L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Typologie de la chute des monstres des pouvoirs autocratiques
Ecrit par SHANDA TONME
14-05-2009
Il n’y a pas pire faiblard que ces gens que l’on adule à longueur de journée et qui se nourrissent des félicitations d’excellence, d’éminence, de majesté ou d'homme lion
Ni la nouvelle de la maladie de monsieur Omar Bongo évacué en urgence en Europe, ni celle des larmes de monsieur Sassou Nguesso redevenu subitement un être humain après le décès de sa fille et déversant des litres de larmes, ne se situent nullement à contre courant de l’histoire. Il faut remonter le temps, chercher dans les archives, analyser et évaluer les humeurs, les gloires et la vie des détenteurs du pouvoir dans la cité, pour rendre aux événements qui conditionnent nos rapports sociaux, toute leur signification.
Si Hitler préféra se donner volontairement la mort, Eyadema devint cadavre à bord d’un avion, pendant que Mobutu s’en alla crever comme un chien maudit en terre étrangère, exactement comme le Shah d’Iran. Le cas de Amadou Ahidjo exprime encore mieux cette bêtise de désolation suprême à la dimension de la suprématie que générèrent leurs pouvoirs. Ces princes du commandement bénis du temps de leur gloire et vite crachés par les peuples comme des saletés sorties d’une méchante diarrhée ou des profondeurs d’un volcan en colère écrivent une histoire à part.
Ce qui nous intéresse, ce n’est plus la personnalité ou les bilans controversés de ceux qui naquirent pour diriger les autres et leur en imposer par les vertus de la vérité, du mensonge ou de la force. Nous avons à cœur de livrer à la compréhension publique en un condensé d’intelligences et d’expertises, des lignes générales de doctrine et d’enseignement. Nous voulons théoriser, formuler, codifier une pratique, la cristalliser.
La déraison du temps de la gloire
Aussi loin en arrière et aussi loin dans les quatre coins du monde que l’on pourrait se référer, l’on retrouve dans la démarche des détenteurs du pouvoir, une forme d’installation lente mais certaine et progressive, de folie incontrôlable. Chaque pouvoir exerce sur son prince, une influence indépendante par le seul fait de représenter l’instrument, l’arme qui fonde sa personnalité. En retour le prince devient non pas prisonnier, mais conducteur involontaire d’un manichéisme régalien qui lui impose de penser toujours à élargir les espaces de son commandement. Le prince doit alors faire grandir son pouvoir exactement comme on fait grandir un enfant. C’est le cercle vicieux du sexe de l’adolescent qui découvre le plaisir charnel et qui ne se défait plus des extases orgasmiques.
Les observations tirées de la période contemporaine renvoient ainsi dans un miroir étonnant, des images de princes qui sur un plateau de télévision, annoncent à leurs concitoyens leur capacité à tout gérer avec un coup de tête, à tout régenter selon leurs humeurs du moment. En fait le pouvoir produit la vie et supprime la vie en tant que de besoin. Il doit se sentir fort et protégé, et pour cela, il doit mettre à profit la peur et le respect qu’il inspire, pour accroître le champ de sa maîtrise. L’on n’est donc plus surpris d’apprendre que la jouissance ultime de quelques princes à l’apogée de leur pouvoir, consistait à prendre les femmes des autres, de préférence les femmes de leurs proches collaborateurs qui payaient ainsi un droit de cuissage pour les privilèges et prébendes à eux concédés. Ils sont adeptes de la pornographie des sous-sols.
La logique de ce comportement du pouvoir n’a point besoin de la forme de sa naissance pour prospérer ou pour être vérifiée et validée. Ce n’est point le régime totalitaire qui en est l’inventeur, c’est la nature profonde et politicienne entendue scientifiquement qui en traduit la substance. Le régime autocratique n’a pour lui que l’absence de protocole et d’élégance dans l’art de la bêtise. Si le président des Etats-Unis doit recourir au veto prévu par la constitution fédérale pour bloquer une loi qui ne lui plaît pas, les potentats d’Afrique n’ont pas besoin de s’entourer de ces broutilles de considérations. La loi c’est eux, ce qu’ils désirent, et le parlement c’est le produit de leur volonté. Ils décident des membres du parlement, de l’ordre du jour de leurs travaux, et du contenu des lois.
Perception du processus de décrépitude
Voici étalée la malédiction des pouvoirs, et sans que les détenteurs ne s’en aperçoivent vraiment ou sagement. La gloire élevée au stade de l’extase illimitée produit une énergie négative qui instaure un processus de décomposition et de déconsidération. Le coup d’Etat se construit en réalité dans la gestion et la vie du pouvoir. Comme des anticorps mal entretenus ou surchargés, les ingrédients, les outils et les meilleurs emblèmes du pouvoir des autocrates entrent après un temps dans la tourmente. Il faut finalement être fou pour se lancer à l’assaut des pouvoirs sales n’importe comment, n’importe quand et avec n’importe qui. En réalité il suffit de lire dans le temps, les gestes, et les évolutions des pouvoirs, pour précipiter leur mort et programmer leurs obsèques.
Ces grandissimes commandeurs sont des êtres pitoyables dans leur intimité profonde lorsque s’installe l’usure. Il n’y a pas pire faiblard que ces gens que l’on adule à longueur de journée et qui se nourrissent des félicitations d’excellence, d’éminence, de majesté, d’honorable, tout le long du trajet de leurs nombreux contacts avec le peuple ébahi, avec des courtisans stupides, ou de simples citoyens maladivement vertueux. Laissez donc ces fous dans leur vraie nature d’être humain et lorgnez leur sommeil. Que de malheurs ! Certains ne ferment jamais l’œil, cultivant la peur, la méfiance et le soupçon. Et si par hasard il vous prend d’entrer dans l’intimité de leurs épouses, vous tombez en apprenant que le parfait ménage agité au grand public, n’est que lambeaux.
La mort des autocrates arrive encore plus vite lorsque les intrigues se nouent en procès, soit pour la conquête d’une nouvelle respectabilité auprès du monde, soit pour régler quelques comptes laissés longtemps en sommeil. On sonne alors l’appel au patriotisme, au nationalisme, mais en fait le soutien au prince chancelant et dans la foulée le renforcement supposé de la dictature par de nouvelles lois étriquées. C’est dans cette optique que se mettent en place des révisions constitutionnelles et des découpages électoraux. A défaut de s’assurer de l’adhésion de tous les citoyens, on distribue des prébendes de façon encore plus élargies, mouillant des hommes des sciences et des lettres pressés de s’asseoir à la table du diable et de se voir servir le vin d’honneur.
Le désespoir, la solitude puis le départ ou la mort dans le chagrin
Il suffira d’être avisé et tout simplement discret, pour les voir finir dans une sorte de déliquescence morale et de dépression mentale indescriptibles. Sondez d’anciens serviteurs et d’anciennes gouvernantes des palais insolents et vous comprendrez quelle ambiance règne. Lorsque rien ne va plus, et que le bilan n’est pas des plus glorieux, la débandade s’installe à petits trots. Des amis d’hier, victime des procès pour des indélicatesses réelles ou supposées, entre en rébellion avec toutes leurs milices invisibles. La maladie dont on parle tant à propos de ces rois, n’est que la terminaison d’un processus ancien, commencé dès le premier jour de leurs abus, de leur transformation volontaire en intouchables.
C’est en effet le bilan qui les accable tant. La lecture du passé malheureux, qu’ils ont construit dans les mémoires les effraie, et ils finissent par avoir peur de leur ombre. La force de ceux qui tiennent la route et gardent un peu de lucidité, réside dans quelques réalisations admirées par le peuple. Tous les autres qui savent ce qu’ils ont pu produire comme mensonges, comme abus, comme extravagances et fausses promesses, vivent dans une peur inqualifiable qui les rend par intermittence fou. N’approchez point ces princes en ces moments, lorsqu’après des années d’usure, de jouissances insolentes et de caprices hagards, ils redoutent les procès. Il faut se souvenir sans pitié de la fin de Pinochet, pauvre imbécile de général qui mit fin au Chili en 1973 à l’expérience du gouvernement de l’unité populaire socialiste en assassinat Salvador Allende. Mobutu au moment de son dernier soupir, a dû trembler en croyant entendre bourdonner le chant du martyr de Lumumba dans ses oreilles. Et Ahidjo, depuis Dakar, que pouvait-il dire franchement de l’assassinat de Ruben Um Nyobe, fondateur de l’espoir d’une indépendance non violente, mais qui fut abattu les mains nues ?
Plaindre ces individus, c’est avoir pitié du virus du sida. Il faudrait accepter la logique de dépérissement qui résulte du pourrissement de leur morale. On ne va pas tout de même arrêter les lois de la chimie organique, lesquelles induisent puis déduisent selon le dosage des produits et selon un processus perceptible, visible, prévisible. Après avoir commandé tous les médias et après les avoir utilisés pour fanfaronner, se moquer du peuple et vanter un pouvoir pourtant fragile, les autocrates redoutent plus tard les mêmes médias comme un chancre sur la peau. Quelle mauvaise nouvelle que ces annonces de procès pour vol de l’argent public, des biens mal acquis, des comptes non justifiés ?
Lorsque l’on a gouverné avec arrogance et pris le plaisir de jouir de tant de privilèges du pouvoir, la sortie la plus honorable serait sans doute celle d’Adolphe Hitler. Que les tous les potentats et les fous des autocraties se donnent volontairement la mort, et leur peine sera moins douloureuse, de même que les peuples feront l’économie des procès coûteux.
Vous mettez les photos des dictateurs africains et prennez d'oublier celle du plus cruel de tous : paullllllllllllllllllllllllllllllll Biyaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
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