L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Cameroun: La désillusion d’une jeunesse face à un pouvoir vieillit corrompu et répressif
Ecrit par Parfait Tabapsi
23-02-2009
Malgré les mesures annoncées au lendemain des événements, presque rien n'a changé.
Ceux qui pensaient que le président de la République mettrait à profit son discours à la jeunesse de cette année pour faire le bilan de ses propres recommandations d'il y a un an en faveur des jeunes sont passés à côté de la plaque. Car à beau l'écouter ce jour-là, l'on retient que celui qui avait paru décidé au lendemain d'un conseil ministériel qui avait en son temps fait défrayé la chronique semble avoir oublié en ce laps de temps pourtant infime les espoirs qu'il avait suscité.
Que l'on se souvienne du communiqué qui sanctionnait ledit conseil et dans lequel on pouvait lire que "Des actions énergiques et rapides (seront prises) dans trois directions : l'amélioration du pouvoir d'achat, l'emploi, la lutte contre la corruption." C'est sur la deuxième direction que la jeunesse espère alors depuis. Elle qui pensait que l'occasion était ainsi donnée pour elle d'intégrer la fonction publique, surtout pour les diplômes des grandes écoles où les jeunes étaient sortis depuis de longues années et attendaient en vain d'être alignés sur leurs camarades de l'Ens ou de l'Enam.
Sur cette épineuse question donc, le bout du tunnel semble loin pour des jeunes formés résolus en définitive à se débrouiller du mieux qu'ils peuvent pour trouver une occupation à même de leur permettre de survivre dans ce contexte de vie chère consécutive à une crise financière internationale dont l'ombre continue de roder comme un diable en quête de pitance humaine.
Heureusement que dans l'espace, une embellie point du côté des temporaires en poste dans la fonction publique ont commencé. La lumière pour eux a ainsi apparu à l'orée de la nouvelle année. Des actes administratifs sont venus matérialiser la contractualisation de certains. Mais cette poignée ainsi recrutée ne constitue-t-elle pas une sorte d'arbre qui cache la forêt de ces milliers d'autres qui guettent la lumière d'un recrutement à la fonction publique comme aurait dû le permettre leur entrée dans les grandes écoles de leur pays ?
Car si le président dit que "S'agissant précisément de l'insertion socio-économique des jeunes, plusieurs actions significatives ont été lancées l'année dernière. Le Programme d'appui à la jeunesse rurale et urbaine qui s'adresse surtout aux jeunes non scolarisés ou déscolarisés, a permis d'en former plus d'un millier dans 17 filières d'activités, d'en placer un bon nombre en emploi salarié et de financer plusieurs centaines de micro-activités et de juniors entreprises", les diplômés se demandent ce qui est prévu pour eux.
Pour le politique Jean-Michel Nintcheu par exemple, "… il y a une telle misère au sein de la jeunesse qui est complètement désemparée, qui vit dans des conditions épouvantables et tel que les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets." Surtout que "ces émeutes ont montré que le peuple camerounais, que la jeunesse camerounaise est déterminée et pouvait aller jusqu'au bout, y compris le sacrifice suprême".
Une finalité à laquelle tout le monde pense sans le souhaiter, tant les émeutes de févriers 2008 ont montré à quel point la sauvagerie pouvait être dévastatrice pour l'ensemble du corps social. La jeunesse pourra à l'occasion continuer à espérer que le Plan d'action national pour l'emploi des jeunes dont a parlé le président avec le 125 milliards à la clé constituera dans les prochains mois une bouffée d'oxygène à même d'éloigner de leurs esprits le spectre d'une nouvelle descente dans la rue. A moins que …