L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Sao Tomé & Principe : L'archipel au bord de la faillite
Ecrit par Afriquecentrale.info
29-05-2008
La chute du gouvernement santoméen le 20 mai dernier a entraîné une suspension des aides et prêts internationaux à l'archipel, qui se retrouve dans une situation de faillite et dans l'incapacité financière d'organiser les élections. Le ministre santoméen des Finances, Raul Cravid, a tenu une conférence de presse le 27 mai dernier pour alerter l'opinion internationale sur la crise économique majeure qui menace Sao Tomé et Principe.
L'instabilité politique de Sao Tomé et Principe consécutive à la dissolution du gouvernement le 20 mai dernier a entraîné un gel des aides et prêts internationaux à l'archipel, frappé de plein fouet par cet "embargo" financier des partenaires internationaux.
Le ministre santoméen des Finances et du Plan, Raul Cravid, a tiré le 27 mai dernier la balise de détresse en alarmant la communauté internationale sur l'importante crise économique qui menace l'archipel lusophone.
"On va avoir des difficulté pour payer les salaires. On n'aura pas d'argent pour acheter des médicaments pour les hôpitaux. (…) en ce moment, le pays n'a pas les moyens financiers d'organiser des élections" a alerté le ministre Cravid.
Un don de 6 millions de dollars de la Banque mondiale a notamment été suspendu en raison de la crise politique.
"La Banque mondiale a promis ce don en 2007 (...) Nous avons rempli toutes les conditions pour l'obtenir. Mais, les institutions de Bretton Woods ne signent des accords financiers qu'avec des gouvernements constitutionnels et légitimes" et non des gouvernements de gestion ou de transition, a expliqué le ministre.
D'autres partenaires de l'archipel lusophone ont décidé de suspendre les accords en attendant une résolution de la crise politique. Le Portugal a ainsi "gelé à cause de la crise" un crédit financier de 50 millions d'euros signé avec le gouvernement de Patrice Trovoada, tombé la semaine dernière.
L'ex-puissance coloniale de Sao Tomé devait notamment consacrer 25 millions d'euros à des importations en provenance du Portugal et 25 millions à des investissements d'infrastructure.
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Le ministre portugais du Plan a d'ailleurs annulé une visite prévue le 29 mai dans l'archipel.
En outre, la Libye a bloqué 5 millions de dollars, la Guinée équatoriale 3 millions de dollars et le Gabon 1 million d'euros, a précisé M. Cravid.
Selon la Constitution santoméenne, des élections législatives anticipées doivent normalement suivre la chute du gouvernement si elle est provoquée par le vote d'une motion de censure parlementaire. Certains responsables estiment qu'il faut en passer par là, alors que d'autres affirment que le pays devrait économiser son argent et former tout de suite un nouveau gouvernement.