une place au sein de l'opinion internationale. Au sein de
l'Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la
culture (Unesco), les objectifs sont clairs: "Promouvoir les langues
maternelles qui risquent de disparaître. La moitié des langues parlées
dans le monde est en voie de disparition et il est question de les
promouvoir afin qu'elles résistent au temps", explique Marie Noelle
Ntouba Ngollè, inspecteur régional des langues pour le Littoral. Cette
journée a été décidée par l'Onu afin d'encourager la pratique de nos
langues nationales, qui tendent à disparaître au profit des langues
"coloniales". Pour l'Unesco, il est question donc d'encourager toute
action, qui favorise l'utilisation des langues maternelles ;
d'encourager la diversité linguistique et l'éducation multilingue ;
mais également de sensibiliser davantage à la multiplicité des
traditions linguistiques et culturelles dans le monde
Fort de
ses 250 langues environ, le Cameroun est l'un des pays dans le monde
qui regorge d'une très grande variété de langues. Il s'est joint à cet
organisme international pour briser les clivages et les barrières
ethniques érigées par cette diversité ethnique et culturelle. Dans la
région du Littoral, par exemple, cette journée qui s'est plutôt
célébrée vendredi, 20 février dernier au Lycée de Deido, était placée
sous le thème "Parle ta langue maternelle pour consolider ton identité
culturelle". Au cours de cette journée, il a été organisé dans s cet
établissement des poèmes, des pièces théâtrales en langues nationales.
D'une manière générale, il s'agit de "sensibiliser le public sur
l'importance des langues nationales car les langues officielles et
celles d'ouvertures font que les langues maternelles soient oubliées"
précise l'inspecteur régional des langues. Ce qui a emmené le
gouvernement à prendre un certain nombre de mesures pour
l'apprentissage de ces langues dans les établissements scolaires.
Applicabilité
C'est
pourtant depuis 1998 qu'afin que les langues maternelles soient
enseignées dans les établissements, un certains nombre de mesures ont
été mises sur pied. Il s'agit notamment de "la loi d'orientation de
l'éducation du 14 avril 1998, qui a été par le président de la
République et dont la mise en application se fait de manière
progressive" avouent les responsables de l'éducation au Cameroun. Cette
loi d'orientation aura pour but de faciliter l'enracinement dans nos
cultures personnelles, ainsi que dans les autres cultures. Elle
permettra donc aux élèves d'apprendre à lire, à écrire et à parler
couramment diverses langues.
Pour cette première mesure qui
donne un autre objectif à l'enseignement, 30 langues ont déjà été
sélectionnées comme étant celles qui devront être apprises dans les
écoles. "Ces langues maternelles sont celles qui ont déjà fait l'objet
d'une étude. Celles qui ont une écriture et qui sont parlées par un
grand nombre de personnes. Nous en avons déjà recensées une trentaine
dans les 10 régions du pays", explique un inspecteur pédagogique. Pour
la prochaine année scolaire 2009/2010, on apprendra d'ailleurs au cours
de la célébration de cette journée, que 6 langues seront introduites
dans les programmes scolaires. Cette introduction des langues dans les
établissements secondaires commencera cette année par deux
établissements pilotes dont un lycée et un collège privé.
Toutefois,
les langues maternelles sont enseignées dans certains établissements
depuis plusieurs années. Ayant compris la nécessité de l'existence
d'une "culture nationale", certains établissements, à l'instar du
collège Libermann de Douala, ont introduit depuis plusieurs années
l'apprentissage de ces langues dans leurs programmes. C'est ainsi que
les élèves peuvent lire et parler couramment le bassa, le duala et le
ngom ma'ala pour leur grand bonheur. "C'est depuis la classe de 6ème
que j'apprends ces langues et je les parle de mieux en mieux",
reconnaît un élève. Au fil des ans, les élèves seront aussi évalués en
ces langues lors des examens officiels. Concernant la formation des
enseignants en ces langues, "Il est prévu l'ouverture d'un département
de langues à l'Ecole normale supérieure de Maroua. Cela est déjà
effectif dans les universités d'Etat où, à l'université de Douala par
exemple, où on peut apprendre les langues maternelles telles que le
duala et plusieurs autres langues", apprend-on.