L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Niger: camouflet pour Tandja dans sa tentative de s'accrocher au pouvoir
Ecrit par Cyberpresse
15-06-2009
Le dictateur nigerien Mamadou Tandja
La Cour constitutionnelle du Niger a annulé vendredi le décret présidentiel qui convoquait le corps électoral le 4 août pour un référendum sur une nouvelle Constitution qui aurait permis au président de postuler à un troisième mandat.
Ce référendum aurait permis au président nigérien, Mamadou Tandja, de postuler un troisième mandat. Aussi, la décision d’annulation du décret présidentiel sonne comme un camouflet pour Tandja. A la base du refus de la Cour constitutionnelle, une requête déposée par des partis d’opposition et des Ong.
Le deuxième mandat quinquennal successif du président nigérien prend fin le 22 décembre prochain. Selon la Constitution nigérienne actuelle, il devait céder le pouvoir. Mais, le 5 juin dernier, un décret signé en conseil de ministres porte convocation du corps électoral pour un référendum de la Constitution de la 6e République fixé au 4 août.
Faut-il le rappeler, le 17 mai, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) avait prévenu le Niger d’éventuelles «sanctions» s’il organisait le référendum. Le 25 mai, la Cour constitutionnelle nigérienne met à son tour en garde contre un tel scrutin.
Mais le président Tandja, en guise de réponse, dissout le Parlement dès le lendemain. Au Niger, la mobilisation semble être totale pour annuler le référendum. A preuve, le 18 juin, les 7 centrales syndicales du pays appellent à une grève générale. Pour contraindre le président Tandja à abandonner son projet.
Le président nigérien Mamadou Tandja, qui souhaite se maintenir au pouvoir à la fin de son second mandat fin 2009, a ainsi essuyé un revers cinglant vendredi après la décision de la Cour constitutionnelle d'annuler son projet de référendum.
Une requête déposée par des partis d'opposition et des ONG a été déclarée recevable. La Cour "...annule le décret du 5 juin 2009 portant convocation du corps électoral pour le référendum sur la constitution de la 6e république".
Cette décision, lue à la presse par le député Sanoussi Jackou, sonne comme un camouflet personnel pour le président.
Les arrêts de la plus haute juridiction nigérienne sont contraignants et s'imposent au chef de de l'Etat et sont sans appel.
Le 5 juin, le conseil des ministres avait fixé au 4 août la tenue du référendum sur une nouvelle Constitution, souhaité par le président Mamadou Tandja pour pouvoir rester au pouvoir au-delà de la fin de son mandat actuel.
Au terme de son deuxième quinquennat successif, qui s'achève le 22 décembre, Tandja, 71 ans, doit en effet céder le pouvoir selon la Constitution actuelle.
Le 17 mai, la Communauté économique des Etats de l?Afrique de l?Ouest (Cedeao) a prévenu que le Niger, qui en est membre, s'exposerait à des "sanctions" s'il organisait le référendum.
Le 25 mai, la Cour constitutionnelle nigérienne avait déjà émis un avis défavorable à un tel scrutin. En guise de réponse, M. Tandja avait dissous le Parlement dès le lendemain. Quelques jours plus tard, estimant que cet avis ne s'imposait pas à lui, il signait le decret fixant le scrutin au 4 août.
Alors que la constitution limite le pouvoir à deux mandats de cinq ans consécutifs, les alliés du président avaient dans un premier temps tenté de "rallonger" le second de trois ans, pour contourner l'obstacle. Comme cette stratégie n'a pas fonctionné, l'idée de changer la constitution s'est imposée, mais s'est rapidement heurtée à une franche hostilité tant de la société civile que des partis politiques et du pouvoir judiciaire.
Alors que les critiques se multiplient à l'étranger (notamment à Washington et Ottawa) les sept centrales syndicales du Niger avaient ainsi appelé ce vendredi à une grève générale le 18 juin afin de contraindre le président Tandja à abandonner son projet.
C'est la première fois que ces centrales syndicales, qui regroupent à la fois les fonctionnaires et les employés du privé, appellent à la grève générale depuis l'avènement de la démocratie en 1993.