L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Football: Hossam Hassan - une légende vivante franchit un pallier
26-03-2008
La formation qu'il dirige est l'un des clubs dont il a défendu les couleurs en tant que joueur : Al Masry.
Quand Hassan a remporté son premier titre avec les Pharaons, la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) de la CAF 1986, Mido (successeur d'Hassan, en termes de popularité, pour un Pharaon encore en activité) avait trois ans. Deux décennies plus tard en Egypte, les deux hommes se retrouvaient sur le même podium, du haut duquel Hassan soulevait son troisième trophée continental.
Burkina Faso 98
Dans une carrière suffisamment longue pour effectuer 170 apparitions en équipe nationale, il est difficile d'éviter les accidents de parcours. Même lorsqu'on est l'un des footballeurs les plus populaires d'Afrique. Le dernier accroc en date pour Hassan remonte au mois de février. Alors que ses anciens coéquipiers défendaient avec bonheur leur titre de champions d'Afrique au Ghana, leur ex-capitaine se voyait obligé d'arrêter sa carrière, du moins en tant que joueur. Après avoir rompu son contrat avec le club égyptien d'Al-Ittihad, Hassan n'a pas réussi à trouver de nouvel employeur avant la fin de la trêve hivernale.
Quoi qu'il en soit, Hossam Hassan reste un joueur exceptionnel, maître de son destin. C'est ainsi qu'il perçoit sa reconversion dans le rôle d'entraîneur. Comme il le confie dans l'entretien exclusif qu'il a accordé à FIFA.com, ce passage au poste de technicien constitue son dernier défi en date. Ni plus, ni moins.
Hossam, quel est le secret d'un attaquant pour rester prolifique sur une aussi longue période ? Peu de joueurs y arrivent...
C'est le résultat de mon dévouement au football et d'un travail régulier et acharné. Evidemment, avec les années, vous perdez sur le plan physique. Mais vous progressez au niveau tactique et mental. Pour répondre à votre question, mon secret est probablement un amour infini pour le jeu. Je crois que c'est ce qui m'a permis d'être performant pendant aussi longtemps.
Comment êtes-vous arrivé à la conclusion que le moment était venu de devenir entraîneur ?
Le football, c'est toute ma vie. J'y pense en permanence. Pour moi, ce n'est ni un métier ni un hobby, c'est un monde en soi. Par conséquent, quand on m'a offert ce poste, je n'ai pas trop tergiversé. Je me suis dit que dans ma relation au football, il était temps de franchir un palier.
Pensez-vous être suffisamment préparé pour vous lancer dans une carrière d'entraîneur ?
Oui, et les performances de [Jürgen] Klinsmann et de Dunga à la tête de leurs équipes nationales respectives sont la preuve que ce métier n'est pas réservé à des personnes très expérimentées. Récemment encore, j'ai été très heureux d'apprendre que l'Iran avait nommé Ali Daei au poste de sélectionneur national. Pour ne rien vous cacher, je pense même que j'aurais dû commencer à entraîner il y a cinq ans, quand je jouais encore.
Publicité
N'est-il pas un peu risqué de faire ses grands débuts dans un club (Al Masry) qui a déjà écarté deux entraîneurs cette saison ?
Effectivement. Je connais plus d'un entraîneur qui aurait hésité avant de s'engager pour un club comme Al Masry, car il y a un vrai défi à relever. Mais c'est justement la raison pour laquelle j'ai accepté. Je dois dire aussi que je connais très bien ce club, son président et tous les gens qui y travaillent. C'est pourquoi j'aborde cette nouvelle mission sans appréhension. Au contraire. Je suis extrêmement motivé.
Les supporters d'Al Masry ont la réputation d'être très fervents, mais également très exigeants...
C'est à moi d'utiliser leur enthousiasme en ma faveur. J'ai la chance de posséder un capital-popularité auprès des supporters. Après, je pense que dès la première victoire, ma tâche sera facilitée et tout le monde tirera dans le même sens.
Que répondez-vous à ceux qui avancent que vous n'avez pas suffisamment d'expérience comme entraîneur et qu'en plus, vous ne possédez pas la licence ?
Je leur réponds que j'ai toute l'expérience nécessaire et que j'ai énormément appris au contact de techniciens de classe mondiale comme Roy Hodgson, Uli Stielike, Gérard Gili et Otto Pfister. Sans oublier bien sûr Mahmoud Al-Gohary (ancien entraîneur de l'Egypte et d'Al Ahly), qui vient pour moi avant tous ceux que j'ai cités.
Qu'a-t-il de si particulier ?
Al-Gohary est tout simplement le meilleur entraîneur avec qui il m'a été donné de travailler. Il est un peu comme un parrain pour moi. Il a eu une grande influence sur ma carrière et sur la personnalité. C'est une personne remarquable, qui m'a enseigné un nombre incalculable de choses, dans le football et dans la vie en général.
Quel jugement portez-vous sur Hassan Shehata, qui a gagné la CAN à deux reprises et était votre entraîneur en 2006 ?
C'est un bon entraîneur, mais les circonstances dans lesquelles il a évolué étaient plus favorables qu'à l'époque d'Al-Gohary. Disons qu'elles lui ont facilité la tâche. Lorsque nous avons remporté le tournoi en 2006, nous étions à domicile. Cette année, nous avons réussi à défendre notre titre. Mais ce n'est pas une grosse surprise, précisément parce que nous étions les tenants. Je suis convaincu que le titre le plus méritoire de l'Egypte, c'est-à-dire celui qui a été le plus dur à décrocher, reste la CAN gagnée en 1998 au Burkina Faso, avec Al-Gohary comme sélectionneur. A l'époque, nous n'avions pas le soutien ni l'encadrement dont les Pharaons bénéficient aujourd'hui, notamment en termes de sponsors et d'organisation logistique. Avec les structures qui existent maintenant autour de l'équipe d'Egypte, étant donné aussi que nous sommes la meilleure sélection africaine depuis quatre ans, nous sommes forcément favoris dans la course à la qualification pour Afrique du Sud 2010.
Avez-vous des regrets concernant votre carrière de joueur ?
Oui, j'aurais dû poursuivre ma carrière en Europe après mes passages en Suisse et en Grèce (au Neuchâtel Xamax et au PAOK). Cela m'aurait sans doute permis d'être plus connu au niveau international. J'aurais adoré jouer en Italie, mais j'ai décidé de rentrer en Egypte, un peu sur un coup de tête. Je voulais aider mon ancien club, Al Ahly, qui traversait une période difficile. Ç'a été la fin de mon rêve européen.
Avez-vous d'autres regrets ?
Quand j'ai quitté Ahly, après 20 merveilleuses années passées dans ce club, ça m'a fait du mal. Mais avec le recul, j'en garde un souvenir complètement positif, car j'ai également joué au Zamalek, le grand rival d'Al Ahly. J'y ai d'ailleurs connu la même réussite. C'est sans doute pour cela que je suis l'un des joueurs les plus populaires en Egypte.
Quelle impression cela fait-il de raccrocher les crampons une bonne fois pour toutes ?
Je ne veux pas vous décevoir, mais je n'ai jamais annoncé cela, même si je dois admettre que j'y pense sérieusement. J'annoncerai ma décision l'été prochain. Il n'est pas impossible que je continue un peu comme entraîneur-joueur. En tout cas, lorsque je disputerai mon match d'adieu, j'espère que MM. Blatter et Platini répondront à mon invitation. Il y a sept ans, ils étaient venus au Caire pour me féliciter lorsque j'étais devenu le joueur le plus capé au monde. Quant à mon objectif ultime, c'est d'entraîner l'équipe nationale. Shehata n'a qu'à bien se tenir !