L'Afrique devrait en tout état de cause s'atteler à sa propre édification au lieu de jouer les guignols au côté d'un Occident obnubilé par ses intérêts propres et son influence à outrance. Le drame de l'Occident, c'est bien de se considérer civilisé dans un monde où il semble fatalement résolu à ne pas se départir de ses turpitudes, au demeurant tout aussi barbares que ces tragédies contre lesquelles il prétend se démener à grand déploiement d’artillerie. Honoré FOIMOUKOM
Libye-Italie: Mouammar Kadhafi fait la fierté des siens
Ecrit par Patrick Adam/ AFP
10-06-2009
Le leader libyen Mouammar Kadhafi (c) a été accueilli par le Premier ministre italien Silvio Berlusconi ce 10 juin 2009. (Photo : Alessandro Bianchi/Reuters)
Le chef de la jamahiriya libyenne est allé à Rome rappeler aux italiens que l'ère de la colonisation était à jamais terminée.
Le numéro un libyen est arrivé mercredi 10 juin 2009 à Rome pour une visite que le gouvernement italien qualifie « d’historique ». Rome et Tripoli devraient ainsi définitivement soldé les comptes de la décolonisation. L’Italie verse des dédommagements, en contrepartie la Libye s’engage à mieux contrôler l’immigration clandestine au départ de ses côtes.
C’est avec faste que l’Italie entend marquer cette première visite de Mouammar Kadhafi à Rome. C’est en grand uniforme que le numéro un libyen est apparu à Rome, où il a été accueilli par Silvio Berlusconi, le président du Conseil.
Comme à chaque fois, Mouammar Kadhafi entend imposer son propre protocole. Il arrive en Italie escorté d’une suite de plus de deux cents personnes, et il comme il l’avait notamment fait à Paris et Moscou, il a imposé et obtenu que sa tente bédouine soit plantée en ville. C’est donc là, au cœur du plus vaste parc romain, celui de la Villa Doria Pamphili qu’il recevra ses invités. Lui-même dormira dans le palais éponyme qui date du XVIIe siècle.
Une réconciliation chèrement négociée
Vue de Rome, cette visite apparaît comme historique. Avec elle, se soldent quarante ans de relations tumultueuses entre l’ancien colonisateur et son ex-colonisé. Depuis que Tripoli a renoncé en 2003 à fabriquer des armes de destruction massive, les temps sont au réchauffement. Rome a d’ailleurs présenté des excuses formelles pour l’époque de la colonisation.
La réconciliation avait déjà été scellée en août 2008. Un accord avait été conclu entre les deux pays. Il prévoit le versement par l’Italie de cinq milliards de dollars de dédommagements sous forme d’investissement sur les vingt-cinq prochaines années. Une somme qui servira entre autre à la construction d’une autoroute traversant la Libye d’ouest en est, de la Tunisie à l’Egypte.
Un geste libyen sur l’immigration
En contrepartie Tripoli s’engage à limiter l’immigration clandestine depuis ses côtes. Pour le pouvoir libyen le départ des clandestins était devenu un moyen de pression sur l’Italie. Il aura fallu d’âpres négociations pour que la Libye accepte des patrouilles mixtes dans ses eaux territoriales et qu’elle reprenne sur son sol les clandestins interceptés en Méditerranée.
L’Italie s’était par ailleurs engagée à livrer six vedettes et former quarante et un militaires libyens pour en prendre le commandement. Pour la seule année 2008, l’Italie avait enregistré l’arrivée de près de quarante mille migrants (75% de plus qu’en 2007).
Mais au-delà du symbole de la réconciliation, cette venue de Mouammar Kadhafi devrait être l’occasion de resserrer des liens économiques déjà étroits. L’Italie est le premier fournisseur et le premier client de la Libye qui grâce à ses pétrodollars est présente dans plusieurs grands groupes italiens (le pétrolier Eni, la banque UniCredit…).
RFI.FR
Le leader libyen Mouammar Kadhafi a estimé mercredi à Rome que "la page du passé" colonial "était tournée" mais son accueil en grande pompe suscitait la polémique, jusqu'au sein de la majorité de Silvio Berlusconi.
"La page du passé a été tournée et une nouvelle page d'amitié s'est ouverte", a-t-il déclaré à la presse, à l'issue de son entretien avec le président Giorgio Napolitano, en entamant une visite "historique" de trois jours en Italie.
"Nous saluons cette nouvelle génération d'Italiens pour avoir résolu avec un grand courage les questions du passé", a-t-il ajouté.
Les deux pays ont signé en août 2008 en Libye un traité qui a soldé les comptes de plus de trente ans de colonisation italienne (1911-1942).
Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi avait alors présenté les excuses de l'Italie et s'était engagé à verser 5 milliards de dollars de dédommagements sous forme d'investissements sur les 25 prochaines années.
Au risque de susciter la controverse, le "guide" arborait à son arrivée à Rome la photographie d'un "héros" de la résistance libyenne à l'époque coloniale, bien en vue sur la veste de son uniforme militaire.
Elle représente Omar Al-Mokhtar, surnommé le lion du désert, au moment de son arrestation en 1931 en Libye sous le régime fasciste de Mussolini.
"Les relations avec la Libye peuvent compenser partiellement la faiblesse économique de l'Italie et relancer sa vocation historique en Méditerranée où son rôle a été affaibli par l'initiative française de l'Union pour la Méditerranée (UPM)", a déclaré Raffaello Matarazzo de l'Institut des affaires internationales.
"Cette visite est un tournant historique. Rome veut stabiliser ses rapports avec la Libye sur la vieille question du pétrole et celle, nouvelle, de l'immigration clandestine", souligne-t-il.
Les Libyens ont accepté pour la première fois début mai de reprendre 500 immigrés interceptés par la marine italienne.
Cette opération a été dénoncée par les organisations de défense des droits de l'homme, le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et l'Eglise catholique, des réfugiés susceptibles d'obtenir le droit d'asile pouvant se trouver parmi les refoulés.
La grogne suscitée par la visite enflait aussi chez les politiques à la veille du discours que doit prononcer le leader libyen devant le Sénat, en tant que président de l'Union africaine (UA).
Kadhafi doit s'entretenir avec Berlusconi en fin d'après-midi.
Vendredi, après un rendez-vous avec le patronat, il rencontrera, à sa demande, plusieurs centaines de femmes représentantes des mondes de la culture, de l'économie et de la politique.
Le tente de Mouammar Kadhafi a été plantée dans le plus vaste parc romain, celui de la Villa Doria Pamphili, mais il dormira dans le somptueux palais éponyme datant du XVIIe siècle.
Honte aux africains noirs que le traumatisme né de l'esclavage continuent à voir les blancs comme des dieux. Kadhafi devrait inspirer non plus les vieux de triste mémoire comme Bongo, biya et autres, mais les jeunes africains appelés à prendre leur destin en main pour retrouver leur dignité. Bravo Kadhafi et Mugabe