Pensée du Jour
L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie.
Honoré FOIMOUKOM
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Les copines: Les filles n’ont pas changé |
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Ecrit par Habib Oumarou
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08-10-2008 |
Leur rêve était de devenir des stars de la chanson ivoirienne. Aujourd’hui, Les Copines ont seize ans de carrière et cinq albums derrière elles. Malgré le passage inaperçu de leurs trois dernières productions et la réticence des producteurs, les filles veulent toujours y croire.
Ce qu’il y a de remarquable avec Les Copines, c’est que même hors de la scène, elles sont restées soudées comme des sœurs. Mais que reste-t-il encore de la belle feuille de trèfle formée d’Antou d’Australie, MC d’Italia et de Natou de Japan ? L’amour et la passion pour la musique. Le succès et la chance ayant décidé de les abandonner pendant plusieurs années.
La musique est restée l’unique ciment de ce trio de go choc qui a fait intrusion dans le zouglou en 1992, bien après les Zouglounettes et les Zouglou machine et qui est demeuré aussi le seul groupe zouglou féminin jusqu’à maintenant. L’éloignement de Natou, installée depuis déjà 4 ans à Paris (Montmartre, dans le 8ème arrondissement) n’est pas perçu comme un handicap. La preuve, cette dernière était là lors de la récente Nuit du zouglou. Nuit avant laquelle le groupe avait même été reçu à dîner par le Ministre de la culture en sa résidence, à Cocody. Elles avaient ensuite été décorées en qualité de pionnières du zouglou. Titre qu’elles avaient réussi à justifier le 31 mai au Palais de la Culture à travers une sortie bien enlevée en compagnie de Didier Bilé, Les Surchocs, Boby Yodet, et bien d’autres zouglou dans une ambiance digne des années 90.
L’histoire des coupines remonte justement à cette même période. Matéka Diomandé (Antou d’Australie), Marie Claire Trazé (MC d’Italia) et Eveline Patricia Toualy (Natou de Japan) se sont rencontrées à Vridi, et à Treichville sur les terrains de handball. Elles se sont découvert des affinités à travers ce sport collectif, mais surtout les ambiances surchauffées de wôyô d’avant et après matches.
«C’est dans les cars, quand on faisait les wôyô, qu’on s’est vraiment mises ensemble», expliquent MC et Antou. Un milieu, une ambiance, mais surtout une passion commune qui concorde avec leur feeling de filles style garçon manqué. Un brin tête en l’air, l’insouciance de la jeunesse à l’époque y était pour beaucoup sans doute. Mais lorsqu’elles décident, en 1992, de composer des textes et de chanter pour les besoins du show-business, elles ne parviennent pas à trouver le nom qui sied au groupe. C’est finalement Didier Bilé qui les baptisera certes, de la façon la plus banale, mais la plus simple. «On cherchait le nom qu’on allait donner au groupe. On avait pensé d’abord à Sape groupe», explique Antou. Plutôt drôle comme appellation.
«Quand on a dit ça à Didier Bilé, il a trouvé que ce n’était pas intéressant. Puis, il nous a dit : puisque vous êtes tout le temps ensemble, appelez-vous Les Copines…».
Et voilà ! C’est parti ! Décapsuleur, le 1er album des filles fait un carton dans les maquis et boîtes de nuit. Suivi, deux ans plus tard, de Mon nom est gâté qui leur apporte le succès médiatique. C’est alors que les filles décident de se mettre deux à deux pour sortir à tour de rôle un album. Mauvais coup de pioche.
«Ça n’a pas marché. Peut-être que c’est ce qui nous a cassées avec le public. Les Ivoiriens n’ont pas apprécié», avoue Antou. Qu’à cela ne tienne ! Les Copines reviennent ensemble en 96 pour sortir Réconciliation. Mais le cœur du public n’y est plus. Les filles s’envolent en 1999 pour Paris. Elles y enregistrent Gasoil. Le quatrième album du groupe passera hélas inaperçu, suite au coup de force de décembre 99. En 2002, rebelote. Force de frappe naît en pleine guerre. La défunte maison de distribution EMI Jat Music entre les mains de laquelle elles avaient décidé de mettre le produit ferme elle aussi pour des problèmes de trésorerie. Au total, le bilan des trois dernières productions du groupe aura simplement été catastrophique. Pourtant, les filles n’en démordent pas, prêtes à conjurer le mauvais sort. «Nous sommes prêtes à chanter si nous trouvons un producteur. Actuellement, on a plein de compositions, on a des maquettes. Mais il faut trouver un producteur. Ils hésitent à investir à cause de la piraterie», affirment-elles.
Seize ans après leur première
sortie, Antou, MC et Natou ne se sont toujours pas séparées de leur côté indomptable. Assagies cependant avec le temps, elles sont aujourd’hui en famille. Entre-temps, Antou a mis au monde un autre bambin. Le premier étant décédé. De son côté, MC est célibataire, sans enfant. De même que Natou. Sauf que cette dernière avoue avoir un homme dans sa vie. Elle avait dû quitter Abidjan pour des raisons de santé. Mais elle dit être restée de cœur avec la formation. Elle affirme même que ses liens avec ses copines existeront pour toujours. Comme l’esprit zouglou qui rythme l’existence de ce trio féminin depuis plus de quinze ans.
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Dernière mise à jour : ( 08-10-2008 )
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