L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Gabon: Omar Bongo expulse des burkinabés de son territoire
Ecrit par Cheick Beldh’or SIGUE
28-11-2008
Le Gabon a encore sévi ! Des sans-papiers burkinabè ont été expulsés manu militari du pays de Omar Bongo Ondimba, rendant nombre d’entre eux plus "nus" à l’arrivée subite et forcée en territoire burkinabè, qu’au départ. Pour certains, c’est l’égarement, l’amertume et le désastre. Face aux nouvelles réalités, il leur faudra apprendre à se réintégrer.
Ceux pour qui l’aventure s’arrête, il leur faudra se réarmer moralement et se reconstruire socialement. Mais à côté de tout cela, il y a l’évidence : le Gabon n’est plus ce pays de Cocagne où il y a avait à boire et à manger pour tout le monde, ce paradis terrestre où la nature débordait de générosité pour ses hôtes. La période des vaches grasses est terminée. Passée aussi l’époque où ce pays encourageait l’entrée des travailleurs étrangers sur son sol. Aujourd’hui, face à ses problèmes domestiques, le Gabon voudrait bien se passer d’une main-d’oeuvre étrangère dont l’offre alléchante menace de plus en plus d’ôter le pain de la bouche à tous ces Gabonais dans le besoin et parfois sans qualifications, qui imputent tous leurs malheurs à l’étranger.
S’achemine-t-on vers un ras-le-bol général de l’étranger ? En tous les cas, que le Gabon soit une terre de transit pour immigré aspirant à continuer son chemin avec pour destination finale la Guinée équatoriale gorgée de pétrole, ou un point de chute, il ne fait aucun doute que ce pays se montre de moins en moins hospitalier. Si c’était encore l’eldorado ! Ce ne sont pas ces Burkinabè qui n’ont pas trouvé jusque-là le ticket du transport pour rentrer, malgré des années passées à courir après les mirages de la richesse, qui diront le contraire. Comment d’ailleurs pouvoir se réaliser quand, aux conditions de vie pas toujours faciles, s’ajoute la difficulté de se procurer une carte de séjour cédée à prix d’or ? Il est regrettable qu’à l’heure où sont agités les grelots de l’intégration, des fils du continent soient toujours à subir les pires humiliations de ces reconduites aux frontières.
Qu’on n’aille pas, dans ce cas, faire la morale au président Sarkozy ! Les propos du président sénégalais Abdoulaye Wade, avaient déclenché un immense tollé général chez certains Ivoiriens après qu’il eut affirmé qu’un Burkinabè souffrait plus en Côte d’Ivoire qu’un Sénégalais en France. Si sa déclaration n’est plus d’actualité à la suite à la suppression de la carte de séjour pour les ressortissants ouest-africains de Côte d’Ivoire, il reste qu’on devrait s’attendre encore à voir sur le continent, des Africains s’en prendre à des frères africains pour des questions de "papiers".
Les chantres du panafricanisme auraient raison de se retourner dans leur tombe ! Le père de la nation ivoirienne, Félix Houphouët Boigny, aura eu, au-delà de toutes considérations, le mérite de construire une nation où l’étranger en Eburnie était intégré au point qu’il ressentait la légendaire hospitalité ivoirienne. Et tout porte à croire que le "Vieux" n’aurait pas varié dans ses rapports avec l’immigré s’il avait toujours été là. Mais que dire de Omar Bongo Ondimba ? Il s’illustre de fort triste manière en suivant, comme il le fait, les traces du Guide libyen.
Où est donc passée la sagesse du doyen Bongo ? On la cherche vainement. D’autant plus que le Gabon se sera finalement montré peu reconnaissant à l’égard du Burkina qui, à travers ses hommes, aura fortement contribué à sa construction, particulièrement dans les années 70. Les ressortissants burkinabè méritent donc mieux que cette chasse à l’homme.