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Pensée du Jour

L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie.
Honoré FOIMOUKOM





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Belgique - Cameroun : Simon Ngankam , ‘’Le meilleur moyen de préparer une insurrection’’ Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ecrit par Frank Douala   
18-12-2008
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Guy Simon Ngankam
Que ce passe-t-il au CODE ? Organisation infiltrée par le RDPC, plate forme de coordination de lutte, géant au pied d’argile, mouvement bicéphale, collabo… le vocabulaire prend une curieuse tournure en cette fin d’année 2008. Pour comprendre l’actualité de ce mouvement récemment indexé par un cadre du pouvoir comme ‘’dangereux’’, nos confrère de camer.be sont allés à la rencontre de Guy Simon Ngankam. Hier membre fondeur du CODE, cet ancien activiste du mouvement estudiantin a tourné le dos à Brice Nitcheu et autre Moïse Essoh.

Le 13 décembre dernier à Paris, il a pourtant célébré le 5ème anniversaire du CODE avec l’aile dite des imposteurs. Ngankam avait développé la problématique qui suit : ‘’ le civisme et le patriotisme, deux armes redoutables à efficacité certaine en faveur de l’alternative politique au Cameroun’’, un discours aux antipodes de la logique insurrectionnelle prôné par Brice Nitcheu.

Extrait de cette communication

Parlant du civisme, une question divise la classe politique camerounaise depuis les premiers jours du retour au multipartisme et porte sur le choix du meilleur moyen de provoquer une alternance à la magistrature suprême du pays. Dans les années 1992, alors que le peuple était appelé pour la première fois depuis plus de trente ans à faire un choix entre plusieurs propositions concurrentes, une frange importante de la classe politique estimait que la voie électorale, qualifiée par la suite de logique institutionnelle n’était pas la meilleure option, car estimait-elle, les conditions d’une élection transparente n’étaient pas réunie.

La conséquence, c’est qu’au moment où le peuple assoiffé de changement et de liberté s’est rendu massivement aux urnes, il n’avait plus finalement le choix qu’entre des individus qui ne partageaient pas en réalité les espoirs de la nation. Toutes les analyses permettent de dire aujourd’hui que si le SDF et autres partis de la coordination des partis de l’opposition avaient participé aux élections législatives de 1992, on ne parlerait plus aujourd’hui du système Biya qui n’avait pas encore la capacité de fraude qu’on lui connaît désormais.

Par la suite, la pratique des partis politiques ne s’est jamais préoccupée à corriger cette erreur. Pire, d’élections en élections, les partis ont encouragé le désenchantement politique, les uns pour masquer leurs faiblesses mobilisatrices, les autres simplement pour mentionner leur existence. Par conséquent, le vote, un geste sacré, l’expression suprême de la souveraineté populaire n’est plus qu’un lointain souvenir pour certains camerounais, un banal acte d’accumulation et de positionnent pour les autres.

Or, pendant que le peuple se détourne de la voie des urnes, les louanges à ce que l’on qualifie de « logique insurrectionnelle » est remise à jour, alors que l’on s’achemine vers des échéances capitales en 2011 et 2012. A notre sens, l’alternative que les Camerounais espèrent ne peut venir que d’un sens élevé du civisme dont le vote constitue la matérialisation parfaite ; car à quoi servirait une simple alternance qui plongerait le pays dans une longue période d’instabilité ?

Que ce soit clair, je ne suis pas opposé au renversement du régime Biya par une insurrection, armée ou populaire, mais je clame haut et fort que le meilleur moyen de préparer une insurrection, c’est la préparation d’une bonne élection. […]

Mais pour que cette voie civique soit efficace, le peuple camerounais doit aussi faire preuve de civisme dans la vie civile. La fraude électorale est en partie attribuée à certains camerounais appauvris qui n’hésitent pas à vendre leur vote ou à voter plusieurs fois. Commencer par refuser de participer activement à la corruption dans les actes de la vie civile constitue un apprentissage pour résister à la corruption électorale le moment venu.

Les partis politiques doivent aussi se doter d’un sens de civisme, en proposant au peuple une réelle offre politique, et surtout en s’activant de manière dynamique dans l’information électorale et l’éducation de l’électorat d’une part, et d’autre part dans la constitution de leur électorat absolu.

L’information électorale est normalement à la charge des organismes publics chargés de l’organisation matérielle des élections. Mais dans un contexte comme c’est le cas actuellement au Cameroun où l’organisme responsable (ELECAM) est très partisan et partial, il revient aux partis politiques de fournir aux citoyens les informations sur l’ouverture et la fermeture des inscriptions sur les listes électorales et autres modalités nécessaires au vote.

L’éducation de l’électorat quant à elle consiste à sensibiliser les citoyens sur le sens et l’importance du vote. Dans ce domaine, les partis doivent faire exactement le contraire de ce qu’ils font depuis 1992 et encourager le peuple à aller voter, à bien voter et à être prêt à défendre son vote. La défense de ce vote est le meilleur passage à l’insurrection […]

Pour ce qui est du Patriotisme, c’est une certitude que les camerounais sont en majorité patriotiques. En dehors d’une frange importante des membres du RDPC, l’on ne peut dénier un sens élevé de patriotisme chez aucun Camerounais. Le problème, c’est que cet amour pour le berceau de nos ancêtres se manifeste de diverses façons, et parfois pas toujours où c’est nécessaire. Actuellement, l’acte patriotique suprême est le renversement du régime Biya. La lutte contre la pauvreté, l’amélioration de la qualité de vie, la généralisation de l’éducation, le raffermissement de l’unité nationale et l’embellissement de l’image du Cameroun, gage du respect du Camerounais à travers le monde passent obligatoirement par une alternative à Yaoundé. En d’autres termes, la solution aux problèmes des camerounais, individuels ou collectifs est politique.

Dans ce cas, s’organiser politiquement devient la meilleure manifestation du patriotisme. Il ne s’agit pas de s’isoler dans son coin et de clamer son opposition au régime, mais de s’unir à ceux qui pour chacun représentent la meilleure chance de renverser Biya et sa clique. Dans cette optique, les chevauchés individuelles sont à exclure, et la propension pour certains camerounais à se considérer comme des hommes providentiels doit céder le pas au sentiment d’appartenance à une communauté de destin. C’est la somme des révoltes individuelles canalisées par une ou des organisations d’avant-garde qui permettra de venir à bout du système Biya, et non les initiatives isolées, quelque soit la justesse de leurs visions et l’efficacité de leurs méthodes.

Si l’engagement politique, meilleure manifestation du patriotisme camerounais de nos jours se combine à un sens élevé de civisme, aussi bien partisan qu’individuel, les jours du régime Biya seraient comptés, et deux conditions nécessaires pour une bonne insurrection seront réunies.
Patriotiquement, Guy Simon Ngakam
Membre du conseil statutaire du FER.

Note de la rédaction : Guy Simon Ngakam a accordé une interview à la rédaction de Camer.be à la suite de son passage à Paris. Accusé de collaborer avec le RDPC, il appelle plutôt à l’unification du CODE. Rendez-vous dans nos prochaines éditions.

© Camer.be : Herman Oswald Gnowa

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