L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Koffi Olomide - Romancier ou Réparateur des coeurs brisés !
Ecrit par Africahit
09-10-2008
Le Grand Maître Koffi Olomidé
Déjà en 1978 alors âgé de 22 ans, Antoine Agbepa Mumba, alias Koffi Olomide a été plébiscité meilleur auteur-compositeur grâce à sa chanson « Anibo » chantée par Wemba. Il est littéralement doué de talent de parolier hors pair.
Aujourd'hui, on l'appelle le roi du Tchatcho, un style créé par lui même, qui met la femme et l'amour au centre de sa chanson. Son succès n'est que mérité au regard de la qualité artistique du produit.
D'où, il faut éviter d'être jugé par l'histoire à force de le comparer aux jeunes musiciens qui se lancent à peine dans l'art d'Orphée. N'est ce pas, dit-on qu'on reconnaît l'arbre par ses fruits !
52 ans d'âge, Koffi Olomide avait commencé son aventure musicale en 1983 après la sortie de son premier album en solo, « Ngounda » (Exil ou exilé), trois ans avant de créer son propre orchestre nommé Quartier Latin International dont il est dieu suprême.
C'est en 1985 que sa carrière est effectivement lancée, à la sortie de l'album « Diva ». Un disque bien travaillé par l'arrangeur congolais Rigo star qui va faire découvrir Koffi Olomide et le confirmer enfin en tant qu'artiste, au Zaïre et au Congo Brazzaville.
Son premier public est donc logiquement composé de jeunes filles. La gent féminine est émerveillée par la sensualité, la tendresse des paroles de l'album, surtout du titre éponyme.
Toutes les sorties de Koffi sont des évènements à ne pas rater pour elles. Toutefois, ses premiers textes n'accrochent pas beaucoup les hommes. Ils sont en effet rares ceux qui déclarent à cette époque écouter Koffi. Et ce dernier ne s'en cache pas car il déclare dans la plupart de ses morceaux que le Tchatcho, son style de musique, est pour les jeunes filles (Tchatcho, pona yo mwana mwasi).
Ce qui est sûr, dans ce milieu des années 80, aux côtés de grandes stars de la musique zaïroise, émerge petit à petit ce jeune prodige qui sait si bien parler aux femmes. C'est à cette période qu'on lui colle à tort ou à raison la réputation "d'homme à femmes et de coureur de jupons".
Tchatcho, un style et une école
Qu'à cela ne tienne, Koffi récidive l'année suivante, en 1986, par l'album « Ngobila », l'opus le plus écouté à ce jour de son immense répertoire. La chanson phare qui donne le titre à l'album reste gravée dans la mémoire collective des mélomanes congolais et zaïrois qui parlent lingala.
Antoine raconte l'histoire d'un homme, debout sur le quai du port, qui voit son amour partir pour un voyage et qu'il n'est pas sûr de la revoir un jour. En fait, beaucoup de personnes se reconnaissent dans le portrait dressé par la chanson et se sentent soulagées par les mots justes que Koffi trouve pour exprimer le désarroi causé par le départ d'un être cher.
Koffi, sans le vouloir, sans doute, devient dans l'imaginaire des femmes, jeunes comme adultes, l'homme et le mari parfait que toute femme désire, l'amant romantique dont tous caressent l'idée d'avoir. Mais en même temps, cela exaspère du côté de la gent masculine.
Ils n'apprécient pas cette presque déification que leurs mères, tantes, épouses, filles, soeurs, cousines vouent au chantre du Tchatcho. C'est dans ce contexte que naît ce sentiment anti-Koffi de la part de l'opinion Zaïroise, masculine en premier, que l'artiste traînera tout au long de sa carrière et qui lui collera à la peau au point qu'il en tirera un deuxième thème de prédilection dans ses chansons, aux côtés des chansons d'amour.
Sensualité et tendresse !
Malgré tout, en ce milieu de l'année 1987, l'auteur de la chanson « Dieu voit tout » sort le nouvel album intitulé « Rue d'amour », opus qui sera réédité en support CD en 1992 par Sonodisc sous le titre Forever. C'est le premier qui comporte au moins six titres inédits.
Égal à lui-même, cet tube est très bien travaillé par l'artiste qui se fait appeler Gangi ya film qui signifie littéralement l'acteur principal du film que l'on peut assimiler à celui qui désormais fait la loi dans la scène musicale zaïroise. Dans ce récital, l'artiste chante pour la première fois des VIP dans ses chansons.
Il compose un titre « Mosika na Miso » ou (Loin des yeux) pour Claudia Likulia, la fille d'un Général de l'armée zaïroise de Mobutu. Toujours dans cette aubade, le chanteur rend hommage dans « Myriam », à la défunte Myriam, riche héritière de la célèbre famille Moleka à Kinshasa.
Dans les autres morceaux de l'album, il chante l'amour dans un titre éponyme dans la chanson « Stéphie » ; de la jalousie à son égard dans « Petit frère ya yezu » et dans « Droits de l'homme ». A partir de cet album, le succès ne le quittera plus jusqu'à aujourd'hui. Et chaque année qui passe, le chanteur franchira une étape de plus et filera de victoires en victoires.
Meilleure déclaration d'amour
A l'été 1988, l'album « Henriquet » paraît, du nom de la miss du Congo élue cette année là. C'est un énorme succès. Koffi Olomide devient un phénomène dans le milieu musical de deux Congo.
Une fois de plus, Koffi fait étalage de tout son savoir dans l'écriture, dans la sensualité véhiculée par la chaleur de sa voix. En plus du titre éponyme, deux autres sortent du lot : il s'agit d' « Orphelinat » et de « Djino ». A l'image du poète Lutumba Simaro, grand parolier du Tout puissant OK Jazz de Franco, Koffi pousse très loin la création. Ses paroles sont de très haute portée.
Dans Djino, il déclare : "La lune, le soleil, le vent, le ciel et les étoiles nous ont été donné par Dieu sans que l'on ne lui ait réclamé. Pourquoi donc me refuser l'amour que je te demande, une chose que l'on a trouvé sur terre". Ou encore "Si dire à quelqu'un je t'aime était une chose à acheter, alors moi, le pauvre, je n'aurai sûrement pas pu te l'offrir. Mais comme ce n'est pas le cas, laisse moi en profiter et te dire combien mon coeur t'aime".
Les années 1980 se terminent pour Koffi par la sortie d'un nouvel album en août 1989 qui s'intitule « Elle et moi ». Celui-ci est un hommage à sa première fille Minou dont la naissance le bouleverse complètement.
Cette fois-ci, Koffi travaille avec le capverdien Manou Lima. A la sortie de l'opus, les mélomanes notent quelques changements, dus sûrement à la patte de l'arrangeur capverdien.
Le Tchatcho prend une nouvelle connotation. Le son et le rythme sont plus modernes, l'animation propre à la musique congolaise s'affirme plus. Et Koffi lance lui même les cris qui donnent aux pas de danse. Mais il n'oublie pas pour autant les amateurs des chansons d'amour avec le très accrocheur « Coucou » qui est en fait une composition de son guitariste Do Akongo.
L'album « Elle et moi » ferme la période des années 1980 qui ont vu l'avènement de Koffi Olomide sur la scène musicale congolaise où on l'appelle désormais Golden star.
Auteur- compositeur de haute facture !
C'est dans ce créneau que s'inscrit désormais la ligne musicale Tchatcho, qui fera toujours distinguer la musique de Koffi avec les autres musiques du pays.
L'année 1991 se termine en apothéose avec plusieurs prix qui lui sont décernés pour le récompenser de toutes ses prouesses. Koffi est désigné meilleur auteur compositeur grâce à « Les prisonniers dorment » qui sera plébiscité meilleur album de l'année et son titre « Zéro faute » terminera à la deuxième place.
Quelques mois plutôt, il avait reçu des trophées similaires sur RFI. Le succès récolté par cet album est tel que personne n'imagine un seul instant que le prochain opus du chanteur puisse le dépasser. Mais cela est sans compter sur la détermination de Koffi qui veut toujours aller plus loin, plus haut et plus fort.
Lovemycine, médicament d'amour !
Nous sommes en 2008, dans son répertoire, Koffi Olomide baptisé Papa Fleur pour la finesse de ses oeuvres, compte déjà plus de 18 albums dont le tout dernier n'a pas une dénomination précise (Koffi 2008) et qui contient 17 titres. Parmi le cantique, nous retenons « Lovemycine » situé dans le deuxième CD. Une chanson au style de la vraie rumba congolaise évoquant "Love" c'est-à-dire l'amour parfait que les femmes attendent des hommes. Olomide présente sa chanson comme un produit pharmaceutique sur lequel les phrases chantées sont proposées comme une cure aux amoureux souffrant d'une maladie d'amour.
Dans « Lovemycine » ou « Ikia », l'auteur se métamorphose en véritable pharmacien d'amour comme ce fut le cas dans « Aspirine » (V12). Entouré de chansons romantiques, très lyriques, cette compilation constitue la force et l'élégance de la rumba congolaise.
Devenu une référence de la chanson congolaise, Koffi Olomide reste l'une de grandes personnalités respectables de la scène internationale. Grâce à sa musique, toute une génération de jeunes gens aujourd'hui se dit Koffiphiles. Ils ont ceci de commun : ils se caractérisant essentiellement par un comportement amoureux orné de douceur et tendresse.
Artiste aux dons multiples comme Johnny Haliday, KOFFI dit Papa Fleur devra se faire raison ou mieux encore se taper la poitrine pour toutes ses réalisations inégalable dans l'univers de la chanson. D'aucuns n'ignorent qu'il restera l'unique star qui fait de sa musique un trésor d'Afrique et son corps un trésor de femme.
Bravo l'artiste !