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L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie.
Honoré FOIMOUKOM





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Des chefs d'Etat africains visés à Paris par une nouvelle plainte Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Rue89   
03-12-2008
ImageLes chasseurs de "biens mal acquis" par les chefs d'Etat africains reviennent à la charge. Un an après la fin d'une enquête de police qui a mis au jour l'impressionnant patrimoine... ImageLes chasseurs de "biens mal acquis" par les chefs d'Etat africains reviennent à la charge. Un an après la fin d'une enquête de police qui a mis au jour l'impressionnant patrimoine immobilier de plusieurs chefs d'Etat africains en France, une nouvelle plainte a été déposée, mardi 2 décembre, devant le doyen des juges d'instruction de Paris visant les chefs d'Etat du Gabon, du Congo-Brazzaville et de Guinée équatoriale ainsi que leurs entourages pour "recel de détournement de fonds publics".
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Les plaignants – l'organisation non gouvernementale Transparency Internationalet un contribuable gabonais – accusent les présidents Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang, d'avoir acquis leur fortune au détriment du budget de leur pays, et donc de leur population. "Personne ne peut croire, écrivent-ils dans la plainte, que ces biens immobiliers dont la valeur est (…) de l'ordre de plusieurs millions d'euros, ont pu être acquis par le seul fruit de leurs rémunérations".

Ils estiment que la justice française est compétente car, selon eux, le délit de recel, constitué par l'achat d'immeubles et de voitures de luxe, a été commis en France.

Une nouvelle plainte est déposée car la première a été classée sans suite, en novembre 2007, pour "infraction insuffisamment caractérisée". Si l'enquête policière a dressé l'inventaire de l'opulence des dirigeants de ces pays pauvres, elle n'a pas, faute de mandat dans ce sens, déterminé l'origine des fonds ayant permis ces somptueuses acquisitions concentrées entre les 16e, 8e et 7e arrondissements de Paris.

C'est précisément pour obtenir la désignation d'un juge d'instruction apte à diligenter une enquête approfondie, qu'une nouvelle plainte, appuyée par les résultats de l'enquête de police, est déposée.

Cette fois, la plainte est assortie d'une "constitution de partie civile" qui emporte, en principe, l'ouverture d'une information et donc la désignation d'un magistrat instructeur. Mais pour en arriver là, la plainte doit être considérée comme "recevable". Elle ne le sera que si le doyen des juges d'instruction reconnaît l'"intérêt à agir" des plaignants.

La position du parquet, lié au gouvernement, sera très attendue, s'agissant d'une procédure visant des chefs d'Etat "amis de la France".

Les promoteurs de la première plainte assurent avoir "bétonné" cet aléa juridique en cédant la place à Transparency international (TI), ONG reconnue, dont la vocation est précisément la lutte contre la corruption. "Nous avons décidé de nous placer plus résolument aux côtés des victimes de la corruption, explique Daniel Lebègue, président de TI-France. La solide enquête déjà menée ne peut rester sans suite. Mais notre but n'est pas de régler des comptes. Ce que nous visons c'est la restitution aux populations des bien mal acquis." Le ressortissant gabonais qui signe la plainte aux côtés de TI, allègue du "préjudice" qu'il aurait subi en tant que contribuables, par suite des détournements supposés de fonds publics.

Si l'avenir judiciaire de la procédure reste incertain, l'écho favorable qu'elle a suscité dans les opinions publiques africaines et, a contrario, la fureur qu'elle a déclenchée chez les chefs d'Etat visés, semble traduire un réel retentissement.

Les pressions et les menaces, les visites d'intercesseurs mystérieux et les appels téléphoniques anonymes rapportés par les plaignants tendent à montrer que l'affaire est prise au sérieux. Ainsi, l'avocat William Bourdon, président de l'association de défense des droits de l'homme Sherpa, maître d'œuvre des plaintes, affirme avoir fait l'objet d'une "tentative de corruption privée" en septembre. Un avocat se disant mandaté par les autorités gabonaises est venu lui proposer "une somme d'argent pour Sherpa via la création d'une fondation en Suisse".

D'autre part, Me Bourdon dit aussi avoir reçu la visite d'un personnage énigmatique se présentant comme émissaire du président Bongo et l'informant de menaces pesant sur sa personne. Me Bourdon affirme que le visiteur lui a déclaré que le président gabonais était prêt à vendre un hôtel particulier à Paris au profit d'ONG de son pays, en contrepartie du retrait de la plainte.

"La pression sur nos coplaignants est énorme", assure M. Lebègue, le président de Transparency International-France. Si forte, semble-t-il, que deux contribuables congolais appartenant à une "plate-forme contre la corruption et l'impunité", qui devaient cosigner la plainte y ont renoncé, vendredi 28novembre, après avoir reçu des menaces explicites contre leurs familles.

Intimidation, mais aussi pressions sur le microcosme associatif de la diaspora : la nouvelle plainte sur les "biens mal acquis" a déclenché de multiples réactions. A Libreville (Gabon), une association baptisée "Touche pas à mon président" s'est constituée cet été pour dénoncer la "cabale" visant M. Bongo.

A Paris aussi, l'affaire est suivie de près. En avril, Nicolas Sarkozy avait fait prévaloir l'amitié d'Omar Bongo, doyen des chefs d'Etat africains influent mais controversé, sur ses déclarations de campagne favorables à un aggiornamento des relations franco-africaines et à la fin des "complaisances" à l'égard de certains régimes africains.

Il avait dépêché au palais présidentiel de Libreville le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, afin d'apaiser la colère du président gabonais suscitée par l'enquête sur ses immeubles à Paris et les critiques de Jean-Marie Bockel, alors secrétaire d'Etat à la coopération.

Avant d'être écarté de ce poste, M. Bockel avait affirmé que "certains pays ont d'importantes ressources pétrolières mais [que] leur population n'en bénéficie pas". Une assertion qui sonnait comme une approbation officielle de la plainte visant les "biens mal acquis".
Philippe Bernard
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