L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Plus d’un mois après avoir été transféré de sa cellule de Harare, au Zimbabwe, vers celle de Black Beach, en Guinée équatoriale, le mercenaire Simon Mann a choisi la transparence,
espérant atténuer les charges qui pèsent contre lui. Dans un entretien avec le journaliste britannique Jonathan Miller publié le 12 mars dans The Independent, l’ancien officier des forces spéciales (SAS) reconnaît son implication dans le putsch manqué contre le président Teodoro Obiang Nguema, en 2004, mais se présente comme « un logisticien ».
Outre le Sud-Africain Nick du Toit, les véritables « architectes » seraient l’ancien commissaire européen Peter Mandelson, ainsi que deux anciens collaborateurs de Margaret Thatcher, David Hart et lord Bell. Quant à l’instigateur du putsch censé installer au pouvoir l’opposant de Nguema, Severo Moto Nsa, il s’agirait d’un certain Ely Calil, riche trader spécialiste des marchés pétroliers.
Alors que le président Obiang avait menacé de le « sodomiser » et de le « dépecer vivant », Mann affirme être bien traité : « J’ai de l’eau, de la nourriture et ne suis pas torturé. » Le fait que le putsch manqué « n’a fait aucune victime » rend, à ses yeux, très excessive la peine de trente à quarante ans de prison qu’il encourt.