L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Arrêté au Zimbabwe en 2004 alors qu’il s’apprêtait avec ses hommes à rejoindre la Guinée Equatoriale pour y faire un coup d’Etat, le mercenaire britannique Simon Mann sera jugé lors d’un procès qui aura lieu à Malabo du 17 au 19 juin prochains. Extradé au début du mois de février dernier dans une prison de Malabo, il avait déclaré dans une interview à la presse britannique ne pas être l’instigateur principal du projet.
Le procès du Britannique Simon Mann, extradé du Zimbabwe vers la Guinée Equatoriale où il est accusé d'être le cerveau d'un coup d'Etat déjoué en 2004, aura lieu du 17 au 19 juin prochains a annoncé le 13 juin dernier le procureur général de l'Etat équato-guinéen, José Olo Obono.
«Tout est déjà en place et le procès de Simon Mann devra en principe durer trois jours, les mardi 17, mercredi 18 et jeudi 19 juin. Il sera défendu par son avocat local» a indiqué monsieur Olo Obono, rappelant que les avocats étrangers «ne peuvent pas plaider en Guinée Equatoriale. Ils peuvent bien être là, mais à aucun moment, ils ne pourront prendre directement sa défense durant le procès».
«J'ai été impliqué et j'étais le manager…pas l'architecte et pas le principal homme» avait déclaré Simon Mann au cours d’une interview depuis sa cellule le 11 juin dernier.
Simon Mann a été formé à Eton, puis à l'académie militaire de Sandhurst. Ancien officier des SAS (forces spéciales britanniques), il avait été arrêté en mars 2004 avec 61 autres mercenaires présumés, lorsque leur avion s'était posé sur l'aéroport international de Harare, au Zimbabwe.
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Les autorités les ont accusés d'être venus prendre livraison d'armes avant de rejoindre à Malabo une équipe dirigée par le Sud-Africain Nick du Toit, condamné depuis à 34 ans de prison en Guinée Equatoriale, pour y avoir fomenter un coup d'Etat.
Malabo a également lancé un mandat d'arrêt international contre Mark Thatcher, fils de l'ex-Premier ministre britannique Margaret Thatcher, accusé d'être l’un des instigateurs du coup d'Etat.
Le mercenaire britannique avait indexé l'Espagne, ancienne puissance coloniale, et l'Afrique du Sud, qui ont déjà par le passé réfuté des accusations d'implication dans ce dossier. Simon Mann a également dénoncé un homme d'affaires Libanais né au Nigeria, Ely Calil. Ce dernier a nié «toute implication et toute responsabilité» dans cette affaire dans un communiqué.
Lors de son procès à Harare, Mann avait affirmé qu'il se rendait avec ses hommes en République démocratique du Congo (RDC) pour assurer la sécurité de sites miniers. Il a été condamné à sept ans de prison, peine ramenée à quatre ans par la suite. La plupart de ses coéquipiers arrêtés avec lui au Zimbabwe ont été libérés depuis 2005.