L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
"Un très bon public et un bon contact avec la salle", a observé Donny Elwood, dans les coulisses du Centre culturel Français Blaise Cendrars de Douala, jeudi soir à peu après sa sortie de la scène. Autour de lui, quelques fans et copains qui ont pu tromper la vigilance de la sécurité se bousculaient. Certains pour avoir un autographe et d'autres pour conserver.
Exercice auquel l'artiste semblait prendre du plaisir, après ce premier contact avec le public de Douala, précédant le show du lendemain dans la même salle. Le spectacle de jeudi a commencé autour de 20h30. Bien avant le public a eu droit à un témoignage sur l'oeuvre d'Aimé Césaire par l'écrivain, chroniqueur et homme de culture Lionel Manga.
Pendant près de deux heures de temps, Donny Elwood a déployé toute la maestria de son talent sur scène. Alternant des chansons peu ou prou connues, il maniait la guitare et le verbe comme Aimé Césaire tordait le cou à la langue Française, nous entraînant dans une espèce de "Nomad' Balade", à travers des titres tels que "Nez gro", en entame du spectacle ; "Ecoute", "Chacun pour soi", "Annabela" repris en chœur par le public, tant et si bien que Donny s'est tout simplement tu parfois et a écouté la salle chanter. "Je souhaitais un spectacle interactif, un échange, un partage avec le public". Confiera-t-il plus tard. Il y avait aussi et surtout les chansons du nouvel album, "Offertorium", dont la préparation est bouclée. "Que les gens prennent leur mal en patience, nous sommes à l'étape de la production. Nous avons déjà une très bonne impression parce que le public accueille bien les nouvelles chansons". Donny Elwood n'avance aucune datte, mais annonce une sortie imminente.
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Le public a ainsi pu découvrir l'histoire de "Célimène", cette compagne partie rejoindre un énergumène. "Patrick", le fils de pute qui vendait des souvenirs d'Afrique. Précision de l'artiste : "nous sommes dans la fiction toute ressemblance avec un personnage ayant existé ou existant n'est que pure coïncidence". "La goutte d'eau" : "un jour ou l'autre elle déborde le vase et tout s'embrase est-ce qu'on se culpabilise ? Quand on analyse, il ne reste que les yeux qui se noient dans un océan de larmes…" Une histoire de regrets. "Mona Liza", stigmatise l'avidité des femmes, leur désir immodéré des biens : "tu ne pourras jamais avoir le monde à toi toute seule…" Et que dire de "Ebodé", Cet illettré qui avait hérité d'une carabine rouillé de son oncle policier, un vieux policier mal payé… Des histoires d'un humour décapant à découvrir, non sans quelque plaisir, dans le prochain album de Donny Elwood. Album qui l'inscrit définitivement dans le registre des chanteurs à texte, sans doute le plus fameux des chansonniers Camerounais depuis Francis Bebey", a commenté un responsable du Ccf. La consigne d'avant spectacle était : "éteignez vos téléphones portable vous risquez de rater un mot ou une phrase !"
"Offertorium" son dernier album sur le plan de la thématique est selon l'artiste "le même Donny Elwood qu'on a toujours connu avec des chansons sur l'amour, la misère des gens, la pauvreté, la haine, la vie tout simplement". Et un Donny Elwood plus engagé. C'est un album éclectique de dix titres, enrichi par des influences Jazz, Bluesy et des rythmiques Bikutsi entre autres. Vendredi dernier pour son deuxième show successif sur les planches du Ccf de Douala, Donny Elwood a comme la veille fait la démonstration de la force de son talent, accompagné d'un orchestre constitué de ce qu'il y a de meilleur. On a pu ainsi apprécier Steve Ndzana, toujours aussi surprenant, aux drums ; Thierry Sandio au piano ; Mevio à la guitare et Jean Paul Lietche à la Bass. Il ne fallait pas mieux pour séduire le public de Douala.