Pensée du Jour
L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie.
Honoré FOIMOUKOM
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Lettre ouverte du capitaine Guerandi Mbara au camerounais |
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Ecrit par Le messager
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09-04-2009 |
 Le capitaine Guerandi La répression sauvage qui suivra [le 06 Avril 1984], n’a d’égale que la cruauté du régime en place
A l’occasion du 25e anniversaire du martyre de vos pères victimes de la haine et de l’abjection humaines, je m’adresse solennellement à chacune et à chacun, à vous devenus adultes. Au moment où le peuple camerounais commémore dans la douleur le premier anniversaire de la révolte populaire de février 2008 marquée par plus de 139 morts et de centaines de jeunes en prison, M. Paul Biya a fait réviser la constitution et a institué un organe des élections non indépendant, Elections Cameroun (Elecam), pour un pouvoir personnel à vie.
Au-delà du témoignage de la bravoure héroïque de vos pères qui se sont sacrifiés pour la dignité nationale, il me revient de proposer humblement des perspectives et des orientations salvatrices pour notre peuple désespéré. En effet, le 06 avril 1984, vos pères se sont levés contre le régime dictatorial et criminel de M. Paul Biya. Au-delà des motivations nationales de salut public, ce soulèvement patriotique incarne l’aspiration au changement. Les acteurs étaient conscients du rôle moteur du Cameroun dans la situation géopolitique africaine et remettaient en cause un système essoufflé et honni, en vue d’un nouvel ordre générateur du Cameroun du XXIe siècle. Notre pays était riche et avait les potentiels pour devenir un pays émergeant dans les années 2000.
La répression sauvage qui suivra, n’a d’égale que la cruauté du régime en place traduite par des centaines de morts “ exécutions sommaires, extrajudiciaires et par inanition ”, des rafles faisant de milliers d’arrestations ciblées au faciès et par origine géographique, des fosses communes, des disparitions dans l’acide, des pratiques diverses de tortures, des pillages des biens appartenant aux “ mutins ”, des dizaines de prisonniers sortis meurtris après 07 (sept) ans de détention parfois arbitraire et sans jugement, de la désintégration socio-économique, etc.
Jusqu’aujourd’hui, vous n’avez pas pu faire le deuil de vos vaillants pères. Malgré la “ loi d’amnistie ” de 1991, les dispositions et les mesures législatives et administratives demeurent inappliquées accentuant les injustices à vous infligées. En connaissance de cause, le 06 avril 2004, j’ai publié trois revendications légitimes et spécifiques suivantes :
1- Le respect intégral de la loi d’amnistie N° 91/022 du 26-12-1991 ;
2- La publication de la liste exhaustive des victimes de la répression par le régime sanguinaire de M. Paul Biya (tués, morts en prison, prisonniers) ;
3- Le rapatriement du corps de M. Ahmadou Ahidjo, ancien chef d’Etat.
Le refus des autorités camerounaises de satisfaire les revendications légitimes est manifestement politique et rancunier. Et pourtant, vous aspirez à vivre comme tout citoyen camerounais ayant des droits et des devoirs. Si M. Paul Biya et son parti, Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) avaient la volonté politique de respecter les textes élaborés par eux, vous ne seriez pas en train de demander l’application des mesures prises. Je doute fort que l’inexistence d’un Etat de droit soit en mesure de vous donner satisfaction.
Le soulèvement patriotique du 06 avril 1984 n’est pas à dissocier de la lutte historique et globale de notre peuple combattant la dictature depuis des décennies. Comme vous, tous les Camerounais sans exception aspirent à la paix des cœurs et des esprits, à la connaissance de la vraie histoire de notre patrie, à la fin de l’oppression, de la décrépitude morale et des frustrations comme celles vécues par nos compatriotes du “ West Cameroon ”.
Nous nous rappelons les pendaisons et les assassinats des nationalistes avant et après l’indépendance, les victimes des “ villes mortes ” (1991-1992), du “ commandement opérationnel ” de Douala (1999-2000) et de la révolte des jeunes (février 2008), des assassinats de personnalités politiques et religieuses, etc.
Par conséquent, le combat à mener dans le cadre du mieux vivre-ensemble sur le plan national est, avant tout, la revendication d’une véritable politique de réconciliation nationale qui couvre la période de la colonisation à nos jours.
Considérant la démission notoire de M. Paul Biya et du Rdpc et l’incapacité avérée de gouverner le Cameroun, sous-tendues par la crise de confiance entre la classe politique et le peuple camerounais, le sursaut patriotique devient un impératif légitimé : L’instauration par tous les moyens d’une transition historique et démocratique, c’est-à-dire une transition systémique vers un Etat de droit moderne pour la liberté, la démocratie, la Justice, le progrès et l’unité africaine.
Notre action rédemptrice et salvatrice du 06 avril ne sera jamais entacheé de trahison, d’irresponsabilité, de tribalisme et de vengeance. Au contraire, en tant qu’action politique, emblématique, exemplaire et symbolique, le 06 avril ira grandissant, rassemblant les Camerounais autour des valeurs humanistes de libération véritable, de réconciliation nationale et de civilisation.
Soyez fiers d’être des descendants de héros. Soyez fidèles aux idéaux les ayant menés au sacrifice suprême.
Humblement au service du Cameroun, et avec détermination, je crois à la libération de notre patrie !
Hommages perpétuels aux héros du 06 avril 1984 !
Guerandi Mbara G
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Dernière mise à jour : ( 09-04-2009 )
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