L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Cameroun : Lapiro de Mbanga écroué à la prison centrale de Douala.
Ecrit par Patient Ebwele
30-10-2008
L'artiste Lapiro de Mbanga
Lapiro de Mbanga est arrivé hier matin autour de 8h, à la prison centrale de New Bell, en provenance de la prison principale de Nkongsamba. Il a été transféré à Douala à la suite d'une décision du procureur de la République près le tribunal de grande instance du Moungo. Cette juridiction avait condamné Lapiro, le 26 septembre dernier, pour sa responsabilité dans les émeutes de février dans la ville de Mbanga.
Lambo Sandjo Pierre Roger, son vrai nom, a été reconnu coupable de complicité de pillage en bande et des délits d'attroupement et obstruction sur la voie publique. Et condamné à trois ans de prison ferme et 280 millions de francs Cfa de dommages et intérêts. Dans le détail, il a été condamné à verser 200 millions de francs Cfa à la Société des plantations de Mbanga (Spm) et 80 millions de francs Cfa au ministère des Finances, via le centre divisionnaire des impôts de Mbanga, parties civiles au procès. Les frais de procédure, à payer par Lapiro de Mbanga, ont été fixés à 359 000 francs Cfa, et la contrainte par corps à 12 mois en cas de non paiement de l'amende et des dépends.
Le verdict rendu, la défense a aussitôt interjeté appel. Le même jour, l'expédition de l'acte d'appel a été déposée au greffe du Tgi du Moungo par Me Augustin Mbami, l'avocat de Lapiro. Si Me Mbami reconnaît que le transfert de Lapiro de Mbanga, pour Douala est la suite logique de la procédure d'appel engagée par ses soins, il dit regretter le temps pris par le Tgi du Moungo, pour acheminer le dossier d'accusation. Celui-ci est arrivé jeudi dernier à la cour d'appel du Littoral. "Ça fait plus d'un mois que nous avons fait appel. Nous pensons que la justice aurait pu se montrer plus diligente compte tenu de la personnalité de l'accusé", s'insurge Augustin Mbami.
C'est dans le prolongement de cet appel que l'artiste, auteur d'un titre controversé contre la modification de la Constitution, a été transféré hier à la prison centrale de Douala. Il attend d'être jugé par la cour d'appel du Littoral. La date de la première audience n'est pas encore connue. La défense n'ayant pas encore reçu la notification du greffe de la cour d'appel. Cependant, tout porte à croire qu'elle est imminente. A New Bell, Lapiro de Mbanga jouit des conditions particulières de détention. De sources pénitentiaires, il a été installé à la Spéciale 18, le quartier Vip des pensionnaires de ce pénitencier. Il partage cet espace avec des hauts cadres de l'administration accusés ou condamnés pour détournement de deniers publics.