L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Au Tchad, le Conseil supérieur de la magistrature a émis hier un avis favorable à
la demande de grâce des six Français de l'Arche de Zoé. Condamnés à 8 ans de travaux forcés fin décembre à Ndjamena, ils purgent leur peine en France. Pour qu’ils soient effectivement libérés, un décret signé par le président tchadien est indispensable. Selon l’un de ses conseillers, Idriss Déby pourrait signer le décret de grâce ce week-end ou lundi.
La perspective de grâce présidentielle aux six Français de l’Arche de Zoé, c’est une bonne nouvelle pour le ministre français des Affaires étrangères
Bernard Kouchner: Ministre français des Affaires étrangères
« Je souhaite la libération de ces six personnes dont certaines, sans doute, ont été abusées. C'est une bonne nouvelle. »Malgré la satisfaction de Bernard Kouchner, ce n’est pas une surprise. Le chef de l'Etat tchadien a évoqué pour la première fois la possibilité de gracier les aventuriers de l’Arche de Zoé le 7 février dernier, quatre jours après avoir repoussé une attaque rebelle sur Ndjamena.
Le régime d'Idriss Déby a été sauvé par le soutien discret mais décisif de la France. Idriss Déby avait donc déclaré qu'il était « prêt à pardonner » aux six condamnés « si le gouvernement français en faisait la demande ». Officiellement, ce n’est pas la France qui a sollicité la grâce pour les 6 personnes. Elle n’a fait que transmettre les demandes des concernés à Ndjamena.
Dans l’est du Tchad, où l’Arche de Zoé avait rassemblé les 103 enfants supposés être des orphelins, leurs familles semblent accepter, sans l’approuver, l’idée de la grâce présidentielle aux 6 Français. Pour elles l’essentiel a été fait avec la condamnation à une peine de 8 ans de prison et 6 millions 300 mille euros de dommages et intérêt.
La grâce oui, mais Idriss Déby et les familles des enfants attendent cet argent. On ne sait toujours pas qui payera. Paris a déjà laissé entendre que l’Etat ne pourra pas payer à la place de l’association condamnée par la justice tchadienne.